Le Guardian a publié l'intégralité de la lettre dans laquelle la Grande-Bretagne a fait part mercredi à mots voilés de sa menace de retirer à l'ambassade de l'Equateur la valeur diplomatique de ses locaux, pour pouvoir y pénétrer et arrêter Julian Assange.

Un ancien embassadeur britannique a publié un billet dans lequel il affirme, "de source privée", que la Grande-Bretagne a accepté d'aller chercher Julian Assange dans l'enceinte de l'embassade équatorienne, "après une pression immense de la part de l'administration Obama", en violation du droit international.

Voici notre traduction de la lettre (nous avons mis en gras les passages les plus "menaçants") :

Nous avons été informés, et surpris par des rapports de presse ces dernières 24 heures, que l'Equateur est prête à prendre une décision et propose d'accorder l'asile à M. Assange. Les rapports citent des sources officielles. Nous notons que le Président (équatorien) a indiqué qu'il n'y avait encore aucune décision de prise.

Nous sommes préoccupés, si c'est vrai, par le fait que cela pourrait saper nos efforts à nous mettre d'accord sur un texte commun qui définissant les positions des deux pays, permettant à M. Assange de quitter l'Ambassade.

Comme nous l'avons précédemment indiqué, nous devons respecter nos obligations légales en vertu de la Décision-Cadre relative au mandat d'arrêt européen et à la Loi sur l'Extradition de 2003, d'arrêter M. Assange et de l'extrader en Suède. Nous demeurons résolus à travailler avec vous à l'amiable pour régler cette question. Mais nous devons être absolument clair sur le fait que cela signifie que si nous recevons une demande de transport sûr (safe passage) pour M. Assange, après octroi de l'asile, cela serait refusé, en ligne avec nos obligations légales.

Dans ce contexte, et compte tenu des déclarations de ces dernières 24 heures, nous nous espérons que vous êtes prêts à continuer à collaborer avec les discussions diplomatiques en cours. Nous continuons de croire qu'une solution est possible sur la base d'un texte commun d'accord, qui accompagnerait la sortie de M. Assange de l'ambassade, et conduirait à son extradition.

Nous avons un autre réunion prévue le jeudi 16 août. Compte tenu des déclarations faites à Quito pendant la nuit, au sujet d'une décision imminente, devrions-nous comprendre que cette réunion sera la dernière pour accepter un texte commun ? Nous devons rappeler que nous considérons que l'utilisation continue des locaux diplomatiques de cette manière est incompatible avec la CVRD (Convention de Vienne sur les relations diplomatiques) et insoutenable, et que nous avons déjà été clairs avec vous sur les conséquences graves pour nos relations diplomatiques.

Vous devez être conscient qu'il existe un fondement juridique au Royaume-Uni dans la Loi sur les locaux diplomatiques et consulaires qui nous permet de prendre des mesures pour arrêter M. Assange dans les locaux actuels de l'ambassade. Nous espérons vivement ne pas en arriver là, mais si vous ne pouvez pas résoudre le problème de la présence de M. Assange dans vos locaux, c'est une voie qui nous est ouverte.

Nous comprenons l'importance qu'ont pour vous les questions soulevées par M. Assange, et la forte pression du public dans le pays. Mais nous devons tout de même résoudre la situation sur le terrain, ici au Royaume-Uni, en ligne avec nos obligations légales. Nous nous sommes efforcés de mettre au point un texte commun, qui aiderait à satisfaire à la fois vos inquiétudes, et les besoins de représentation.

Nous croyons qu'un texte commun et une renonciation volontaire par M. Assange est la meilleure voie à suivre.

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