Un hacker chinois a dévoilé ce qui est présenté comme la preuve de l'existence d'un réseau de "commentateurs" payés à dire du bien de l'administration chinoise et de sa politique sur Internet.

Le site China Digital Times rapporte que le bloggueur chinois Xiaolan a divulgué une archive de plus de 2 700 e-mails du Bureau d'Information sur Internet du District de Zhanggong, entre 2013 et 2014. Ces e-mails démontreraient l'existence déjà largement suspectée d'un réseau de "commentateurs Internet", rémunérés pour défendre l'administration chinoise lorsqu'elle est attaquée sur les réseaux sociaux ou sur d'autres canaux.

L'archive piratée contient des correspondances, photos, résumés d'activités, CV et autres informations sur le réseau des commentateurs, constitué d'internautes qui acceptent contre une maigre rémunération de critiquer les "intellectuels", de défendre les politiques publiques chinoises, de célébrer Xi Jinping, ou encore de surveiller les activités en ligne de dissidents. 

Selon la lise obtenue, ce seul district compterait trois employés à temps plein et plus de 300 collaborateurs occasionnels dédiés à cette tâche, pour une population de moins de 500 000 habitants. Rapporté à l'ensemble de la Chine, ce pourrait donc être environ 825 000 personnes qui seraient payées pour défendre le régime sur Internet.

L'existence d'un tel réseau était déjà connue depuis une dizaine d'années. Il est surnommé "Fifty Cent Party" (le parti à 50 centimes), en raison du montant qui serait parfois payé aux membres pour chaque message répondant aux critères imposés. En 2005, le ministère de l'éducation chinois a décidé de réaliser une purge des forums des universités, et c'est à cette époque que les premiers "commentateurs bienveillants" auraient été recrutés, en échange de la rémunération symbolique. En 2007, l'ancien président Hu Jinato avait demandé aux responsables du Parti Communiste Chinois d' "affirmer la suprématie (du PCC) sur l'opinion publique en ligne, d'élever le niveau et d'étudier l'art de l'orientation (des idées) en ligne, et d'utiliser activement les nouvelles technologies pour augmenter la force de propagande positive". Après ce discours, le PCC avait engagé une campagne de recrutement de "camarades de bon caractère idéologique et politique, capables et familiers avec Internet pour former des équipes de commentateurs sur le Web".

En 2011, China Digital Times avait déjà publié ce qu'il présentait comme une instruction envoyée aux commentateurs officiels, pour "circonscrire l'influence de la démocratie taïwanaise". Il leur était demandé de cibler les critiques contre les USA, d'éviter les débats idéologiques sur la démocratie mais de les orienter vers les dérives voire les violences qu'elle génère, ou encore de mettre en valeur la stabilité chinoise. 

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés