Le Front National n'avait pas profité auprès de l'AFNIC de sa période d'exclusivité de deux mois pour réserver le nom de domaine FN.fr, disponible depuis la fin 2014. C'est donc à l'issue de cette période qu'une start-up a eu l'idée de déposer le domaine pour faire la promotion de ses services, en organisant un "troll" à l'occasion des élections départementales.

La semaine dernière, Numerama rapportait que le nom de domaine FN.fr que les internautes étaient susceptibles d'utiliser pour visiter le site officiel du Front National dans l'entre-deux tours des élections départementales avait été enregistré par un plaisantin, pour rediriger les visiteurs vers le site du Parti Socialiste. Quarante-huis heures plus tard, c'est vers le site de l'UMP que le pointait le domaine FR.fr.

Finalement ce dimanche, au jour de l'appel aux urnes, le pot aux roses a été révélé. Le nom de domaine a été enregistré par l'agence web In Media Veritas, qui apparaissait déjà comme registrar dans le WHOIS, pour faire la promotion d'un service sans aucun rapport avec la politique. Le nom de domaine dirige désormais vers Restow.com, un service de création de sites internet pour les restaurants. "Pas de parti pour le profit", dit le message d'accueil du site, avec les logos du PS, de l'UMP et du FN tous les trois rayés d'une croix rouge ;

"Nous avons monté cette opération dans le but de promouvoir notre start-up spécialisée dans la création de sites internet pour restaurants, avec réservation de table en ligne et beaucoup d'autres fonctionnalités parfaitement adaptées à la restauration. Nous sommes deux jeunes entrepreneurs Français et recherchons actuellement des fonds pour développer notre start-up !", assume Alexis Pereira, gérant de Restow. 

UNE PÉRIODE D'EXCLUSIVITÉ DE DEUX MOIS INEXPLOITÉE

La jeune pousse a profité de l'ouverture des noms de domaine très courts en .fr, disponibles pour tous depuis la mi-février. Alors qu'ils étaient autrefois bloqués, l'AFNIC a en effet décidé de donner la possibilité à tous les internautes de réserver des domaines de 1 ou 2 caractères, après une première phase dite de "sunrise", ouverte du 9 décembre 2014 au 9 février 2015, pendant laquelle seuls les "titulaires de droits" pouvaient enregistrer un nom sur lequel ils avaient des prétentions légitimes. Or le Front National n'a pas profité de cette période d'exclusivité de deux mois pour s'accaparer son FN.fr.

"Mon associé a donc sauté sur l'occasion étant donné sa valeur", nous raconte Alexis Pereira. "Un nom de domaine en deux caractères peut rapidement atteindre une valeur de plusieurs dizaines de milliers d'euros. Une fois que c'était fait, pour plaisanter, j'ai émis l'idée de le rediriger sur le site du PS, afin de "troller". Nous avons donc mis ça en place et quelques jours après, on a vu l'ampleur que ça avait pris."

"Un twittos avait remarqué la supercherie, on a eu 50.000 visites en 3 jours et les médias ont commencer à relayer le troll".

C'est pour paraître a-politique que les deux complices ont décidé d'équilibrer les choses en modifiant la redirection, d'abord vers le Parti Socialiste, puis vers l'UMP.

Pour le moment le Front National n'a pas contacté la société pour obtenir la cession du nom de domaine, et la start-up entend continuer à l'exploiter pour rediriger vers son service de création de sites web pour restaurants.

Le FN n'est pas le seul à ne pas avoir profité de la phase de deux mois d'exclusivité puisque PS.fr a lui-aussi été acquis le 11 mars 2015 par un tiers, la société FLUYD, qui se propose de le "louer" :

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