L'éditeur de Candy Crush Saga persiste et signe. Malgré la polémique entourant ses demandes de contrôle sur les termes "candy" et "saga", King justifie son approche de la propriété intellectuelle.

La semaine dernière, l'éditeur de Candy Crush Saga a déclenché une polémique en obtenant du bureau américain des brevets et des marques de commerce (USPTO) la protection de certains éléments en rapport avec son jeu. Si le dépôt concernant le logo n'a pas posé de problème particulier, la demande visant à obtenir le contrôle du terme "candy" a en revanche fait l'objet de vives critiques.

La controverse ayant pris une certaine ampleur, le PDG de l'éditeur, Riccardo Zacconi, a publié une lettre ouverte, relayée par S.I. Lex, pour préciser la politique de King en matière de propriété intellectuelle. À cette occasion, l'homme d'affaires a défendu sa vision des choses vis-à-vis de la marque "candy", tout en promettant que son entreprise n'entreprendra aucune action nuisible avec.

"Nous ne cherchons pas à contrôler l'utilisation du mot 'candy' [qui signifie bonbon, sucrerie en anglais, ndlr] ; être propriétaire d'une marque ne nous permet pas de faire ça, de toute façon. Nous essayons simplement d'empêcher les autres de créer des jeux qui tirent injustement profit de notre succès", a-t-il expliqué, avant de souligner la relative banalité des marques ou des sociétés basées sur un nom commun.

"La vérité est qu'il n'y a rien de très inhabituel dans le dépôt d'une marque impliquant un nom commun dans le cadre d'une utilisation spécifique. Pensez au Time , à Money , à Fortune, à Apple et à Sun, pour ne citer que quelques exemples", a poursuivi Riccardo Zacconi.

Ceci dit, la posture de King n'est pas toujours au diapason des actes. Si King veut empêcher l'utilisation du terme 'candy' par les jeux de puzzle clonant Candy Crush Saga, même si ce dernier n'est qu'un énième ersatz de Bejeweled dans lequel les pierres précieuses ont été remplacées par des bonbons, comment expliquer alors la plainte de King contre l'éditeur Stoic ?

King a en effet obtenu le marque "Saga" et, fort de sa nouvelle propriété intellectuelle, a attaqué Stoic au motif que celui-ci utilise aussi le mot "saga" pour nommer son jeu de rôle tactique basé sur les vikings (The Banner Saga). Or le contenu de The Banner Saga et son mode de jeu n'ont rien à voir avec Candy Crush Saga, pas plus qu'avec les autres jeux lancés par King.

L'éditeur britannique reconnaît d'ailleurs dans sa lettre ouverte que The Banner Saga ne ressemble à aucun de ses jeux. Mais, car il y a un mais, celui-ci note qu'il "a déjà une série de jeux où le terme 'saga' est un élément clé de la marque que les joueurs associent avec King, comme Candy Crush Saga, Bubble Witch Saga, Pet Rescue Saga, Farm Heroes Saga et ainsi de suite".

"Tout ces titres ont déjà fait face à des problèmes de propriété intellectuelle avec des clones", a précisé Riccardo Zacconi. "Nous n'essayons pas d'empêcher Stoic d'utiliser le mot Saga, mais nous avons dû nous opposer à leur demande afin de préserver notre capacité à protéger nos propres jeux. Sinon, il serait beaucoup plus facile pour les futurs imitateurs de défendre leur usage du mot 'saga' dans un jeu".

Les explications de King paraissent franchement spécieuses. D'un côté, l'éditeur affirme ne pas vouloir empêcher Stoic d'utiliser le terme "Saga", mais de l'autre initie quand même une action en justice au motif que l'usage du mot "saga" pourrait non seulement entraîner de la confusion chez les joueurs, mais en plus constituerait une ouverture inespérée pour des futurs clones.

Autrement dit, King justifie sa plainte contre Stoic au nom d'éventuels plagiats qui pourraient survenir, alors qu'ils ont déjà lieu, et malgré le fait que The Banner Saga n'a strictement rien à voir avec les jeux de King. Rappelons au passage que le terme saga désigne un genre littéraire islandais racontant les aventures des vikings… qui sont justement au centre de The Banner Saga.

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