Une étude menée pour la Commission Européenne montre que les Français sont parmi les Européens les plus pessimistes sur l'impact social de la robotique, et qu'ils ne font pas confiance aux robots pour les activités les plus sensibles sur le plan humain.

Sommes-nous un pays de frileux réactionnaires ? La Commission Européenne a demandé à TNS Sofres de questionner 26.751 Européens sur leur rapport à la robotique, et il ressort de l'étude (.pdf) que les Français figurent parmi les plus critiques lorsqu'ils sont interrogés sur leur rapport aux robots. 67 % des Français interrogés disent avoir une image positive des robots, ce qui les place seulement en 20ème position, loin derrière l'opinion positive exprimée par les habitants nordiques de Suède (88 %), Danemark (88 %), Pays-Bas (87 %), ou Finlande (85 %).

Lorsque l'on observe le détail, on remarque que les Français ont surtout des craintes sociales liées aux robots. La France est le 4ème pays d'Europe sur 28 où l'on doute le plus que la robotique puisse apporter des emplois, si possible moins pénibles. Pire, les résultats nationaux (.pdf) montrent que 74 % des Français estiment que les robots "volent le travail des gens", soit quatre points de plus que la moyenne européenne :

La Commission Européenne remarque qu'il se dégage à ce sujet une fracture nord-sud en Europe, entre les pays du nord qui estiment le moins que la robotique est une menace pour l'emploi (51 % aux Pays-Bas, 55 % en Finlande…), et les pays du sud où la crainte est la plus vive (89 % au Portugal, 84 % en Espagne, 83 % en Grèce…).

Par ailleurs, les Français n'ont pas confiance dans les robots pour réaliser des tâches sensibles auprès de leurs êtres aimés. Par exemple, 95 % des Français interrogés se disent "mal à l'aise" à l'idée qu'un robot puisse veiller sur un enfant ou une personne âgée, soit 9 points de plus que la moyenne européenne. Idem pour promener le chien (75 % de personnes mal à l'aise, contre 69 % en moyenne). 56 % des Français estiment qu'il n'est pas question d'utiliser des robots pour l'enseignement, contre 34 % dans le reste de l'Europe.

En revanche, les Français sont plus à l'aise à l'idée qu'un robot puisse réaliser une opération médicale (45 % à l'aise, contre 41 %). Et ils préfèrent que les robots soient utilisés pour l'exploration spatiale (56 %), la fabrication (49 %), ou les secours (49 %).

Curieusement, alors que les robots aspirateurs ou autres tondeuses autonomes se développent à grande vitesse, seuls 13 % des Européens estiment que les robots devraient être utilisés en priorité pour les taches ménagères (15 % en France).

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