Dans un effort permanent de faire de VirginMega un grand supermarché du contenu numérique sous DRM, Virgin vient de lancer la bêta d'un service de téléchargement de magazines électroniques. En plus d'un service totalement bridé, le marchand français fait payer la reforestation en Amazonie.

On va encore accuser Ratiatum de taper sur Virgin, mais comment faire autrement lorsqu’apparaît sur VirginMega.fr un service comme celui-ci ? Le concurrent de la FNAC lance sur sa plate-forme de vente en ligne un service « presse » qui permet d’acheter des magazines entièrement numérisés. Au total, ce sont plus de 200 numéros de grands titres de la presse qui sont proposés : Entrevue, Paris Match, Onze Mondial, Premiere

Sans surprise, les magazines sont accompagnés de leur DRM. Mais alors que l’on aurait pu s’attendre à l’utilisation du format PDF d’Adobe, Virgin s’en remet à une autre solution propriétaire, Delivery Reader. Un coup d’oeil à la page d’aide et l’on apprend que « le document DLY est généré et crypté spécifiquement pour votre machine« . « Il n’est donc pas possible de le relire sur une autre machine même avec Delivery Reader correctement installé« . Bon seigneur, Virgin précise que « l’achat d’un magazine au format Delivery donne droit à 2 téléchargements que vous pouvez utiliser comme vous le souhaitez (ordinateur de bureau et ordinateur personnel, ou envoi à un ami)« . Ils conseillent en outre de « faire une copie sur disque, CD ou DVD à des fins de sauvegarde« . C’est ça, la nouvelle copie privée made in DADVSI.

Si vous pensiez embarquer le fichier sur votre PDA, c’est raté. Après une petite recherche, il semble que le logiciel Delivery Reader soit édité par la société parisienne Immanens, qui ne fournit pas de version Pocket PC de son logiciel. Ceux qui aiment lire leur magazine préféré aux toilettes devront utiliser leur deuxième copie pour leur ordinateur portable, mais attention messieurs, votre fertilité est alors en danger. Merci Virgin.

Le coût de l’avenir

Evidemment, si le prix du magazine électronique était bradé par rapport à la version papier, toutes ces gênes seraient vite oubliées. Mais avec des si on referait le monde, et Virgin est bien décidé à ne surtout pas le refaire. Un numéro de Onze Mondial vendu 2,90 euros en kiosque avec en prime le sourire de la patronne est vendu chez Virgin… 2,90 euros avec en prime le regard inquisiteur du vendeur qui espère que son DRM sera assez efficace contre ce voleur de client.

Tous les magazines électroniques sont vendus au prix du papier. C’est forcémment d’une logique implacable. Sauver des arbres et économiser le prix de l’impression est nécessairement coûteux. Et que dire du coût sans doute insupportable engendré en évitant les commissions des distributeurs NMTP et MLP ? En tout, la distribution d’un magazine coûte à l’éditeur environ 35 % du chiffre d’affaires réalisé.

Certes, Virgin propose des « Forfait Liberté » à 9,99 euros pour télécharger 4 magazines, ce qui met le magazine électronique à 2,50 euros. Un magazine qui fait passer copie privée et mobilité (mais pas le magazine lui-même) dans la chasse d’eau, et qui accroît les marges des industriels sans aucune retombée bénéfique pour le consommateur… si ce n’est celui d’éviter d’aller dans le kiosque d’à côté.

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