En première ligne dans la guerre des brevets, Google et Apple ne se sont jusqu'à présent pas attaqués directement. Les deux entreprises se sont plutôt affrontées via d'autres sociétés. Une situation dont Eric Schmidt, l'ancien PDG de Google, fait mine de s'étonner.

Le secteur high tech connaît depuis quelques années une véritable explosion du nombre de plaintes liées à la propriété intellectuelle. Des entreprises de premier plan comme Samsung, Apple, Google, Oracle, HTC, Motorola, Microsoft ou encore RIM se livrent une guerre sans merci devant les tribunaux ou les organismes compétents, chacune accusant l'autre (ou plutôt les autres) d'enfreindre ses brevets.

Certaines firmes paraissent néanmoins tout faire pour éviter le choc frontal. C'est manifestement le cas d'Apple et Google, puisque les deux entreprises ne se sont pas attaquées directement. Bien sûr, les deux géants se battent indirectement, à la manière des USA et de l'URSS lors de la Guerre Froide. Ainsi, Apple s'en prend régulièrement à Android, qu'il accuse de contrefaçon, ainsi qu'aux partenaires de Google, comme HTC.

Cette tactique n'a pas échappé à Google. Dans un entretien accordé au Wall Street Journal, le président du conseil d'administration de Google a même feint la surprise. Reconnaissant que les deux sociétés observent naturellement les stratégies juridiques mises en place dans le camp d'en face, Eric Schmidt a néanmoins fait part  de son étonnement à l'égard de la tactique d'Apple.

"Une partie des conversations que nous avons en permanence [chez Google] est de parler d'eux", a déclaré l'ancien directeur général de Google. "Il est extrêmement curieux qu'Apple a choisi de poursuivre les partenaires de Google et non pas Google lui-même", en référence aux initiatives prises contre HTC et Motorola, qui exploitent Android, le système d'exploitation mobile de Google et grand rival d'iOS.

Si Google fait mine de s'étonner, l'entreprise américaine n'est toutefois pas mécontente de maintenir une certaine distance avec Apple. Les échanges téléphoniques entre les équipes dirigeantes des deux entreprises visent sans doute à limiter un affrontement direct. À croire qu'un téléphone rouge a été installé entre Cupertino et Mountain View, afin de ne pas mal interpréter les mouvements adversaires.

Cependant, Google arme les adversaires directs d'Apple. Dès lors, le parallèle avec les nations fait par Eric Schmidt n'est sans doute pas le plus réfléchi, au regard de l'histoire martiale du monde. "La manière adulte de gérer une affaire, c'est de la mener comme on dirige un pays. Les pays ont des différends, mais ils sont encore capables de maintenir de forts liens commerciaux entre eux".

"Ils ne s'envoient pas mutuellement des bombes", a-t-il poursuivi. "Je pense qu'aussi bien Tim Cook [le patron d'Apple, ndlr] que Larry Page [le directeur de Google], d'une certaine façon les successeurs de Steve Jobs et moi-même si vous voulez, en ont bien conscience. Lorsque que les deux équipes se rencontrent, ils ont juste une longue liste de choses à aborder".

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