Quelques semaines après le rapport du FLA sur les conditions de travail chez Foxconn, la question du suicide dans les entreprises du manufacturier chinois n'est pas encore définitivement résolue. Si la situation s'améliore, des salariés dénoncent toujours un environnement déplorable. Certains ont même menacé d'en finir.

Il y a un mois, le FLA rendait les conclusions de son audit concernant les conditions de travail en vigueur chez Foxconn. Lors de cette vérification, des cadences infernales dans certaines usines du géant chinois ont été mises en évidence et dénoncées. Des salariés ont en effet dû faire jusqu’à 76 heures de travail par semaine tandis que d’autres ont été mobilisés plus de sept jours d’affilée sans une pause de 24h.

Confronté au scandale du rapport, Foxconn n’avait pas le choix. En accord avec Apple, le manufacturier chinois s’est engagé à faire son possible pour améliorer les conditions de travail de ses employés. En particulier, la firme doit faire revenir la durée hebdomadaire du temps de travail sous le seuil légal défini par la législation chinoise et payer correctement toutes les heures supplémentaires effectuées.

Mais quatre semaines après la publication de l’enquête du FLA, les problèmes chez Foxconn sont loin d’être tous résolus. Le Guardian rapporte ainsi que des salariés ont menacé de se jeter du haut du toit d’une des usines de Foxconn pour protester contre le niveau trop bas des salaires. Aucun employé ne serait passé à l’acte, selon Foxconn, mais 200 travailleurs ont été impliqués selon l’ONG Centre for Human Rights.

À partir de 2007, une importante vague de suicides a touché l’entreprise. Officiellement, plus de vingt cas ont été recensés sur les 1,2 million de salariés que compte Foxconn en 2012. La plupart des travailleurs se sont donnés la mort en se jetant dans le vide depuis le toit des usines, le climax ayant été atteint en 2010 avec dix-huit cas comptabilisés.

Pour contrer ce phénomène, Foxconn est intervenu sur différents tableaux. L’entreprise a en particulier augmenté les salaires (celui-ci a progressé de 25 % en l’espace de quelques mois), embauché de nouvelles recrues pour alléger la charge de travail des employés déjà en place, installé des filets de sécurité pour éviter les suicides et accentué la robotisation de ses usines.

D’autres mesures, plus polémiques, ont également été mises en place. Des employés ont notamment été invités à signer des chartes dans lesquelles ils promettent de ne pas mettre fin à leurs jours, ainsi que des documents dans lesquels ils s’engagent à ne pas poursuivre le manufacturier (aussi bien les travailleurs que les familles) en cas, notamment, de suicide.

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