L'inventeur du web a critiqué une nouvelle fois les applications mobiles, qu'il juge en opposition avec les principes portés par le web. Ces dernières offrent des environnements verrouillés et contrôlés, alors que le net offre au contraire la possibilité de relier les internautes entre eux dans un espace commun et ouvert.

Tim Berners-Lee reste droit dans ses bottes. Au cours de la conférence LeWeb 2014, l'inventeur du web a renouvelé ses critiques sur les applications mobiles, expliquant qu'elles sont fondamentalement néfastes pour le web. À ses yeux, elles cloisonnent les usagers en les enfermant dans des environnements contrôlés et verrouillés, au lieu de les interconnecter dans un espace commun.

La situation est, selon lui, préoccupante. Sur les terminaux, les mobinautes utilisent essentiellement des applications mobiles pour accéder à des produits et des services. Selon les statistiques communiquées en début d'année par la société Flurry, les usagers utilisant iOS et Android passent l'essentiel de leur temps (86 %) sur des applications mobiles et à peine (14 %) sur le navigateur web.

En cherchant bien, il n'est pourtant pas rare de dénicher un accès web adapté aux smartphones et aux tablettes. C'est par exemple le cas de Facebook. Le réseau social, qui est incontestablement l'un des services les plus visités sur mobile, propose une version mobile (m.facebook.com). Mais il est vrai que celle-ci est moins conviviale et moins dotée en fonctionnalités que la version applicative.

Pour Tim Berners-Lee, il est donc essentiel que les développeurs soient en première ligne. Sans eux, les usagers n'auront aucune raison de délaisser des applications attrayantes et performantes pour des "web apps" incomplètes. D'autant que les technologies du web (du HTML au CSS en passant par le JavaScript) ont d'ores et déjà démontré toute l'étendue des possibilités qu'elles offrent.

Les propos tenus cette année par Tim Berners-Lee rappellent ceux qu'il avait prononcés en 2012. À l'occasion d'une autre conférence sur le net, l'ingénieur avait regretté le succès des applications mobiles au détriment des applications mobiles ouvertes

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