Au croisement des genres beat them all et rogue-lite se trouve Absolum, petite pépite parue en 2025 et que vous avez peut-être loupée, comme nous, à cause de sa sortie à la pire période. Notre test vous poussera vers la session de rattrapage.

Je dois vous faire une confession: j’ai un peu honte aujourd’hui d’avoir tourné le dos à Absolum quand deux amis confrères m’en ont parlé. Cela dit, j’ai quand même une bonne excuse pour expliquer mon choix. Ce titre co-développé par Dotemu, Guard Crush Games, tous deux derrière Teenage Mutant Ninja Turtles: Shredder’s Revenge, et Supamonks est sorti le 9 octobre 2025, soit une période intense en nouveautés, propice aux concessions.

Les semaines passant, j’ai toujours gardé Absolum dans un coin de ma tête, guettant le moment idéal pour me lancer dans l’aventure. J’ai finalement attendu les vacances de Noël pour dévorer cette expérience d’une profondeur et d’une générosité débordantes. Tant et si bien que je regrette d’avoir fait la sourde oreille au lancement. Fort heureusement, il n’est jamais trop tard pour se lancer.

Absolum est une pépite visuelle (et pas que)

Avant les éloges, évoquons les — quelques — points qui fâchent. Encourageant volontiers la coopération, Absolum oublie de cocher une case essentielle pour un jeu tourné vers le multijoueur : la fonctionnalité cross-play, qui permet de jouer avec n’importe qui. Dommage, quand on sait qu’Absolum gère bien le jeu en ligne — en évitant les spoilers, en cas de progression différente.

L’immense qualité d’Absolum se trouve dans sa structure.

Vous ne serez pas époustouflés non plus par l’histoire et, surtout, la manière dont elle est racontée. Pour faire simple, quatre héros — Galandra, Karl, Cider et Brome — se lancent dans la chasse d’Azra, dont l’Ordre Pourpre fait régner la tyrannie sur le royaume de Talamh. Pour cela, ils doivent atteindre sa tour, en accomplissant quelques quêtes au passage. Absolum ne manque pas de personnalité mais, justement, elle aurait mérité un travail d’écriture plus important.

La dernière petite déception, inhérente à l’un des genres auxquels appartient Absolum, est à chercher du côté de la lisibilité. Incroyablement beau et époustouflant en termes de détails et d’effets visuels en tout genre, doté d’une direction artistique généreuse et bien animé, Absolum inonde parfois un peu trop l’écran, au point qu’il est difficile de s’y retrouver. Dans l’absolu, ce n’est pas du tout rédhibitoire, mais c’est un petit défaut qui mérite d’être relevé.

Qu'est-ce que c'est beau…
Qu’est-ce que c’est beau… // Source : Dotemu

Des idées de structure très malines

Comme Absolum est un rogue-lite, il vous faudra plusieurs tentatives pour parvenir au bout de l’aventure. Et, entre chaque partie, vous aurez pris soin d’améliorer votre personnage avec des bonus passifs loin d’être négligeables. Absolum s’appuie aussi sur des compétences qui entraînent un caractère aléatoire qu’on finira par mitiger (la fameuse RNG, chère aux puristes). Votre réussite restera malgré tout très dépendante des récompenses que vous recevrez tout au long de votre parcours semé d’embûches — et avare en objets pour se soigner. Bref, vous allez être très dépendant du build, voire un peu trop (indice : vive le feu).

L’immense qualité d’Absolum se trouve dans sa structure, plus intelligente qu’on ne pourrait le croire. Concrètement, une run intègre quêtes, événements et même embranchements pour construire votre éventuel succès. Certaines voies peuvent s’avérer plus compliquées que d’autres, selon le principe du « high risk, high reward ». Il est nécessaire d’avoir un coup d’avance, sachant que la courbe d’apprentissage est grande, à l’instar de celle de la progression.

Quatre héros, un seul objectif
Quatre héros, un seul objectif. // Source : Dotemu

Bien sûr, un beat them all ne serait rien sans les sensations qu’il procure. Malgré son emphase sur les éléments rogue-lite, pensés pour renouveler le plaisir sans être pénibles, Absolum demeure ce jeu jouissif au sein duquel les (nombreux) combats en donnent pour leur argent. Ça cogne plutôt très fort dans Absolum, qui ne renie aucunement ses origines et sa fibre principale. Le feeling des coups, forts et faibles, est bon, tandis que le système d’esquive et de parades (en tapant au bon moment pour créer un clash) assure que l’école du skill est respectée. Pour s’en sortir face aux vagues d’ennemis, le placement et l’anticipation sont la clé.

Absolum surprend par ses secrets
Absolum surprend par ses secrets. // Source : Dotemu

Il est enfin primordial de souligner le design des boss (mention spéciale au roi des tombes, lequel va donner des cauchemars à bien des joueuses et des joueurs), la variété du bestiaire et la diversité des pouvoirs. Absolum est un jeu qui ne donne pas tout d’un coup, et parvient constamment à se renouveler pour ne pas tomber dans la redondance et la simple course à la puissance. Il transpire le travail bien fait et la maîtrise de bout en bout. L’évolution du beat them all, illustre genre, vers le rogue-lite, genre qui a le vent en poupe, fonctionne en tout cas du tonnerre, et on ne peut qu’en redemander.

Le verdict

Absolum est la rencontre réussie entre deux genres : celui des beat them all et celui des rogue-lite. En totale maîtrise, Dotemu, Guard Crush Games et Supamonks livrent un jeu malin dans sa structure, riche dans sa proposition et visuellement époustouflant. Surtout, il est d’une générosité débordante, avec des secrets qui rendent chaque tentative captivante, au-delà de la simple course à la puissance. On pardonnera alors à Absolum ses quelques errements dans la lisibilité en retrait, sa narration en retrait ou encore l’absence du cross-play (prévu pour plus tard), tant il est addictif et bien conçu. Vraiment, une pépite de 2025.
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