En matière d'espionnage informatique, tout n'est pas blanc ou noir. Mais certains tendent à grossir le trait. Ainsi, un rapport américain confidentiel, consulté par le Washington Post, pointe du doigt l'activisme de Pékin dans le domaine du cyber-espionnage. Des plans concernant des programmes militaires auraient été dérobés, notamment concernant l'avion F-35 et le système antimissile Patriot.

Afin de maintenir leur suprématie militaire, les États-Unis dépensent chaque année des centaines de milliards de dollars. Ainsi, le budget de la défense s'est élevé en 2011 à 550 milliards de dollars. Sur ce montant, une enveloppe de 3 milliards de dollars est allouée à l'agence des projets de recherche avancée (DARPA), chargée de concevoir des technologies novatrices destinées à un usage militaires.

L'avance des États-Unis en matière de défense suscite évidemment bien des curiosités. Les autres puissances s'intéressent de près aux programmes militaires américains, à commencer par la Chine. Le Washington Post évoque ainsi un rapport confidentiel dans lequel sont listés plusieurs projets qui auraient été compromis par des intrusions informatiques en provenance de Chine.

D'après le quotidien, les systèmes, vaisseaux et aéronefs suivants sont concernés : les avions multirôles F-35 Lightning II et F/A-18 Hornet, l'avion de transport  V-22 Osprey, l'hélicoptère UH-60 Black Hawk, la frégate LCS, le système de missile sol-air MIM-104 Patriot (PAC-3) et les système de missiles anti-balistiques THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) et ABMD (Aegis Ballistic Missile Defense).

L'objectif de Pékin est d'accélérer la modernisation de son armée, en gagnant du temps sur la recherche et le développement tout en réalisant de substantielles économies. Cependant, la défense chinoise progresse vite même sans l'aide de l'espionnage industriel. À titre d'exemple, sa marine a fortement progressé, au point d'arriver en deuxième position du classement (400 bâtiments, 255 000 hommes).

Bien entendu, l'espionnage industriel implique tout le monde. La Chine est loin d'être la seule à mettre au banc des accusés. Les autres pays, notamment occidentaux, se livrent aussi à ce genre d'activités, quand ce ne sont pas les industriels eux-mêmes. Le salon du Bourget est l'un des nombreux terrains de chasse pour les espions, avec le réseau des réseaux.

Outre le fait que la Chine est une fois encore pointée du doigt, au risque de voir certains politiques et experts verser dans le "péril jaune" pour réclamer une attitude plus ferme à l'égard de Pékin ou justifier une orientation politique (législation sur le cyberespace, crédits supplémentaires pour la défense…), les éléments qui auraient été dérobés peuvent-ils constituer un risque pour les USA ?

Car en effet, récupérer les plans de tel avion ou de tel bateau ne suffit sans doute pas. Il faut les décrypter puis concevoir les systèmes, les navires et les chasseurs en question. Il faut ensuite former le personnel et inclure ces nouveaux matériels dans une configuration militaire. Preuve en est avec le premier porte-avions chinois, le Liaoning : il faut par exemple réussir les appontages. L'acheter ne fait pas tout.

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