La grève de 18 jours qui menaçait Samsung Electronics en Corée du Sud a été suspendue après un accord salarial de dernière minute. Le compromis prévoit une hausse des salaires et un nouveau régime de primes lié aux performances des semi-conducteurs, secteur stratégique dopé par l’essor de l’IA.

L’industrie de la tech peut, pour l’instant, souffler. La grève chez Samsung en Corée du Sud, prévue pour durer 18 jours à partir du 21 mai 2026, a été suspendue in extremis.

Le principal syndicat de l’entreprise, le Samsung Electronics Labor Union (SELU), et la direction sont parvenus à un accord préliminaire sur les questions salariales le 20 mai, rapporte notamment l’agence de presse Yonhap.

Pour rappel, ce mouvement social porte principalement sur le partage des profits — primes et salaires — liés aux bénéfices records de Samsung, dopés par l’essor de l’IA. Les syndicats avaient d’abord confirmé, dans la matinée, que la grève prévue du 21 mai au 7 juin aurait bien lieu, après l’échec des discussions précédentes. Le mouvement aurait pu réunir plus de 50 000 employés, sur quelque 125 000 salariés dans le pays. Entre-temps, un compromis a permis de suspendre la grève « jusqu’à nouvel ordre ».

Le site de production de Samsung à Hwaseong. // Source : Samsung via YouTube
Le site de production de Samsung à Hwaseong. // Source : Samsung via YouTube

En quoi consiste le nouvel accord conclu entre Samsung et les syndicats ?

L’accord salarial provisoire prévoit notamment une hausse moyenne des salaires de 6,2 %, contre les 7 % réclamés initialement par les syndicats. Il introduit aussi des « primes spéciales basées sur la performance des semi-conducteurs ».

Ce nouveau régime de primes représentera l’équivalent de 10,5 % du bénéfice d’exploitation de cette activité, versé en actions, auquel s’ajoutera 1,5 % en espèces. Il doit rester en vigueur pendant dix ans, sous certaines conditions : le bénéfice d’exploitation devra dépasser 200 000 milliards de wons entre 2026 et 2028, soit environ 114,5 milliards d’euros, puis 100 000 milliards de wons jusqu’en 2035, soit environ 57,3 milliards d’euros.

Les quelque 78 000 employés de la division semi-conducteurs devraient ainsi recevoir cette année environ 509 millions de wons en moyenne, soit près de 290 000 euros, dans le cadre du nouvel accord, a confirmé un responsable de l’entreprise à l’AFP.

Les syndicats réclamaient initialement que 15 % du bénéfice d’exploitation soient consacrés aux primes des employés, ainsi que la suppression définitive du plafond de primes fixé à 50 % du salaire annuel. Des revendications qui visaient notamment à faire bénéficier les salariés du boom de l’IA.

À la suite de cette proposition, le syndicat a suspendu le mouvement et soumettra l’accord au vote de ses 48 000 membres, du 23 au 28 mai. L’issue de ce référendum déterminera si la mobilisation reprend ou non.

Logo de Samsung. // Source : Wikimedia/Samsung ; montage Numerama avec Canva
Logo de Samsung. // Source : Wikimedia/Samsung ; montage Numerama avec Canva

Un accord chez Samsung encore fragile ?

L’accord reste toutefois contesté. Jeudi 21 mai, un collectif d’actionnaires de Samsung s’y est opposé, le qualifiant d’« illégal » et menaçant d’intenter une action en justice. Cette contestation pourrait fragiliser son application, même en cas d’approbation par les syndiqués.

« La direction et le syndicat ont pu trouver un accord alors que les deux parties ont fait des concessions », a estimé le ministre sud-coréen du Travail, Kim Young-hoon, lors d’un point de presse.

Une telle mobilisation aurait pu avoir de lourdes conséquences : l’entreprise est l’un des principaux producteurs mondiaux de semi-conducteurs. Des experts anticipaient qu’une grève de 18 jours pourrait réduire l’offre mondiale de DRAM (mémoire vive dynamique) de 3 à 4 %, et celle des mémoires NAND (une mémoire de stockage) flash de 2 à 3 %, au risque de provoquer une nouvelle hausse des prix.

Dans ce contexte, le gouvernement sud-coréen avait exercé une forte pression pour éviter la grève. Il avait notamment évoqué la possibilité de recourir à un « arbitrage d’urgence » : dans le cadre de la loi sud-coréenne, un mécanisme permet de suspendre un mouvement social pendant 30 jours s’il est susceptible de causer des « dommages massifs à l’économie ».

Un tribunal avait également ordonné, lundi 19 mai, le maintien des opérations à des niveaux « normaux », sous peine d’amendes de 100 millions de wons par jour, soit environ 57 700 euros quotidiens.

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