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18 % des FAI européens brident le P2P
Guillaume Champeau -
publié le Mercredi 30 Mai 2012 à 12h32 -
posté dans Télécoms
![]() Selon leurs propres aveux, 18 % des opérateurs fixes en Europe bloquent ou brident le trafic des réseaux P2P comme BitTorrent ou eMule. Le régulateur européen regrette cette situation, qu'il estime dommageable pour l'innovation et pour l'économie numérique, mais il veut croire dans les seules vertus de la libre concurrence pour l'enrayer.
Le BEREC (l'Office des régulateurs européens des communications électroniques) a publié mardi les conclusions de l'étude que lui avait commandée l'an dernier la Commission Européenne, sur les pratiques des opérateurs télécoms pouvant porter atteinte à la neutralité des réseaux. L'étude (.pdf) se base exclusivement sur les réponses données par les FAI et opérateurs mobiles aux questionnaires adressés par chacun des régulateurs des 27 pays membres, mais elle dessine déjà un aperçu des pratiques des opérateurs. En effet, sur les 381 opérateurs fixes pris en compte dans l'étude, 30 % reconnaissent mettre en place des mesures de gestion du trafic. Si elles paraissent légitimes lorsqu'il s'agit par exemple de lutter contre le spam ou de bloquer la diffusion d'un virus, elles sont en revanche plus mal reçues lorsqu'elles visent, comme souvent, à bloquer ou brider les applications VoIP ou P2P. Sur les réseaux fixes (ADSL, fibre,...), 49 opérateurs reconnaissent brider ou bloquer des applications P2P, soit 18 % d'entre eux. Dans 96 % des cas, les restrictions sont non seulement prévues par contrat, mais aussi mises en œuvre techniquement - sans que l'efficacité réelle des dispositifs ait été mesurée. Dans les réseaux mobiles, où les mesures de gestion du trafic sont mieux tolérées par égard pour la rareté des ondes, 35 % des opérateurs reconnaissent brider ou bloquer le P2P. Rapporté à la population concernée, 21 % des internautes européens sont concernés par le bridage ou le blocage des réseaux P2P, en particulier BitTorrent. Le BEREC ne communique pas les résultats précis pays par pays, voire opérateur par opérateur, mais il avait déjà fait savoir en 2011 que des FAI étaient concernés au moins en France, en Grèce, en Hongrie, en Lituanie, en Pologne, et en Grande-Bretagne. Dans un document (.pdf) dédié à la gestion du trafic, le BEREC critique durement le bridage des réseaux P2P en expliquant que cette "pratique affecte les possibilités des (éditeurs) de proposer leurs contenus et applications d'une manière efficace ou avec un canal de distribution différent qui concurrence le service offert par (le FAI)". Il estime que le blocage ou le ralentissement des réseaux P2P trouve deux mauvaises explications :
Sur ce dernier point, le Berec rejette l'argument en rappelant qu'il existe "une manière plus efficace et qui crée moins de distorsions pour arrive au même résultat" : limiter la bande passante montante dans sa globalité, sans faire le tri entre les services qui l'utilisent. "Ca serait une manière plus pertinente d'adresser le problème", estime-t-il. Or si les opérateurs ne le font pas, c'est qu'ils protègent d'autres intérêts moins avouables... "Certains (FAI) voient beaucoup des applications P2P déployées actuellement comme des concurrents de leurs propres services spécialisés (applications VoIP, IPTV, VOD)", croit comprendre l'office européen. "Les systèmes P2P pourraient potentiellement diminuer les parts de marché de tels (FAI) dans des services spécialisés plus rentables, en faveur du transport du trafic qui n'attire pas beaucoup de revenus supplémentaires". Or pour le Berec, le P2P est une technologie qu'il ne faut surtout pas sacrifier, puisqu'elle présente de réels atouts :
Un tel plaidoyer devrait conduire les autorités européennes à interdire purement et simplement tout blocage ou bridage du P2P. Mais l'office européen des régulateurs estime que si la concurrence joue pleinement son rôle, les FAI ne céderont pas davantage à la tentation de bloquer les réseaux P2P. "Les fournisseurs d'accès qui échouent à satisfaire les choix des utilisateurs finaux d'avoir accès aux services P2P risquent de perdre un nombre substantiels d'abonnés en faveur de fournisseurs d'accès concurrents", estime le Berec. "S'il faut rendre le blocage transparent, cela pourrait décourager davantage (les FAI) de mettre en œuvre cette pratique". Une position très libérale qui conforte la volonté de la Commission Européenne de réguler la neutralité du net par des obligations de transparence à l'égard des abonnés, davantage que par des mesures coercitives. En fin d'année dernière, le Parlement Européen avait émis son souhait que des mesures contraignantes soient imposées aux FAI. à lire aussi
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Commentaires à propos de «18 % des FAI européens brident le P2P»
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503 messages publiés
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timelinux
le 30/05/2012 à 12:46
Sérieux ? Il pense encore que la "main invisible", ça marche ? C'est vraiment des bouffons.
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timelinux, le 30/05/2012 - 12:46 Surtout que j'en connais pas beaucoup qui regarde les CU de leur FAI pour savoir si tel ou tel service est bridé. Et avec Hadopi and Co, c'est rentré dans les esprits que le pitoupi c'est le mal. ![]() - En plus des pratiques "Big Brother" des ayants-droits ; les FAI s'y mettent aussi pour les 2 raisons que vous évoquez plus haut ( manque de place sur la bande passante et leurs propres offres légales ) ...
NB : Ca risque d'intéresser Guillaume et le Forum : La Fondation Jean Jaurès favorable à une licence globale européenne ( PC Inpact ) bon, rien de nouveau sous le soleil quoi.... sauf que maintenant on peut mettre un chiffre: 21% des internautes seraient touchés par le bridage du p2p.
Sauf que tu peux faire du p2p sans t'en rendre compte et tu te dis "punaise, ça avance à rien aujourd'hui, pourtant j'ai un débit de ouf" genre dans les système de mises à jour de certain logiciel, ou voir même leur utilisation. Le p2p est loin d'avoir qu'une utilisation via des réseaux genre BT ou Emule, c'est tout de même de plus en plus exploité pour d'autres applications La libre concurrence, ca ne marche pas. Il suffit de voir les ententes sur les prix entre concurrents, c'est un voeux pieux, que ce soit dans la high tech ( téléphonie et internet avant l'arrivée de free), ou partout ailleurs (pain, lessives, etc ...)
pour info, la plupart des logiciels dématérialisés utilisent du P2P. Diablo 3 entre autre fait du p2p ... Guss_, le 30/05/2012 - 13:41 Bien sur, mais dans l'imaginaire collectif P2P = DL de film/musique. ![]()
zig et puce
(Banni) le 30/05/2012 à 14:04
dans l'imaginaire collectif, voiture=déplacement. Alors que 0,0001% des gens utilisent une voiture pour en faire un pot de fleurs. ![]() Guss_, le 30/05/2012 - 13:41 Exact Deux exemples qui me viennent en tête : - Téléchargement des Maps, Skins, etc . . . entre les joueurs d'un même serveur en ligne dans la série des TrackMania (Editeur : Nadeo) - Téléchargement des Pilotes ASUS à partir de leur site web (Module de navigateur à installer pour les télécharger en P2P, en plus des autres possibilités) [message édité par Obelixator le 30/05/2012 à 14:29
]
![]() tu peux aussi citer mise à jour blizzard et parfois d'autres jeux aussi
certains services de zic/video en ligne legal outre atlantique aussi artistes/producteurs qui se servent du p2p pour faire baisser leur facture "frais de diffusion" (pioneer one par ex) ![]() Ils croient au principe de libre concurrence, sauf qu'on ne sait pas quels sont les FAI qui brident le p2p, donc comment faire jouer la concurrence !
Un élément fondamental de l'économie de marché, c'est l'accès libre et égal à l'information. Sans ça, ça ne fonctionne pas. C'est d'ailleurs en grande partie pour ça que ça ne fonctionne pas bien (crises, crises, et recrises) ![]() Al29300, le 30/05/2012 - 13:16 Super article, ça fait du bien de voir que certains réfléchissent à la question et de manière constructive. Vite que nos socialo-gouvernementeux lisent ce truc, en plus le petit calcul est sympa : HADOPI : 11 millions d'€ de coût et 14 millions d'€ de droits en plus (donc de recettes en gros, mais qui ne compense pas les pertes sur les supports matériels) LG (entre 2 et 7 € sur l'abonnement ): 1,5 à 2 MILLIARD d'€ de recettes !!! On se demande vraiment pourquoi l'Etat se prive de cela en ces tps de disette (à part pour cirer les pompes des qui-de-droits... ça fait chère le cirage !!!!) ![]() le problème c'est toujours les mêmes qui le créent et bloque l'innovation sous couverts de pseudo piratage, les ayants droits tuent l'évolution, dans une 10aine d'années on pourra leur incomber notre 789ème place au classement mondiale du Numérique.
et certains ayants droits le disent eux même.. ils ne peuvent rien créer tellement les droits sont cher.. normal la vie coute cher alors faut bien nourrir leur générations de parvenu qui n'auront jamais travailler de leur pauvre life de coké... ![]()
Faux ... pour conserver.. le parallèle dans l'imaginaire collectif, voiture=vitrine défoncée.. kholl, le 30/05/2012 - 14:11 Parfois Zig est agaçant, mais il lui arrive de dire des choses assez juste, et c'est le cas . Il faut pas se voiler la façe, on est une minorité à vraiment utiliser le P2P à d'autres usages que pour des films/musiques. (En pratique et de ce que j'ai vu, c'est essentiellement Bittorrent et Emule qui sont bridés, et non les autres protocoles pair-à-pair, notamment les jeux. Les FAI sont opportunistes avant tout, et ils utilisent ce qui est disponible dans leur matériel réseau).
Sinon dans l'absolu je serais d'accord avec l'argumentaire de la Commission: Transparence + Libéralisme suffirait à faire migrer les utilisateurs que ces bridages saoulent Le détail oublié, c'est que pour que ce principe marche, il faut qu'il soit facile et pas trop contraignant de monter un FAI, en particulier un FAI grand public. En pratique, le marché de gros est fortement verrouillé par les acteurs en place, et des barrières tarifaires sont établies pour éviter les trublions (ou alors les trublions pleins aux as, donc "bankable" en terme judiciaire), et ce avec la bénédiction des régulateurs nationaux (*) Donc la commission n'est pas honnête quand elle parle de concurrence, là où elle ne peux pas ignorer que sur les marchés nationaux il y a 3,4 FAI maximum en position d'oligarchie. La transparence serait une bonne chose, mais ça nous fait une belle jambe si TOUS les FAI disent qu'ils bloquent le P2P, comme ça a été le cas sur la VOIP sur le mobile. A mon avis, il n'y a pas réellement de solutions, même la transparence n'en est pas une: Comment prouver une telle QoS ? Vous croyez que l'ARCEP peux ordonner à FT de lui monter la configuration des routeurs pour le prouver ? Sachant que simplement garder des tuyaux plus petits (un port en 100Mb par exemple) suffit ralentir le trafic entre 2 réseaux sans atteintes à la neutralité ...? (*) Les FAI associatifs ou régionaux sont légions, mais en réalités ils revendent les offres des 3 ou 4 gros - donc, ces 3 ou 4 gros FAI ont la possibilité de voir, et shapper, le trafic avant la livraison au FAI tiers. Et là, bien malin celui qui peux le prouver. ![]() Amusant tout ca
Ils brident le protocole qui répartit au mieux la charge du réseau, Donc celui qui est le mieux financièrement pour eux. Et en même temps ils payent plein pot pour le trafic généré par le téléchargement direct puisqu'il ne vient pas de leur réseau. Bref, ils se tirent une balle dans le pied. Enfin bref, c'est eux qui voient. Ils croient quoi ? Quelqu'un qui veut vraiment télécharger quelque chose, il le fait d'une façon ou d'une autre. [message édité par identifiant le 30/05/2012 à 21:35
]
![]() Pour contrer le bridage, c'est simple, brouillage de protocole, l'option est dans tout les meilleurs logs de p2p.
![]() zig, le 30/05/2012 - 14:04 Le P2P est aussi utilisé par Skype, ou par certains éditeurs de logiciels pour distribuer des updates. De mémoire c'est ASUS qui, sur son site officiel, propose ses drivers (parfois de plusieurs dizaines de Mo) en P2P afin de soulager ses serveurs. àa reste certainement minoritaire en volume par rapport à l'usage "musique/vidéos via BitTorrent", mais ça n'est pas rien, et les nombreux utilisateurs de Skype font du P2P sans le savoir la plupart du temps. ceddec, le 30/05/2012 - 19:27 https://brewerkerry....e-video/page/2/ http://www.sciencedi...923596512000434 http://www.slideshar...-mobile-devices [message édité par addlink le 02/06/2012 à 23:33
]
![]() "Sur les réseaux fixes (ADSL, fibre,...), 49 opérateurs reconnaissent brider ou bloquer des applications P2P, soit 18 % d'entre eux. Dans 96 % des cas, les restrictions sont non seulement prévues par contrat, mais aussi mises en ?uvre techniquement - sans que l'efficacité réelle des dispositifs ait été mesurée. Dans les réseaux mobiles, où les mesures de gestion du trafic sont mieux tolérées par égard pour la rareté des ondes, 35 % des opérateurs reconnaissent brider ou bloquer le P2P."
Je sais que cela a été demandé mais, personne a les noms de FAI qui bride honteusement?! Tous les champs doivent être remplis. Tous les champs doivent être remplis. Tous les champs doivent être remplis. |
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