Depuis deux mois, les autorités polonaises cherchent à limiter la diffusion des photos des cadavres des passagers de l'avion présidentiel qui s'est écrasé en 2010. Diffusées depuis cet automne, elles montrent notamment des corps brûlés. Certains de ces clichés sont suspectés d'être hébergés aux USA, en Allemagne et en Russie. Des demandes de suppression ont été formulées, mais seule la Russie y a répondu favorablement.

L'accident de l'avion présidentiel polonais en Russie, il y a deux ans, fait sans nul doute partie des plus grands drames qu'a dû affronter la Pologne au cours de son histoire récente. Alors en route pour les cérémonies commémoratives du 70ème anniversaire du massacre de Katy ?, le Tupolev 154 s'est écrasé à quelques centaines de mètres de la piste d'atterrissage.

Aucun passager n'a survécu. En plus des membres d'équipage et du bureau de protection du gouvernement, l'accident a tué 80 Polonais appartenant à la délégation présidentielle. Ces derniers étaient des hauts gradés de l'armée, des parlementaires, des représentants religieux, des membres de l'exécutif ou encore des personnalités civiles. Pour Lech Wa ??sa, le pays a tout simplement perdu son élite ce 10 avril 2010.

Deux ans après la catastrophe, le sujet reste sensible en Pologne. Selon des médias russes et polonais cités par The Next Web, le parquet de Varsovie a demandé aux autorités américaines, allemandes et russes de bloquer l'accès à certaines photos relatives à l'accident d'avion pour des considérations éthiques, au motif qu'elles montrent les cadavres des passagers dans un état assez dégradé.

Selon nos confrères, seule la Russie a accepté de coopérer avec le parquet de Varsovie sur ce terrain. Les représentants des autorités américaines et allemandes ont décliné la requête, au motif que la neutralisation de ces contenus ne pouvait pas se faire sans l'intervention d'un juge judiciaire. Une mise hors ligne des serveurs concernés (et situés dans ces trois pays) ou un blocage au niveau des FAI serait illicite.

Ce n'est pas la première fois que la Pologne tente de limiter la diffusion de ces clichés. Une première requête avait été formulée en octobre, le premier ministre invitant en outre les médias à ne pas les montrer. La demande des autorités polonaises, si elle peut se comprendre, risque toutefois de piquer la curiosité des internautes et entraîner l'effet contraire de celui recherché, en poussant ces derniers à les propager.

( photo : domaine public Stauffenberg )

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