Le gouvernement songerait à revenir sur la loi Chatel, qui assure la gratuité des temps d'attente des hotlines des opérateurs, et apporte certaines protections aux consommateurs. Mais il faut aller encore plus loin...

Ce mardi matin, le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg et la ministre déléguée à l'économie numérique Fleur Pellerin ont convoqué les dirigeants des quatre opérateurs mobiles, pour parler emploi. Stéphane Richard (Orange), Martin Bouygues et Stéphane Roussel (SFR) se sont rendus à la réunion, alors que Xavier Niel (Free) l'a boudée, préférant envoyer Cyril Poidatz, le président d'Iliad. Et pour cause ; Free est accusé par le ministre Montebourg d'être responsable de la destruction d'emplois dans le secteur des télécoms par sa chasse aux prix forts, alors que l'opposant Montebourg s'était félicité de l'effet de l'arrivée de Free sur le pouvoir d'achat des Français.

La réunion au sommet fait suite à l'annonce de plans sociaux par Bouygues Télécom et SFR, imputés à l'arrivée de Free Mobile début 2012 alors que le secteur avait déjà perdu 32 000 emplois en dix ans. 

Selon les rumeurs, le gouvernement voudrait remettre à plat la loi Chatel qui, depuis le 1er juin 2008, impose notamment la gratuité des temps d'attente des hotlines des opérateurs. "L'intention du gouvernement est de remettre à plat, de détricoter la loi Chatel et d'alléger les contraintes des opérateurs à l'égard des consommateurs", indique une source proche du dossier à La Tribune. Dans ce cadre, le gouvernement pourrait aussi rayer l'article de la loi Chatel qui permet aux consommateurs de se libérer avant terme de leur engagement de 24 mois, en ne payant que 25 % du montant restant dû après la première année.

En contrepartie, les opérateurs s'engageraient à re-localiser en France leurs centres d'appel, pour (re)créer environ 12.000 emplois en France.

Mais il faut aller plus loin ! Tout cela manque terriblement de courage politique.

Pour le redressement productif en France, il faut obliger les opérateurs mobiles à livrer des services de piètre qualité, buggés jusqu'à la moelle, pour contraindre les consommateurs à appeler plus souvent leur hotline, désormais payante. Ainsi non seulement les emplois seront recréés en France, mais en plus de nouveaux emplois seront créés pour répondre à un nouvel afflux d'appels. Et tant pis pour les emplois qui seront détruits dans d'autres secteurs sacrifiés par les économies que devront faire par ailleurs les mêmes consommateurs, au pouvoir d'achat limité. Qu'importent les arbitrages, tant qu'ils sont faits au bénéfice des opérateurs mobiles et de leurs employés de plateformes d'appels au travail aussi stressant que sous-payé.

Nous proposons aussi que les forfaits illimités à bas coût soient interdits et que les opérateurs mobiles aient l'obligation de dégager davantage de marge opérationnelle pour payer leurs salariés et leurs actionnaires. Songez qu'au premier trimestre 2012, SFR seul n'a dégagé que 561 millions d'euros de résultat ajusté, ce qui ne lui permettrait d'embaucher qu'entre 100 000 et 150 000 salariés au SMIC si tout était réinvesti dans l'embauche. Dans ces conditions, il est logique de faire payer la perte d'emplois aux consommateurs.

Il faut aussi, c'est très important, interdire les forfaits à moins de 10 Euros. Comment peut-on accepter qu'en France, un opérateur vende un forfait de 2 heures à 2 euros par mois, alors que les titulaires du RSA ont un forfait social de 10 euros par mois généreusement négocié par le gouvernement ? C'est faire de la pauvreté avec la pauvreté que de faire payer aux pauvres moins que ce que les pauvres peuvent se permettre.

Et si l'on cherchait bien, nous trouverions ainsi plein d'autres idées, pour relancer la France !

Allons, monsieur Montebourg, Madame Pellerin : du courage ! Allez au bout de vos convictions et de vos idées.

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