Le créateur de BitTorrent et le directeur de l'association américaine des studios de cinéma (MPAA) ont annoncé hier un accord de non-agression, à la condition que le moteur de recherche qui figure sur le site officiel du logiciel ne conduise plus à des films hollywoodiens.

Après l’affaire Grokster, qui a vu la Cour Suprême des Etats-Unis mettre à mort un grand nombre de logiciels de P2P commerciaux, le sort de BitTorrent restait indéterminé. Le logiciel s’est longtemps reposé sur le modèle open-source soutenu uniquement par les dons des utilisateurs, mais la création d’une société BitTorrent dirigée par un ancien de Yahoo (Ashwin Navin) a changé la donne. Il était d’autant plus important pour Bram Cohen d’avoir l’assurance que l’industrie culturelle ne tenterait pas de s’attaquer à son trésor que sa société naissante a levé 8,75 millions de dollars en septembre dernier pour se développer commercialement.

C’est donc avec soulagement que Bram Cohen a obtenu le blanc-seing de la MPAA, à une seule condition. Le moteur de recherche de BitTorrent.com, lancé en mai dernier, ne devra plus conduire au téléchargement de versions piratées des films produits par les studios d’Hollywood, ce que Cohen a immédiatement accepté. « BitTorrent Inc. décourage l’utilisation de sa technologie pour distribuer des films sans en avoir la licence« , indique-t-il dans un communiqué. « Ainsi, nous sommes ravis de travailler avec l’industrie du film pour retrirer les contenus non autorisés du moteur de recherche de Bittorrent.com« , conclue Cohen.

Vers un protocole plus sévère pour Bittorrent ?

Pour Dan Glickman, le président de la MPAA, BitTorrent « montre la voie aux autres sociétés par leur exemple« . Pour le moment il ne s’agit que de filtrer les résultats du moteur de recherche officiel de BitTorrent.com, mais il est fort probable que la version 2.0 du protocole BitTorrent, actuellement à l’étude, intègre des filtres généralisés pour toucher l’ensemble des autres sites.

Le communiqué indique d’ailleurs que « à la fois Cohen et Glickman ont noté que cet effort était un premier essai dans l’utilisation de la technologie pour aider à résoudre le problème du piratage« . Ce qui laisse entendre que les deux hommes comptent étendre cette collaboration, probablement sur deux terrains :
– Intégrer un support des DRM en natif dans le protocole de BitTorrent
– Intégrer un filtrage des contenus véhiculés par les torrents

Bram Cohen a déjà indiqué par le passé ses intentions de faire de BitTorrent une plateforme légale de vente de contenus culturels sur Internet. Il n’y arrivera qu’en répondant par l’affirmative à toutes les exigences de l’industrie cinématographique…

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