Quand le Gouvernement décide de créer un "espace contributif" pour permettre au public de soumettre des propositions aux Assises de l'Entrepreneuriat... et n'attends pas de recevoir toutes les idées pour en faire le tri.

Mise à jour : Alors que le gouvernement présente ce lundi les conclusions des Assises de l'Entrepreneuriat, il est notable que nous n'avons jamais eu de retour à la proposition que nous avions formulée dans l'espace prétendument contributif, qui n'était pas public. Le seul e-mail que nous avons reçu était celui, généré automatiquement, confirmant bonne réception de notre soumission. Notre proposition a pu être lue, ou jetée à la poubelle. Nous n'en saurons rien. Preuve qu'il ne suffit pas d'affirmer faire de la démocratie participative pour en faire réellement.

Article du 18 février 2013 – Le mois dernier, nous avions regretté que les Assises de l'Entrepreneuriat ne soient pas réalisées avec autant de démocratie participative que ce que la communication officielle du gouvernement laissait entendre. En effet, Bercy avait mis en ligne un "espace contributif" qui permettait au public de soumettre des réflexions ou des propositions sur la création d'entreprise et l'innovation, mais l'on avait vu qu'aucune de ces contributions n'était publiée (officiellement pour des questions de confidentialité, sans même qu'il soit demandé au contributeur s'il souhaite que sa contribution reste confidentielle), et qu'aucun débat en ligne n'était organisé.

"Votre proposition, si elle est retenue, fera l’objet d’une restitution lors de la journée de clôture des Assises de l’entrepreneuriat, en avril prochain", indiquait le Gouvernement aux contributeurs. "Si elle est retenue", sans être débattue publiquement. L'espace contributif se résumait à une simple boîte à idées que seuls les organisateurs peuvent ouvrir.

Cet "espace contributif" du site de Bercy fermait ses portes vendredi soir. Les internautes avaient donc jusqu'à cette date pour soumettre leurs réflexions et leurs propositions. Mais sans attendre ce délai, les 9 groupes de travail formés pour les Assises de l'Entrepreneuriat ont "porté à la connaissance du comité de pilotage, par la voix de leurs chefs de file respectifs, un ensemble de 90 propositions", indiquait le ministère du redressement productif… dès vendredi après-midi. Les groupes de travail n'ont pas attendu de recevoir toutes les contributions du public pour dégager leurs propositions.

On ne pouvait donc lire qu'avec humour, vendredi dernier, que "les propositions issues des groupes de travail ont pris en compte les 600 contributions écrites déposées à ce jour sur le site internet des Assises (…) qui accueille les propositions de toutes celles et de tous ceux qui le souhaitent jusqu’à ce soir".

Enfin, des 90 propositions qui lui ont été soumises, le Gouvernement lui-même a "demandé aux chefs de file des groupes de travail de creuser plus particulièrement 55 pistes de propositions". Là non plus, on ne saura pas sur quels critères les autres ont été écartées. On ne sait même pas, pour le moment, quelles sont ces 55 pistes. 

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