Le parquet du Puy-en-Velay veut poursuivre les auteurs amateurs de guides de créations de fumigènes publiés sur internet après que trois adolescents ont trouvé la mort à Bas-en-Basset (Haute-Loire). Ils avaient voulu créer des fumigènes pour jouer au Airsoft, sans mesurer les risques d'explosion.

Samedi après-midi, une violente explosion a provoqué la mort de trois adolescents de 14 à 16 ans et blessé grièvement un quatrième, dans la commune de Bas-en-Basset (Haute-Loire). Selon les premiers éléments d'enquête, l'accident mortel aurait été provoqué par un mélange mal maîtrisé d'acétone et d'acide chlorhydrique, deux produits chimiques utilisés pour fabriquer de façon artisanale des fumigènes pour l'Airsoft, une discipline en vogue dérivée du paintball. Le mélange serait particulièrement instable en cas de températures élevées, ce qui était le cas samedi où il faisait plus de 25 degrés dans la région.

Associé à deux autres produits, le mélange qui explose serait 10 fois plus puissant que la poudre noire, et atteindrait 70 % de la puissance de la TNT. C'est donc une véritable arme de guerre que les mineurs ont pu créer, sans avoir la moindre conscience de ces risques, cherchant simplement à faire de la fumée.

DES VIDÉOS YOUTUBE POUR ADOS PAR DES ADOS

Alors que l'origine accidentelle de l'explosion ne fait guère de doute, le vice-procureur de la République du Puy-en-Velay, Yves Dubuy, veut tout de même poursuivre un coupable devant les tribunaux. "J'ai eu la surprise de découvrir des recettes complètes sur Internet, sur des sites irresponsables de jeu de type 'Airsoft'", a-t-il dénoncé en constatant que les ados tués ont été "victimes d'un jeu imbécile, conseillés par des irresponsables".

Le représentant du ministère public prévient donc qu'il souhaite poursuivre l'auteur ou leurs auteurs des blogs (sans doute pour mise en danger de la vie d'autrui) qu'auraient consulté les jeunes adolescents pour trouver la recette du fumigène mortel, "à condition qu'on les identifie".

Selon nos constatations, la plupart des "tutoriaux" sont publiés sur YouTube, par des adolescents pour des adolescents, sans aucune connaissance chimique. Ils se contentent de reprendre et de rediffuser à leur tour les guides publiés par d'autres, les précautions à prendre risquant alors d'être oubliées dans un très dangereux téléphone arabe. "Même si c'est pas explosif, on sait jamais", peut-on entendre sur l'une des vidéos, où l'on conseille de laisser le mélange agir au sol sans le tenir à la main car "il paraît que certains ont perdu un bras, pas ici, mais il paraît".

"Malheureusement on trouve sur Internet beaucoup de vidéos qui apprennent à des personnes à faire des fumigènes, voire des bombes artisanales qui sont en général faites avec des produits instables", a confirmé à BFM TV le président de la Fédération Française de Airsoft. "Nous œuvrons, depuis la création de la FFA, pour la pratique d’un Airsoft responsable", rappelle-t-elle dans un communiqué publié sur Facebook. "Les faits survenus ce week-end nous rappellent tragiquement qu’il est impératif d’avoir une attitude responsable dans tous les domaines pouvant se rapporter à l’Airsoft."

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