Trois ans après des déclarations identiques par le ministère de l'intérieur français, la police de Chicago assure que Facebook travaille avec les autorités pour permettre de bloquer des utilisateurs dans le cadre d'appels à manifestations risquant de dégénérer.

La semaine dernière avait lieu à Philadelphie l'édition 2013 de la conférence IACP (International Association of Chiefs of Police), un salon qui réunit pendant quatre jours des représentants des forces de police du monde entier, et des industriels qui viennent vendre leurs dernières innovations en matière de maintien de l'ordre. Parmi les thèmes abordés cette année figurait, le lundi 21 octobre au bon matin, une conférence (.pdf) sur comment "aider les autorités à répondre aux rassemblements de masse impulsés par les réseaux sociaux".

Il s'agissait donc de discuter des meilleures méthodes pour réagir aux appels à manifester et autres invitations à des apéros géants lancés sur Facebook, pour lesquelles les autorités craignent des débordements. En France, nous avions vu un bon cas d'école à travers la préfecture de Nantes, qui avait préféré intervenir elle-même sur la page d'un apéro Facebook pour dissuader les participants (avec un certain succès), après que l'une de ces fêtes aujourd'hui passées de mode ait donné lieu à l'accident mortel d'un participant.

Mais il demeure chez certains la volonté de censurer les appels à manifester sur Facebook. En 2010, l'ancien ministre de l'intérieur Brice Hortefeux avait affirmé, déjà, qu'un "contact a été pris avec Facebook par le ministère de l'intérieur et par le secrétariat d'État chargé du développement de l'économie numérique, afin de mettre en place des procédures pour rappeler les règles en vigueur, pour éventuellement supprimer les appels à une manifestation illicite, et pour en identifier les auteurs". Mais la déclaration était restée sans lendemain et surtout, à notre connaissance, sans effet. 

Mais voilà que la possibilité de censure resurgit, de l'autre côté de l'Atlantique, lors de l'IACP 2013. Le journaliste Kenneth Lipp rapporte en effet que lors de cette conférence du 21 octobre, l'un des haut responsables de la police de Chicago aurait affirmé travailler avec le chef de la sécurité de Facebook pour bloquer des utilisateurs en fonction de leur compte, de leur adresse IP, ou de leur appareil mobile. Etant donné le thème de la conférence, il s'agit vraisemblablement de réduire rapidement au silence ceux qui appellent à manifester de façon violente, alors que la justice en est réduite pour le moment à les condamner après coup.

Alors que sa participation à la conférence était prévue, le chef de la sécurité de Facebook, Joe Sullivan, était absent (mise à jour : alors que Sullivan figure bien parmi la liste des personnalités officielles prévues à la conférence, Facebook dément tout projet de participation et affirme ne pas savoir d'où vient cette fausse information).

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