Estimant que l'embrigadement de jeunes appelés à rejoindre le djihad était "le plus grand danger auquel nous devons faire face", le ministre de l'intérieur a appelé à lutter contre la propagande islamiste sur Internet, et notamment sur YouTube.

Le ministre de l'intérieur Manuel Valls était l'invité dimanche du Grand Rendez-Vous Europe 1, où il a été interrogé sur les quelques jeunes Français qui partent de France pour aller combattre en Syrie, au sein d'organisations djihadistes. C'est notamment le cas de deux adolescents de Toulouse, qui sont partis prendre le risque de mourir au combat, à 15 ans, après avoir été embrigadés, selon le père, via Internet.

"Le phénomène s'est accéléré depuis la fin de l'année 2013 puisque nous avons recensé six mineurs qui ont manifesté leur volonté de s'y rendre", a reconnu Manuel Valls, dont les services avaient jusque là comptabilisé une douzaine de mineurs ayant cherché avec succès ou non à se rendre en Syrie. "Ce phénomène m'inquiète, et le mot est faible. Il représente pour moi le plus grand danger auquel nous devons faire face dans les prochaines années".

En effet, "le danger pour nos propres intérêts, c'est le retour", a prévenu le ministre de l'intérieur. "Ces individus marquent tous leur volonté de combattre au sein d'organisations djihadistes, classifiées comme organisations terroristes. Les services de renseignement y sont très attentif. Le retour est particulièrement délicat puisqu'ils peuvent avoir des velléités d'organiser des attentats en France".

"On peut fermer des sites, la grande difficulté c'est que ces sites ouvrent souvent à l'étranger", a-t-il ensuite constaté. Pragmatique, Manuel Valls a donc appelé d'abord à "lutter contre la radicalisation" par "un travail social de longue haleine", notamment en impliquant davantage les institutions représentatives du culte musulman dans la dénonciation de l'islam radical.

"Un travail contre la propagande, par exemple sur YouTube"

Cependant, le ministre de l'intérieur ne veut pas abandonner pour autant tout combat sur Internet, alors qu'Internet serait devenu indissociable du terrorisme moderne. "Il y a tout le travail contre la propagande, et notamment sur Internet, sur les réseaux sociaux, les sites de diffusion. Je pense par exemple à YouTube", a-t-il indiqué, sans dire s'il souhaitait que YouTube traque et bloque de lui-même les vidéos d'incitation au djihad.

Selon les comptes du ministère de l'intérieur, 700 Français sont "plus ou moins impliqués dans le conflit en Syrie". 76 sont rentrés, et 21 sont morts.

"Nous pouvons être dépassés par ce phénomène, vu l'ampleur", a admis Manuel Valls. "Effectivement, ce n'est pas dans les mosquées que ce recrutement s'organise. C'est le plus souvent sur Internet".

L'an dernier, Manuel Valls avait dit vouloir traquer toutes "traces exploitables sur Internet", et faire de cette tactique une priorité de la lutte anti-terrorisme. L'été dernier, un arrêté a autorisé les policiers à s'infiltrer sur les sites internet de propagande terroriste.

Peut-être le ministre de l'intérieur pourra-t-il regarder avec intérêt ce sketch de Dieudonné, qui dénonçait le terrorisme djihadiste en tentant de décourager les jeunes musulmans de se laisser séduire par un discours exploitant leur naïveté :

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