Sony Pictures a trouvé un accord à l'amiable avec certains de ses anciens employés, qui le poursuivaient dans le cadre de l'affaire du piratage du studio. Les détails de l'accord n'ont pas été communiqués.

Un accord à l’amiable plutôt qu’un procès en bonne et due forme. Tel est donc le dénouement de l’action en justice lancée l’an dernier par plusieurs ex-salariés de Sony Pictures contre leur ancien employeur dans le cadre de l’affaire du piratage du film « L’Interview qui tue ! ». Ils accusaient le studio de cinéma de ne pas avoir fait suffisamment d’efforts pour protéger leurs données personnelles.

Il faut dire que la situation était critique pour eux. À la suite du piratage des infrastructures de Sony Pictures, des informations privées concernant plus de 47 000 salariés actuels ou passés de la major ont été lâchées sur la toile : salaires, numéro de sécurité sociale, e-mails…. D’où le lancement d’un recours collectif un mois après devant un tribunal américain.

Le détail de l’accord à l’amiable n’a pas été communiqué ; il doit encore être approuvé définitivement par la justice américaine.

L’INTERVIEW QUI TUE, POMME DE DISCORDE

Rappels des faits. Fin 2013, Sony Pictures lance la production d’un long-métrage humoristique dont l’action se déroule en Corée du Nord. L’intrigue est la suivante : les deux héros du film, qui travaillent à la télévision, découvrent par hasard que Kim Jong-Un, le dirigeant du pays, apprécie leur émission. Il souhaite les recevoir pour se faire interviewer, mais la CIA les charge en parallèle de le tuer.

Le ton du film est sans équivoque : le régime dictatorial de la Corée du Nord est tourné en dérision, tout comme son  « cher leader ». Sans surprise, Pyongyang réagit avec virulence à mesure que la date de sortie du film approche, promettant, comme à son habitude, des représailles sévères et impitoyables s’il est projeté dans les salles, ce qui serait de son point de vue perçu comme un acte de guerre.

PIRATAGE DE SONY PICTURES

Mais de guerre, il n’y en aura aucune. Par contre, une vaste attaque informatique a mis à terre Sony Pictures pendant de longues semaines, entraînant la diffusion illicite de plusieurs films (dont certains n’étaient pas encore sortis au cinéma), de mots de passe utilisés par les employés du studio, d’un script de James Bond, de données confidentielles et d’informations personnelles.

À l’origine de l’attaque se trouve un collectif méconnu : « Les Gardiens de la Paix ». Ce sont eux qui ont fait fuiter des mails internes de la direction des données financières, des coordonnées de certaines célébrités, des contrats, des fichiers administratifs, des informations sur les salaires, des certificats de sécurité et même des pseudonymes utilisées par des personnalités pour réserver des chambres d’hôtel.

QUEL RÔLE POUR LA CORÉE DU NORD ?

Mais derrière ce groupe, y avait-il la main de la Corée du Nord ?

C’est la conclusion à laquelle est finalement parvenu officiellement le gouvernement américain, même si les éléments avancés par Washington pour démontrer la culpabilité de Pyongyang peuvent être fortement nuancés par de multiples éléments à décharge. Les services secrets français avaient eux aussi affiché un certain scepticisme sur les conclusions américaines.

Il ne sera peut-être jamais possible de déterminer avec certitude qui est réellement derrière l’attaque de Sony, même si, du point de vue du cabinet de sécurité FireEye, son niveau de sophistication laisse peu de doute sur l’implication d’un État. Quoiqu’il en soit, les USA ne se sont pas privés pour prendre des sanctions, de mettre le pays sur écoute et, dit-on, de procéder à une riposte limitée.

Quant au film, il est finalement sorti au cinéma et sur YouTube. Il a même été piraté.

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