Le fondateur de MegaUpload et de Mega menace de porter plainte en contrefaçon contre Facebook, Google et Twitter, s'ils ne l'aident pas à financer sa défense dans le cadre du procès qui lui est intenté aux Etats-Unis. Kim Dotcom a révélé jeudi qu'il détenait depuis 15 ans un brevet sur une technologie de sécurisation déployée par les trois acteurs du web.

Nous savions que les brevets pouvaient être utilisés comme une arme de dissuasion à l'encontre des concurrents ("si tu m'attaques pour ce brevet-là, je t'attaque pour celui-ci"). Mais ils peuvent aussi servir d'assurance vie ou de moyen de pression contre les grandes multinationales. C'est en tout cas ce que tente de faire le fondateur de Megaupload Kim Dotcom, qui a révélé ce jeudi qu'il était le titulaire d'un brevet déposé en 1998, censé lui conférer une exclusivité sur le système de sécurité par double authentification déployé ce matin par Twitter, et qu'avaient déjà mis en oeuvre Facebook ou Google.

Destiné à combattre les accès frauduleux aux comptes, la double authentification consiste à demander non seulement un mot de passe pour s'identifier sur un site, mais aussi un code complémentaire envoyé sur un appareil que seul l'utilisateur est censé détenir. Typiquement, il s'agit d'envoyer un code unique sur un téléphone mobile, par SMS, ce qui oblige les éventuels pirates à trouver non seulement le mot de passe, mais aussi à voler le mobile de la victime.

Or le brevet détenu par Dotcom, qu'il avait déposé sous son nom de naissance Kim Schimtz, décrit précisément un "procédé (qui) consiste à transmettre l'identification d'un utilisateur ou une identification de l'appareil d'entrée de données utilisé en même temps que la demande de génération ou de sélection d'un numéro de transaction ou d'un mot de passe similaire à partir d'un fichier de données à un calculateur autorisation".

"Le calculateur transmet le numéro de l'opération ou le mot de passe à un récepteur par l'intermédiaire d'une voie de transmission différente de la transmission de l'identification", précise le brevet.

Or aucune des grandes multinationales qui exploite la technologie ne paye de royalties à Kim Dotcom, qui n'avait jamais jusque là fait connaître sa détention d'un tel brevet. S'il l'a fait ce jeudi, c'est pour demander le concours des Facebook, Google et autres Twitter dans son procès contre les Etats-Unis, par lequel il souhaite dénoncer une démocratie corrompue.

"Je crois au partage des connaissances et des sociétés pour le bien de la société", indique Dotcom pour justifier de n'avoir jamais demandé de droits pour l'exploitation de son invention. "Mais je pourrais les poursuivre maintenant à cause de ce que les USA me font. Google, Facebook, Twitter, je vous demande votre aide. Nous sommes tous dans le même bateau du DMCA (la loi américaine sur la responsabilité pénale des hébergeurs et éditeurs de sites internet, ndlr). Utilisez gratuitement mon brevet. Mais s'ils vous plait, aidez-moi à financer ma défense".

"Toutes nos ressources sont toujours gelées sans procès. Défendre notre cause va nous coûter plus de 50 millions de dollars. Je veux me battre jusqu'à la fin, parce que nous sommes innocents".

Il paraît cependant peu probable que Google, Facebook ou Twitter cèdent à un tel chantage, et acceptent d'aider Kim Dotcom à financer sa défense. Il faudra des années avant qu'un tribunal ne donne éventuellement raison au patron de Mega et décide d'octroyer des dommages et intérêts, dans l'hypothèse où le brevet ne serait pas purement et simplement annulé, faute de réelle innovation au moment de son dépôt. Or l'état des finances de Kim Dotcom, dont le nouveau site Mega ne semble pas remporter le succès espéré, ne lui permet probablement pas d'intention dans la durée une action en contrefaçon contre des géants du web.

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