Le piratage pour combattre les ventes d'armes ? Alors que la tuerie de Newtown pourrait créer une véritable prise de conscience chez les Américains du danger de la libre circulation des armes à feu, le réalisateur Michael Moore demande aux internautes de regarder et de partager gratuitement son documentaire Bowling For Columbine, sorti il y a 10 ans.

En réaction à la tuerie de Newton, le réalisateur Michael Moore a fait savoir qu'il ne souhaitait pas s'exprimer dans les médias, l'ayant déjà beaucoup fait depuis la publication de son film Bowling For Columbine. Sorti en 2002, le film dénonçait il y a déjà dix ans la menace que représente pour les Américains la liberté de circulation des armes aux Etats-Unis, en opérant une comparaison au contraste saisissant avec le Canada, au nord de la frontière.

Plutôt que de s'exprimer sur les plateaux de télévision, Michael Moore souhaite que son documentaire soit vu et revu. Et il ne veut pas en tirer le moindre centime. Le réalisateur a donc lui-même publié sur Twitter un lien vers la version intégrale de son film sur YouTube, uploadée le 29 avril 2011 par un internaute qui n'a aucun lien avec Moore ou son producteur.

Ce n'est pas une surprise venant de Michael Moore, puisque le réalisateur américain a souvent encouragé la diffusion gratuite de ses documentaires engagés sur Internet. "Je ne suis pas d'accord avec les lois de droit d'auteur et je n'ai aucun problème avec les gens qui téléchargent mon film et le partagent avec les gens tant qu'ils n'essayent pas de faire du profit sur mon travail", avait déclaré Michael Moore en 2004, lorsque son film Fahrenheit 9/11 avait été primé d'une palme d'or à Cannes, et était piraté sur BitTorrent.

Le réalisateur avait aussi diffusé gratuitement Slacker Uprising, un film mis en ligne en 2008 pour contrer la candidature du Républicain John McCain

Pour Michael Moore, le partage entre particuliers devrait être légalisé. "Si j'achète un bouquin et que je lis, et qu'ensuite je vous donne le livre pour que vous le lisiez, je n'ai enfreint aucune loi. Pourquoi est-ce que ça ne serait pas vrai pour tous les médias ?", explique-t-il.

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