Apple dispose désormais dans son portefeuille de brevets d'un concept visant à n'afficher des publicités que lorsque les consommateurs disposent, sur un compte, de l'argent nécessaire pour acheter le produit ou le service proposé.

Comme le remarque Business Insider, Apple a obtenu jeudi aux Etats-Unis la publication d'un brevet sur une "méthode et un système pour délivrer des publicités vers des terminaux mobiles", qui n'est toutefois pas une invention maison, contrairement à ce que laisse entendre la publication américaine. Le brevet en question avait été déposé dès 2008 par deux ingénieurs et hommes d'affaires finlandais, Janne Aaltonen et Timo Ahopelto, et a donc certainement été racheté par la firme de Cupertino auprès de CVON Innovations, qui en avait la gestion.

Le brevet propose d'optimiser la manière de sélectionner les publicités affichées sur les applications mobiles, pour augmenter le taux de clics et de transformation. Pour ce faire, les inventeurs ont imaginé prendre en compte le solde d'un compte, pour vérifier si la personne visée par une annonce potentielle est effectivement en capacité de craquer pour s'offrir le produit proposé, ou s'il est trop pauvre. Dans ce dernier cas, la publicité ne sera pas affichée, et le consommateur ne sera pas frustré.

Selon le descriptif de l'invention, le système est "arrangé de telle façon que [la publicité] délivrée à l'utilisateur n'inclue qu'un ou plusieurs objets dont le prix d'achat est inférieur ou égal aux crédits disponibles pour l'utilisateur". Le brevet imagine aussi plusieurs utilisations possibles de l'information, comme le fait d'afficher un bouton d'achat immédiat si le compte dispose des fonds suffisants, ou de séparer l'affichage des publicités en plusieurs parties, avec d'un côté les produits que l'utilisateur peut se permettre, et de l'autre ceux sur lesquels il pourra baver en attendant d'économiser.

Il est toutefois hautement improbable qu'Apple cherche à obtenir le solde du compte bancaire de l'utilisateur pour lui proposer des publicités ciblées de ce genre, alors que sa solution Apple Pay est justement conçue techniquement pour dresser une frontière étanche entre Apple et les banques. "Notre business n'est pas basé sur le fait d'avoir des informations sur vous. Vous n'êtes pas le produit", avait insisté Tim Cook dans une interview en septembre 2014, en marquant la rupture philosophie entre Google et Apple. "S'ils gagnent de l'argent principalement en collectant des quantités de données personnelles sur vous, je pense que vous avez le droit d'être inquiet".

En revanche, il est probable qu'Apple utilise un tel système sur iTunes, pour n'afficher des contenus payants qu'à ceux qui disposent d'un compte iTunes suffisamment crédité, lorsque le compte n'est pas attaché à un compte bancaire débitable. Ou alors le brevet restera inexploité, comme de nombreux autres titres de propriété industrielle.

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