Après avoir choisi le Gabon, qui a fermé le nom de domaine illico-presto, Kim Dotcom annonce que Mega sortira avec un nom de domaine hébergé en Nouvelle-Zélande. Véritable test démocratique imposé à un pays ami des Etats-Unis, ou provocation supplémentaire visant à faire la publicité d'un service qui pourrait ne jamais sortir ?

Mieux vaut une république démocratique imparfaite qu'une république bananière aux ordres pour héberger un nom de domaine. C'est la leçon que semble vouloir tirer Kim Dotcom de la mésaventure arrivée à son nom de domaine Me.ga, fermé sur ordre du gouvernement du Gabon avant-même le lancement du site, par simple présomption d'illégalité future. Il aura sans doute suffit d'un coup de fil des Etats-Unis (ou de la France) pour que le gouvernement d'Ali Bongo rende ce service, au mépris de toutes les règles de respect de la présomption d'innocence et de l'indépendance de la justice.

Dès lors, Kim Dotcom a fait savoir que le prochain nom de domaine de Mega sera Mega.co.nz, et que la date de lancement du site reste programmé au 19 janvier 2013, date anniversaire de l'arrêt de Megaupload.

"Le système judiciaire fonctionne en Nouvelle Zélande", explique Kim Dotcom à TorrentFreak. "Les juges sont indépendants et ne sont pas influencés par les politiques. Ca a été notre expérience jusque là", indique celui qui n'a cessé de crier aux vices de procédures depuis le début de l'affaire MegaUpload. Mais l'homme d'affaires fait le distingo entre le pouvoir exécutif, à qui il reproche son empressement et ses égarements, et le pouvoir judiciaire qui lui a été plutôt favorable dans ses décisions provisoires.

Calcul ou provocation ?

"Le premier ministre John Key peut avoir autant de dîner qu'il veut avec des cadres d'Hollywood et des lobbyistes du droit d'auteur. Le fait est que le gouvernement néo-zélandais, qui a agi comme un auxiliaire du gouvernement américain, n'est pas au dessus de la loi", estime Dotcom. Pour fermer Mega.co.nz, il faudra prouver son illégalité devant un tribunal. "Une chose est certaine, le nouveau Mega sera un succès commercial. Il nous permettra de financer la meilleure équipe de défense judiciaire que l'argent peut offrir (…) nous allons faire travailler jour et nuit les juristes du Département Américain de la Justice pendant que nos utilisateurs profitent d'une nouveau Mega réellement innovant".

De notre côté, nous continuons à nous demander si Kim Dotcom n'est pas dans une simple opération de communication. Il est en effet possible que le fondateur de MegaUpload n'ait pas du tout l'intention de lancer Mega, mais qu'il entretient le buzz par simple plaisir de voir les ayants droit et les autorités s'agiter. Récemment, les USA ont rappelé que le lancement de Mega renverrait Kim Dotcom en prison, pour violation des conditions de sa liberté sous caution. Le renoncement total à Mega pourrait lui permettre de négocier sa remise en liberté définitive, et lui donner les mains libres pour son vrai projet, beaucoup plus sérieux : Megabox.

Si Kim Dotcom voulait vraiment mettre Mega à l'abri, le plus sûr ne serait pas de prendre un nom de domaine dans un pays du Common Wealth, ni dans un pays africain dont le gouvernement est aux ordres, mais dans un pays qui n'a aucune intention de rendre service aux Etats-Unis. Par exemple… en Equateur ? 

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