Notre confrère américain PC Magazine vient de publier un riche article signé de la plume de John C.Dvorak, vieux de la veille du journalisme informatique. De façon claire et sans équivoque, le prix des CD et la situation actuelle de quasi-monopole y sont dénoncés. Explications...

Selon cet article, le monopole actuel des majors n’a plus lieu d’être et le coût des fameuses rondelles plastifiées aurait dû être revu à la baisse depuis bien longtemps. Mais pourquoi ?

Lorsque l’on sait que la majorité des utilisateurs d’Internet et du P2P peuvent aujourd’hui produire leurs CDs à moindre coût et très rapidement (moins de 30 minutes entre le téléchargement et la gravure), la concurrence paraît pour le moins rude pour les majors. Certes, les originaux comprennent le livret venant avec et le CD imprimé, mais là encore ce n’est qu’une question de motivation ; la possibilité d’imprimer les étiquettes de CDs et leur pochette ne nécessitant qu’une simple imprimante. Dès lors comment expliquer que le CD introduit dans nos foyers dans les années 1982 à 1985 est non seulement resté au même prix (c’est-à-dire 50 % plus élevé que le disque vinyle de l’époque) mais qu’il a même globalement augmenté depuis !
Les premiers cylindres préenregistrés d’Edison furent d’abord produits pour la somme de $4 chacun, puis ce coût fut ramené à 35 cents seulement sous l’effet de la production de masse ! Imaginons le même processus appliqué aux CDs (dont le coût de production a l’unité se situe aujourd’hui aux alentours de 25 cents), et le prix de ces derniers serait alors abaissé à environ $1.40 (environ 14 FF en ajoutant les taxes), une somme bien dérisoire que nombre d’entre nous seraient sans doute prêts à payer pour acquérir les CDs originaux.

L’industrie musicale protégée par la RIAA se comporte comme s’il y avait monopole, le tout sous l’accord tacite du gouvernement américain qui ferme les yeux et encourage même le processus (par exemple à travers l’édiction du Digital Millenium Copyright Act rédigé en 1998, qui permet aux industries du disque et du cinéma de pouvoir agir plus facilement contre le piratage). Gouvernement américain, car ce sont avant tout les industries américaines qui imposent les prix des CDs d’aujourd’hui.
Rêvons peut-être que le regroupement des artistes contre leur maison de disques (voir notre actualité du 19 septembre 2002) aboutisse à un système de production plus réaliste et plus proche du consommateur que ne l’est celui de la RIAA…

L’avenir est aux indépendants

Les labels indépendants auront de leur coté une grosse carte a jouer dans la guerre qui oppose le P2P, l’Internet en général, et les maisons de disques. De part leur taille modeste, ils peuvent plus facilement s’organiser pour serrer les cordons de leurs bourses et réduire le prix de vente de leurs CDs pour gagner un nouveau public. Mais surtout, l’apparition plus récente de systèmes d’abonnements comme le proposent aujourd’hui AudioGalaxy (voir notre actualité du 3 septembre 2002) ou de nombreux autres acteurs qui s’y préparent risque d’entraîner une baisse rapide du prix des CDs.

En effet les futurs systèmes en ligne, idéaux pour les indépendants, permettront à l’utilisateur de télécharger ce qu’il veut, sans soucis de la qualité de l’enregistrement ou de la rareté des fichiers demandés. Devant cette concurrence féroce, la RIAA a donc tout intérêt à être moins gourmande à l’avenir et de changer de politique…

Pour en savoir plus :
http://www.pcmag.com/article2/0,4149,543415,00.asp

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