L'issue de l'élection présidentielle américaine sera-t-elle affectée par les déboires du vote électronique ? Une étude menée par deux organismes et une université s'en inquiète. Elle pointe les faiblesses des systèmes mis en place dans certaines circonscriptions et invite les États concernés à se mettre à niveau au plus vite.


Le 6 novembre prochain se déroulera l'élection présidentielle américaine. À cette occasion, plusieurs millions d'électeurs se déplaceront pour désigner le prochain président. Mais à quelques mois du scrutin, une étude conduite (.pdf) par deux organismes (Common Cause et Verified Voting Foundation) et la faculté de droit de l'université Rutgers s'inquiète des effets néfastes du vote électronique sur le décompte final.

"Le jour des élections, le 6 novembre, les enjeux seront élevés. Un certain nombre de scrutins seront très serrés et pourraient se jouer à quelques voix près. […] Il est hautement probable que des systèmes électroniques de vote ne fonctionneront pas à travers le pays. En fait, dans chaque élection nationale au cours de la décennie passée, les systèmes de vote électronique ont failli", résument les auteurs du rapport.

Machines qui ne démarrent pas, plantage pendant le vote, cartes mémoires illisibles, bulletins électroniques perdus… les problèmes ne manquent pas. "Nos élections sont si complexes, avec tellement de juridictions différentes et de technologies impliquées que les soucis sont inévitables. Et à mesure que la technologie utilisée se complexifie, l'éventualité d'une erreur a sensiblement augmenté".

Impossible évidemment de ne pas avoir en tête l'élection présidentielle de 2000, où le duel entre George W. Bush et Al Gore s'est joué en Floride, l'un de ces fameux États pivots (swing state) où ni le parti républicain ni le parti démocrate n'a vraiment l'ascendant. Les résultats finaux ont séparé les candidats de 537 voix, ce qui a conduit plusieurs recours devant la Cour suprême et la plus haute juridiction de Floride. Sans succès.

Ce scénario, Common Cause, Verified Voting Foundation et la faculté de droit de l'université de Rutgers veulent l'éviter. En effet, certains États-clés peuvent faire basculer une élection dans un sens ou dans l'autre. Le moindre soupçon sur la sincérité du scrutin, le moindre problème de décompte des bulletins, et c'est l'image de la "plus grande démocratie du monde" qui est ternie.

Dans le rapport, quelques États américains sont ainsi invités à prendre des mesures pour atteindre de meilleurs standards de fiabilité et de contrôle. C'est le cas de la Louisiane et du Mississippi. Cependant, des efforts sont à faire partout, selon le rapport. Six États obtiennent une note moyenne satisfaisante : le Minnesota, le Wisconsin, l'Ohio, New York, le Vermont et le New Hampshire.

Pour corriger ces défauts, plusieurs pistes sont avancées. Une sauvegarde sur papier doit être systématiquement réalisée, afin de procéder, si nécessaire, à un nouveau décompte ou un audit. "Il faut des bulletins en papier […] si les ordinateurs ou Internet ne fonctionnent plus", expliquent les auteurs du rapport. Le vote par Internet est d'ailleurs critiqué, celui-ci pouvant être altéré et affecter le secret du vote.

( photo : CC BY-NC-ND Robin Stevens )

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