Les bourdes des techniciens puis des avocats de Michael Moore ne sont peut-être finalement pas le reflet d’une méconnaissance ou d’une incompétence technique, mais celle d’une habile maladresse volontaire destinée à contourner sans en avoir l’air les restrictions posées par le droit d’auteur. On se souvient en effet que le réalisateur américain a souhaité proposer gratuitement son dernier film Slacker Uprising en téléchargement sur Internet, mais que l’offre s’est retrouvée limitée aux seuls internautes américains et canadiens. Or les techniciens du site ont utilisé BitTorrent et des trackers publics pour offrir le film en téléchargement, ce qui l’a rendu accessible au monde entier sans restriction possible… et les avocats ont réagi mollement en contactant la mauvaise société pour exiger le retrait du fichier .torrent.

Interrogé par TorrentFreak sur ses intentions réelles, Michael Moore a expliqué qu’il n’avait pas d’autre choix que de faire semblant de faire respecter les droits d’exclusivité cédés aux exploitants étrangers. « Qu’est-ce que vous croyez que je fais ?« , demande Moore. « Je sais que ça ne doit pas paraître évident pour tout le monde, mais je pense que vous les gars vous avez compris. Je possède uniquement les droits américains et canadiens. Donc mes mains sont liées. Mais nous sommes au 21ème siècle, c’est quoi ‘les droits géographiques’ ?« , s’interroge le réalisateur.

« Je vais le redire pour la centième fois« , insiste Michael Moore, « si j’achète un bouquin et que je lis, et qu’ensuite je vous donne le livre pour que vous le lisiez, je n’ai enfreint aucune loi. Pourquoi est-ce que ça ne serait pas vrai pour tous les médias ?« .

Très juste. C’est bien pour ça que les éditeurs de livres et de journaux misent de plus en plus sur les livres électroniques et leurs DRM, pour s’assurer que les ouvrages ne puissent plus passer de main en main ou, pire, être revendus d’occasion. Ca ferait un bon sujet de documentaire pour Michael Moore.

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