L'exception culturelle à la canadienne et le P2P
Guillaume Champeau - publié le Lundi 09 Octobre 2006 à 10h33 - posté dans Divers
Le ministère de la Culture canadien a récemment publié un rapport sur l'état du marché de la musique en 2005. Il en ressort une nette montée des ventes de musique canadienne, problablement aidée par une politique souple en faveur de la copie privée et du P2P.
La lutte contre le piratage et la protection de l'identité culturelle d'un pays sont d'un certain point de vue des objectifs opposés pour un gouvernement. Lorsque l'industrie du disque impose aux webradios françaises un tarif minimum de 4 500 euros par an pour avoir le droit de diffuser des chansons en streaming sur Internet, elles limitent drastiquement le nombre de webradios françaises. Les webradios étrangères qui ne connaissent pas de telles barrières tarifaires peuvent plus facilement se multiplier et se faire connaître en France, en diffusant les oeuvres et la culture musicale de leur pays respectifs. Il en est de même lorsque le gouvernement français mène une politique de propagande contre l'usage d'outils de partage de fichiers en France. Bien que le résultat économique espéré soit la remontée des ventes de disques sur le territoire français, le résultat culturel obtenu n'est qu'une réduction du nombre d'oeuvres françaises distribuées sur les réseaux P2P. Plus la lutte s'intensifie, plus l'identité culturelle française s'efface sur les réseaux P2P au profit des demandes économiques de l'industrie, et des contenus culturels des autres nations.

Politiquement très incorrecte, cette analyse a pourtant une matérialité réelle dans les pays qui sont davantage importateurs qu'exportateurs de propriété intellectuelle. Parmi les grands pays industriels, le Canada fait partie de ceux là. Le pays consomme davantage d'oeuvres qu'il n'en produit et n'en exporte. C'est pour cette raison que le plus grand pays d'Amérique du Nord freine des quatre fers pour introduire des législations toujours plus protectrices des propriétés intellectuelles, qu'elles soient du domaine littéraire et artistique, ou industrielle.

La loi DADVSI n'a pas encore d'équivalent en droit canadien, qui reconnaît la copie privée par le téléchargement. Le récent changement de gouvernement tend même à repousser l'échéance. Mais surtout, un nombre croissant de voix s'élève pour rejeter l'idée même d'introduire au Canada une transposition d'accords internationaux sur le droit d'auteur qui, en France entre autres, ont montré leur inadéquation à Internet. Un rapport (.pdf) publié par le ministère de la Culture canadien apporte de l'eau au moulin des détracteurs.

25 % de croissance des ventes pour les artistes canadiens

L'étude, qui porte sur le profil économique de l'industrie musicale canadienne, révèle qu'entre 2001 et 2004, les ventes d'albums d'artistes canadiens ont augmenté de 25,3 %, pour atteindre 8,5 millions d'unités. Les artistes étrangers (surtout américains) chutent au contraire de 20,2 % sur la même période, ce qui permet aux Canadiens d'obtenir une part de marché d'un quart, alors qu'elle n'était que de 16 % en 2001.

Le Québec, en particulier, a vu ses productions locales exploser. Les ventes d'albums d'artistes canadiens francophones sont passées de 2 millions d'unités en 2001 à 2,8 millions en 2004. Un tiers des meilleures ventes canadiennes sont réalisées par des artistes québecois.

Est-ce le résultat d'une plus grande exposition, rendue possible par Internet alors que les médias traditionnels canadiens accordent une part considérable au frontalier américain ? Parmi les sondés qui ont accès à Internet, 30 % disent avoir téléchargé de la musique sur Internet au cours de l'année passée, et 11 % ont acheté de la musique en ligne. Chez les 15-20 ans, les proportions montent respectivement à 68 % et 23 %, ce qui montre que la génération Napster, même dans un climat juridique a priori défavorable à l'industrie, ne rechigne pas à acheter de la musique sur Internet.

Surtout, le spectacle vivant est encore une fois le grand gagnant. Deux tiers des sondés ont vu au moins un concert l'an dernier, avec 11 % d'entre eux qui ont été à plus d'une dizaine de spectacles. "Environ 29 % de ceux qui ont assisté à un concert ont acheté des CD ou DVD lors du show, et 19 % ont acheté d'autres produits dérivés du concert", rapporte le ministère.


En 2004, un rapport de l'OCDE avait conclu que le Canada était le premier pays au monde en terme d'usage de logiciels de P2P. En mars dernier, un rapport discret commandé par la CRIA (Canadian Recording Industry Association), le Snep canadien, avait démontré que les utilisateurs de P2P étaient aussi les premiers acheteurs de musique, et que la gratuité d'accès aux fichiers MP3 n'était qu'une cause mineure dans les motifs de non-achat.
 
 
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Commentaires à propos de L'exception culturelle à la canadienne et le P2P
 
Elisheva
Le 09 Octobre 2006 à 16h11

Le ministère de la Culture canadien a récemment publié un rapport sur l'état du marché de la musique en 2005. Il en ressort une nette montée des ventes de musique canadienne, problablement aidée par une politique souple en faveur de la copie privée et du P2P.

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Ca alors!!! shocking.gif

On laisse aux gens la possibilité de découvrir gratuitement la musique, même celle ne bénéficiant pas de la publicité des majors, et elle se vend mieux? Incroyable. 158.gif







Ils vont bien finir par comprendre...du moins, je l'espère pour nous. Bisous13.gif
supertoine
Le 09 Octobre 2006 à 19h50
c'est pas gagné pour qu'on comprenne ça en france
Julie_Kt
Le 10 Octobre 2006 à 18h32
Si les artistes Canadiens ont la côte, c'est bien parce que nous proposons de la qualité et de la diversité : beaucoup de nos artistes ne sont pas des inconnus : Sarah Mclachlan, Barenaked Ladies, Jann Arden, Chantal Kreviazuk en tête, sans compter la jeune garde : Sarah Slean, Maren Ord, Dayna Maynning, Emm Gryner... la liste est longue et ça fait plaisir que le travail de promotion de la musique canadienne que nous faisons finit par payer...

(attention, ne sont pas catalogués comme artistes canadiens, les Céline Dion et autres Natasha St-Pier qui sont, elles, de purs produits commerciaux français... et non canadien ! attention donc aux étiquettes !)

mais que ce regain de la musique canadienne n'empêche qu'elle aura toujours du mal à s'exporter en France en raison d'une barriere culturelle et la rigidité intellectuelle des médias et du public français.
Julie_Kt
Le 10 Octobre 2006 à 19h47
en fait avec le recul, je trouve que Kad Redal s'est trompé dans le titre de son article : il n'y a pas d'exception culturelle à la Canadienne, ça ne veut rien dire chez nous, notre culture est riche de plusieurs cultures différentes.

C'est plutot LA FRANCE qui EST UNE EXCEPTION particulière aux yeux du reste du monde... (syndrome gaulois ?) et pas seulement dans la culture, mais dans tous les domaines, mais c'est bien beau d'être une exception, à condition de ne pas trop se montrer arrogant et trop nombriliste...
mops
Le 10 Octobre 2006 à 19h58
A la lecture de ta prose, j'aurais juré que tu étais française. biggrin1.gif

Beaucoup d'artistes français ont la cote en France et pas ailleurs tu sais. C'est bien la différence. smile.gif
Julie_Kt
Le 11 Octobre 2006 à 03h32

A la lecture de ta prose, j'aurais juré que tu étais française. biggrin1.gif

Beaucoup d'artistes français ont la cote en France et pas ailleurs tu sais. C'est bien la différence. smile.gif


qui ça ? le vieux Johnny ? je le croyais Belge biggrin1.gif
à part lui et Diam's, bravo pour la diversité musicale en France biggrinthumb.gif
xorox
Le 11 Octobre 2006 à 03h44
Le vieux Johnny ... pas belge ... et aparament il ne rentre pas dans les conditions d'étre naturaliser.

Ne deviend pas belge qui veu biggrin1.gif
mops
Le 11 Octobre 2006 à 22h58


A la lecture de ta prose, j'aurais juré que tu étais française. biggrin1.gif

Beaucoup d'artistes français ont la cote en France et pas ailleurs tu sais. C'est bien la différence. smile.gif


qui ça ? le vieux Johnny ? je le croyais Belge biggrin1.gif
à part lui et Diam's, bravo pour la diversité musicale en France biggrinthumb.gif


Tu m'as convaincu de l'ouverture d'esprit et de la non arrogance des Canadiens. thumbsup.gif

Enfin heureusement, je ne généralise pas. rolleyes11.gif
myki
Le 12 Octobre 2006 à 07h10
Ce que j'aime chez les artistes Quebecois c'est leur simplicité et leur accessibilité. Rien que ca ca aide pour leurs promos !
Et la promo, justement ! les emissions quebecoises où les artistes font leur promo sont très différentes de chez nous. Le public y est bien plus présent, la présentatrice d'ailleurs fait souvent intervenir le public pour poser des questions à l'artiste. Parfois cela crée des situations un peu cocasses, mais c'est ce qu'on aime non ?

(j'ai bien dit quebecois, pas canadien... je pense à eric et hugo lapointe, les 3 accords, France d'amour (avant), etc...)

edit : ha et au fait ! c'est la meme chose pour le cinema quebecois (ou canadien, là je sais plus trop lol). Regardez le film "les boys" et ses 4 volets ! Je n'ai plus les chiffres, mais à proportion égale, c'est énorme ! à part Titanic, c'est le film qui a été le plus regardé au cinéma. (j'espère ne pas dire d'aneries).
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