Denis Olivennes, directeur de la Fnac, était invité hier sur le site lestelechargements.com pour défendre le droit d'auteur au travers d'un chat. Mais la Fnac est-elle encore essentielle sur Internet ?

Après la fermeture des commentaires sur les vidéos des artistes (dont celle de Jean-Jacques Goldman, qui semble ignorer que sa propre musique est indisponible en téléchargement légal), lestelechargements.com font place aux chats éducatifs. Hier, c’était le directeur de la Fnac, M. Denis Olivennes, qui se prêtait au jeu.

On a pu ainsi lire que le responsable du plus grand disquaire français et l’un des plus grand vendeurs d’iPods « trouve tout a fait normal que les producteurs protègent les disques ou les fichiers, [mais] trouve absolument anormal que ce ne soit le même système de protection pour tous les appareils« . « Je suis pour les DRM, mais des DRM qui permettent ce qu’on appelle l’interopérabilité, c’est à dire la lecture sur tout lecteur de son choix« , a ainsi clamé M. Olivennes qui n’a pas expliqué comment contraindre les géants Apple et Microsoft à se mettre d’accord. On y réfléchira plus tard, sans doute, lorsque ce sera trop tard.

Mais surtout il fallait encore une fois relever ce chiffre incroyable que Denis Olivennes dresse comme argument en faveur de la Fnac. « Savez-vous, demandait-il, « que sur les 200 000 disques différents que vend la FNAC chaque année, 190 000 se vendent à moins d’un exemplaire par FNAC et par an » ? « Cela veut dire que si nous n’étions pas là, les artistes de ces disques n’existeraient simplement pas« , affirme-t-il haut et fort !

Quelle défense de la diversité culturelle ?
Faisons un calcul rapide. Il existe en France 176 enseignes Fnac. 177 si l’on ajoute Fnac.com. Sur une moyenne haute d’un CD vendu 20 euros au client par la Fnac, la maison de disque a touché au mieux 14 euros. Les artistes touchent moins de 10 % de ce prix de gros en royalties, soit 1,4 euros, auxquels s’ajoutent environ 1 euro de droits à la Sacem, qui retiendra 20 centimes de frais de gestion. Au total donc, et en étant optimistes, les auteurs, compositeurs et interprètes gagnent ensemble 2,2 euros par CD vendu. 190.000 disques se vendent, nous dit M. Olivennes, à moins d’un exemplaire par an et par magasin. Ce qui nous fait au mieux environ 390 euros (2,2 x 177) par disque et par an, pour l’ensemble du groupe Fnac.

Comment avec un tel résultat peut-on encore se proclamer indispensable à la diversité culturelle et prétendre que le téléchargement nuit à la création artistique ?

Comment justifier que la Fnac et une poignée d’autres distributeurs restent les seuls autorisés à diffuser légalement les disques de ces artistes ?

95 % des disques vendus par la Fnac rapportent moins de 1,1 euros par jour à leurs artistes auteurs, compositeurs et interprètes ! C’est sûr, à la vue de ces chiffres, comment ne pas se dire qu’il faut tuer le P2P et lutter contre une licence globale qui rémunérerait les artistes ?

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