En première ligne sur les projets politiques concernant le numérique, la Quadrature du Net dépend en grande partie des dons des internautes, pour lesquels le collectif se bat. Mais si ce financement est gage d'indépendance, il est également très fragile. Malgré l'enjeu, les dons n'affluent pas vite.

Résumer l'action de la Quadrature du Net en quelques lignes ne serait pas justice au collectif citoyen, engagé depuis quatre ans dans la défense des droits et libertés des internautes dans l'espace numérique. Droit d'auteur, liberté d'expression, vie privée, neutralité des réseaux, filtrage du net, paquet Télécom, traité ACTA…et bien sûr Loppsi et Hadopi sont autant de sujets dans lesquels l'association s'est impliquée.

Mais la structure mise en place en 2008 demeure fragile, très fragile. Ce n'est pas la première fois que le signal d'alarme est tiré. Il y a deux ans, Benjamin Bayart avait critiqué en filigrane la légèreté avec laquelle les internautes sensibles à ces problématiques soutiennent la Quadrature du Net. Sans financement, le collectif ne pourra plus poursuivre son action qui consiste, notamment, à aller au plus près des élus.

Deux ans plus tard, les craintes sont toujours présentes.  Actuellement, le compteur sur la page des dons affiche un peu plus de 57 000 euros de dons depuis le début de l'année. Cela représente environ 46 euros par personne, puisque 1235 dons ont été enregistrés. Mais la Quadrature du Net vise le cap des 100 000 euros pour disposer d'une marge de manœuvre satisfaisante.

"Ils font le travail de veille. Ils font le suivi des politiques. Mais c'est une structure infiniment fragile. Tout repose sur quelques salariés très engagés, mais peu nombreux, et sur une armée de bénévoles. Son financement est précaire", rappelait fin novembre le président de French Data Network (FDN). Et l'aide de la Fondation Soros, qui apporte environ 40 % du budget, soit environ 50 000 euros, ne suffit pas.

L'appel aux dons est un mode de financement imparfait, reconnaît de toute façon la Quadrature du Net. "Ce mode de fonctionnement garantit notre indépendance, mais rend incertaine la pérennité de notre financement et de notre action".

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