La justice égyptienne a condamné samedi huit hommes qui ont eu le tort d'apparaître dans la vidéo YouTube d'un "mariage gay" célébré en petit comité sur le Nil. 

L'homosexualité n'est pas en tant que tel un délit en Egypte, mais les hommes qui préfèrent les hommes aux femmes sont priés de respecter la plus grande discrétion pour éviter toute poursuite. Or cette discrétion s'impose aussi aux médias sociaux, même quand la popularité des contenus échangés entre amis leur échappe.

L'AFP (via Libération) rapporte en effet qu'un tribunal du Caire a condamné samedi huit jeunes hommes à trois ans de prison ferme, pour être apparus dans une vidéo d'un "mariage gay". Alors que la cérémonie avait lieu discrètement dans un bateau sur le Nil, avec un nombre très restreint d'invités, la vidéo dans laquelle on peut voir l'échange des alliances sous les youyous (cris de joie) avait paraît-il beaucoup circulé sur YouTube, Twitter et Facebook :

On ne sait pas si la vidéo avait été partagée par des personnes extérieures au mariage pour se féliciter d'une telle ouverture d'esprit dans un pays d'islam, ou s'il s'agissait de les dénoncer. Toujours est-il que les huit hommes ont été condamnés pour "incitation à la débauche et outrage à la morale publique", et qu'ils ont reçu la peine maximale prévue par la loi pour ces infractions.

Selon le site Yagg, 14 invités étaient visibles sur la vidéo. Neuf avaient été identifiés par la police. Dans un communiqué publié au moment de leur arrestation, le procureur aurait déclaré que les images étaient "humiliantes, regrettables et pourraient mettre Dieu en colère". Il avait également ordonné des examens physiologiques et psychologiques sur les mis en cause, pour prouver leur homosexualité, et donc leur volonté de promouvoir une telle sexualité par leur participation filmée au mariage.

"Cet examen médical a montré que les huit accusés n'ont pas eu de pratiques homosexuelles", avait toutefois assuré le porte-parole du département médico-légal du ministère de la Justice, Hesham Abdel Hamed.

En septembre dernier, face à l'augmentation du nombre d'arrestations dans la communauté gay, le service de rencontres Grindr avait modifié son application pour protéger l'identité des homosexels en Egypte et dans d'autres pays où l'islam radical progresse.

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