L'homme politique et homme d'affaires Al Gore, ancien vice-président des Etats-Unis, a dénoncé avec vigueur la surveillance massive des citoyens par la NSA, qu'il estime être une violation de la Constitution.

La charge est violente. Al Gore, qui fut vice-président des Etats-Unis sous la présidence de Bill Clinton, candidat malheureux contre George Bush en 2000, et qui s'est depuis reconverti en militant écologiste primé par le Nobel de la Paix en 2007, a sévèrement dénoncé les actions de surveillance massive opérées par la NSA et révélées par Edward Snowden.

Alors que ce dernier est poursuivi aux Etats-Unis et exilé en Russie, Al Gore a estimé qu'Edward Snowden avait "révélé des preuves de ce qui semble être des crimes contre la Constitution des Etats-Unis". On ne fait pas pire accusation au pays des pères fondateurs, mais Al Gore l'assume.

A l'occasion d'une conférence donnée à l'Université McGill de Montréal, l'ancien numéro deux des Etats-Unis a estimé que le comportement de la NSA était "scandaleux" et "totalement inacceptable". "Je dis ça en tant que quelqu'un qui a été membre du Conseil de Sécurité Nationale travaillant à la Maison Blanche et qui recevait des comptes-rendus quotidiens de la CIA", a-t-il ajouté.

Du strict point de vue de l'efficacité des méthodes, Al Gore trouve la surveillance massive "absurde" et contre-productive. Par métaphore, il fait remarquer que "quand vous recherchez une aiguille dans une botte de foin, il n'est pas toujours très sage de rajouter du foin sur la botte".

Enfin, alors qu'il est (ou a été) lui-même conseiller de Google, et qu'il a avoué avoir voulu racheter Twitter, Al Gore s'est dit inquiet non pas seulement de la surveillance de la population par les Etats, mais du fait que les entreprises cherchaient à tout savoir des habitudes de leurs clients pour cibler la publicité. "Une économie de harceleurs", condamne-t-il. 

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