Microsoft a déposé un brevet sur une technologie qui vise à utiliser la caméra du Kinect, reliée à sa console Xbox, pour récompenser les spectateurs qui regardent des programmes télévisés, et leurs publicités.

Il y a bientôt 10 ans, l'ancien patron de TF1 Patrick Le Lay avait provoqué quelques réactions outrées, lorsqu'il avait expliqué que "à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit", et "pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible". 10 ans plus tard, le modèle économique de la télévision n'a pas changé, mais il est de plus en plus difficile de trouver du temps de cerveau disponible, lorsque les spectateurs peuvent saisir leur smartphone au moment des pubs, zapper sur une chaîne, ou plus simplement utiliser un magnétoscope numérique pour passer rapidement les publicités sur un programme pré-enregistré.

Partant de ce constat, Microsoft a eu une idée. Son système Kinect, qui sera proposé et amélioré avec la prochaine Xbox One, est une caméra braquée en permanence sur le téléspectateur, reliée à une console de jeu qui peut faire office d'ordinateur pour analyser ce qu'il voit. Il est donc possible de savoir quand le spectateur regarde la publicité, et de l'inciter à le faire en lui offrant des récompenses, comme à un gentil toutou qui donne la patte avant de manger son os.

La firme de Redmond, qui avait déjà imaginé utiliser Kinect pour compter le nombre des spectateurs lors des locations de films en VOD, a ainsi déposé un brevet publié il y a quelques jours aux Etats-Unis, sur un tel système qui propose de fixer des objectifs à atteindre aux spectateurs, et de les récompenser lorsqu'ils réussissent. 

Ces objectifs fixés au spectateur seront déterminés selon le brevet par "les créateurs, les publicitaires, les producteurs, etc.". Par exemple, illustre Microsoft, il peut s'agir de "récompenser le spectateur qui regarde la diffusion de chacun des épisodes d'une série en plusieurs épisodes". Mais bien sûr, l'objectif assigné peut aussi être de "regarder une ou plusieurs publicités" accompagnant une vidéo. Il peut également s'agir de montrer un objet devant la caméra, par exemple pour prouver que l'on a bien acheté un produit.

Selon le brevet, les récompenses octroyées peuvent prendre différentes formes, de l'augmentation d'un score virtuel jusqu'à la remise de cadeaux ou bons de réduction. Il pourra s'agir d'offrir des habits ou un vélo pour le personnage virtuel du compte Xbox associé au spectateur, ou même des échantillons de produits présentés par les annonceurs.

Et ça ne se limitera pas au téléviseur, grâce aux webcams et autres caméras présentes en façade sur les smartphones. "Les rapports de comportements de visionnage d'un contenu linéaire peuvent être reçus de n'importe quel appareil sur lequel l'utilisateur regarde le contenu vidéo linéaire", prévient Microsoft. "Par exemple, un utilisateur peut regarder un contenu vidéo linéaire sur un téléviseur, un ordinateur, et un téléphone mobile, et chacun de ces appareils peut être configuré pour tracer le comportement de visionnage de l'utilisateur et envoyer un rapport spécifique sur l'utilisateur au service promotionnel".

De quoi assurer à Coca-Cola de bénéficier d'un temps de cerveau particulièrement disponible.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés