Certains voudront y voir une tentative de discréditer le journal payant. Au centre des révélations qui secouent le monde politique, le site Mediapart a fait savoir mercredi qu'il avait été victime d'un piratage orchestré depuis un serveur situé à l'étranger, et que les RIB d'une "petite partie de (ses) abonnés" ont été extraits.

Mauvaise nouvelle pour Mediapart, qui a néanmoins le bon réflexe de communiquer rapidement sur cette affaire. Au moment où le journal en ligne gagne certainement nombre d'abonnés supplémentaires grâce à l'événement politique et judiciaire provoqué par les conséquences de son enquête sur le compte suisse de Jérôme Cahuzac, Mediapart annonce mercredi qu'il a été victime d'attaques informatiques et d'une intrusion réussie sur une partie de ses données.

"Hélas, malgré notre vigilance, nous avons dû constater qu’une intrusion, masquée depuis un serveur anonyme étranger, a réussi, dans la journée du lundi 8 avril. Elle a pu faire une brèche dans nos défenses, de 12 h 53 à 15 h 49, avant que nous ne réussissions à la contrer", explique le journal d'Edwy Plenel.

Les seules données sensibles qui auraient été dérobées seraient celles des RIB des quelques abonnés à Mediapart qui payent par prélèvement bancaire plutôt que par une plateforme sécurisée basée sur les numéros de carte de paiement. Le site ne précise pas le nombre des RIB qui ont ainsi pu être obtenus par les assaillants, mais se veut rassurant, "la possession d’un RIB n’exposant pas aux mêmes possibilités de fraude qu’un numéro de carte de crédit".

Il assure que "les données de paiement par cartes bancaires de nos abonnés, totalement externalisées auprès d'un partenaire extérieur spécialisé et sécurisé, ont été préservées", de même que l'ensemble des contenus hébergés sur le site.

"Nous vous présentons toutes nos excuses pour cette attaque que nous n’avons pas réussi à parer dans l’instant. Nous vous assurons que, depuis, toute notre équipe technique ainsi que nos prestataires informatiques sont mobilisés pour renforcer la sécurité des accès à Mediapart et protéger votre journal de ceux qui lui veulent du mal", conclut le journal.

Mediapart indique qu'il a bien sûr déposé plainte, et qu'une enquête est d'ores-et-déjà menée par le BEFTI, la Brigade d'enquête sur les fraudes aux technologies de l'information.

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