Alors que le premier anniversaire de la décision Groskter approche, la RIAA se félicite d'une relative stagnation de la fréquentation des réseaux de partage de fichiers en peer-to-peer. Méthode Coué ?

Régulièrement, l’industrie du disque tente de justifier sa politique d’aggression contre les consommateurs. Même si dans l’esprit rien ne pourra jamais justifier qu’une industrie attaque et vilipende ses propres clients, la filière musicale, qui croit que son marché lui est dû, ne se prive pas de le tenter. Elle le fait encore à travers la voix du patron de l’Association Américaine de l’Industrie du Disque (RIAA), qui se félicite auprès de USA Today que le partage de chansons soit désormais « contenu ». « Le problème n’a pas été éliminé« , concède-t-il, « mais nous pensons que le téléchargement numérique a émergé en un business croissant, prospère, et que le partage de fichiers est plat« , indique Mitch Bainwol en désignant la courbe de croissance du P2P.

Pour Big Champagne, l’institut spécialisé dans l’étude des réseaux peer-to-peer, Bainwol va vite en besogne. D’environ 8,7 millions d’utilisateurs connectés en permanence en mai 2005, le chiffre est désormais proche des 10 millions, annonce Eric Garland, le PDG de Big Champagne. La croissance est certes ralentie pour les échanges de fichiers musicaux, mais elle est bien réelle. Elle s’est surtout déplacée maintenant sur les films, pour lesquels le nombre de fichiers échangés semble exploser. « L’industrie musicale ne connaît plus de croissance à deux chiffres du piratage, mais Hollywood si« , note Garland.

Aux Etats-Unis, la RIAA a envoyé près de 19.000 injonctions judiciaires contre des internautes consommateurs de musique, et 4.500 se sont soldés par un accord amiable accompagné d’un chèque d’une moyenne de 4.000 $. Aucun (zéro) internaute poursuivi n’a en réalité été condamné par un tribunal. Toutes les personnes poursuivies font un calcul simple : mieux vaut signer le chèque de conciliation à l’ordre de la RIAA que de payer bien plus cher les avocats nécessaires à une défense en bonne et due forme.

Régulièrement remise en cause, la politique de la Terreur n’a jamais véritablement fonctionné. Les internautes continuent de s’échanger en masse des chansons (1,5 milliards de titres seraient disponibles en permanence sur les réseaux) et l’industrie continue à freiner au maximum la remise en cause de son modèle économique. Elle voit dans le ralentissement des réseaux P2P et dans la croissance impressionnante des téléchargements commerciaux une raison suffisante de ne pas bouger. Mais attention à ne pas pêcher d’optimisme. Certains analystes commencent déjà à apercevoir les signes d’un ralentissement précoce (.pdf) de la croissance des services de musique en ligne légaux…

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés