Selon une étude réalisée en Suède auprès de plus de 2 500 jeunes adultes, il y aurait un risque aggravé d'obésité chez les femmes davantage que chez les hommes lorsqu'elles jouent intensément à des jeux vidéo.

Les jeunes femmes qui jouent intensément aux jeux vidéo sont susceptibles de prendre en moyenne 3,7 kg de plus que celles qui n'y jouent pas, ou qu'occasionnellement. Cette prise de poids liée aux jeux vidéo ne se retrouve pas chez les hommes. C'est la conclusion surprenante et inexpliquée d'une étude suédoise publiée dans le journal scientifique BMC Public Health, réalisée en ayant questionné un même groupe de 2 593 jeunes adultes de 20 à 24 ans pendant 5 ans (en 2007, 2008 et 2012) pour voir l'évolution de leur poids et de leurs activités.

Selon l'étude, il existerait une corrélation entre les risques de prise de surpoids chez les femmes et le jeu vidéo, même lorsque les données sont corrigées pour prendre en compte les différences liées à l'âge, à l'activité physique, au sommeil, au "soutien social" et à la durée d'utilisation des ordinateurs. Les hommes qui jouent beaucoup à des jeux vidéo (au moins 2 heures par jour) ont également un indice de masse corporelle (IMC) plus élevé que leurs congénères, mais chez les femmes, les risques de devenir obèse pour celles qui ne le sont pas à l'origine seraient plus élevés.

Intuitivement, il paraît logique que le fait de passer du temps derrière un écran et sur un fauteuil induit une inactivité propice à la prise de poids. Mais selon les chercheurs suédois, l'effet ne serait pas le même selon le type d'activité. Ainsi le fait d'utiliser l'ordinateur pour discuter avec des amis ou envoyer des e-mails aurait un effet bien moindre que le jeu vidéo, particulièrement propice à la prise de poids chez les jeunes femmes.

MAIS POURQUOI ?

Une fois ce constat posé, l'étude pose bien plus de questions qu'elle n'apporte de réponses. Les chercheurs reconnaissent être incapables d'apporter une explication à la statistique, mais émettent des hypothèses qui pourraient alimenter de nouvelles études.

Le type de jeu vidéo, plus orienté vers l'action et la simulation chez les hommes, plus cérébral chez les femmes, pourrait ainsi induire une réaction physiologique différente. Les femmes pourraient aussi occuper différemment leur temps que les hommes entre deux sessions de jeu, et être par exemple plus "calmes", ce qui ne les aiderait pas à brûler les calories. Le facteur alimentaire est aussi une explication. On sait selon d'autres études qu'en général les joueurs grignotent moins que ceux qui se contentent de regarder la télévision, mais le comportement alimentaire pourrait être différent chez les femmes et chez les femmes (précisément, peut-être, en raison du type de jeux qui serait moins "immersif" chez les filles ?).

D'autres pistes sont avancées comme un impact différent du jeu vidéo sur la qualité de sommeil des femmes, qui serait davantage perturbé, alors que le sommeil a un effet quantifié sur la prise de poids. Les chercheurs se demandent aussi s'il n'y a pas un biais statistique lié à l'âge de leur échantillon de sondés, alors que les femmes se mettent généralement un peu plus tard que les hommes à jouer intensément aux jeux vidéo. Ils pensent que, peut-être, les jeunes femmes qui jouent beaucoup aux jeux vidéo sont davantage déprimées que les hommes, ce qui les conduit à un comportement social plus isolé, la dépression conduisant elle-même à la prise de poids.

 

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