Le site internet de Nicolas Sarkozy, dont la seule réalisation technique et graphique a coûté près de 600 000 euros, est en partie responsable du rejet de ses comptes de campagne confirmé par le Conseil Constitutionnel.

Jeudi, les sages du Palais Royal ont suivi l'avis de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), et confirmé le rejet des comptes de la campagne 2012 de l'ancien président Nicolas Sarkozy. En réintégrant des dépenses qui avaient été écartées du compte de campagne déposé par le candidat UMP, le Conseil Constitutionnel a calculé que Nicolas Sarkozy avait dépensé 22,87 millions d'euros, alors qu'il ne devait pas dépasser 22,5 millions d'euros. Le coup est rude pour l'UMP, qui voit s'envoler quelques 11 millions d'euros de remboursement de frais de campagne, alors que la formation est déjà dans une situation financière très délicate.

La décision intégrale nous apprend que le site internet de campagne de Nicolas Sarkozy, La France Forte, qui avait permis au candidat d'affirmer qu'il avait "gagné la bataille Internet", avait coûté 1 050 088 euros, répartis en six postes. Mais pour que la dépense ne pèse pas de trop sur l'enveloppe totale accordée aux candidats, l'équipe de Nicolas Sarkozy avait prétendu que seuls 20 % de la facture liée à la réalisation technique du site devait être prise en compte, en appliquant un amortissement sur cinq ans.

Il était en effet prévu que le site internet perdure après la campagne électorale, pour servir de support de communication à l'UMP. En réalité, LaFranceForte.fr ne fait aujourd'hui que pointer vers le site officiel de la formation politique.

Généreuse, la CNCCFP avait accordé que 50 % seulement de la facture de réalisation soit prise en compte, ce qui semblait déjà généreux. Mais il est vrai que le site pouvait aussi servir aux élections législatives qui suivaient immédiatement. Nicolas Sarkozy demandait donc à ce que le Conseil constitutionnel revienne aux 20 % déclarés par l'UMP. 

Mais "il ne résulte pas de l'instruction que le ratio retenu par la commission pour le poste relatif à la réalisation du site serait, compte tenu de l'importance de la prestation exécutée pour la campagne du candidat, surévalué", indiquent les sages. "Par suite, la commission était fondée à procéder à la réintégration contestée".

Ce sont ainsi 175 453 euros qui ont été réintégrés dans les comptes de campagne. Ce qui implique que la réalisation du technique du site a coûté près de 585 000 euros (sic).

De quoi inciter peut-être les candidats à modérer leurs dépenses sur Internet lors de la présidentielle de 2017.

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