Tout ça pour ça. Après trois semaines d’un procès ultra-médiatisé entre deux figures proéminentes de la tech américaine, le duel judiciaire entre Elon Musk et Sam Altman se termine en eau de boudin. Dans la journée du 18 mai 2026, le jury a considéré que les prétentions d’Elon Musk (le plaignant) se heurtaient à une mécanique légale particulière : les délais de prescription.
C’est ce que rapporte notamment la revue MIT Technology Review, qui a suivi toute la séquence judiciaire aux États-Unis. À l’unanimité, le jury a constaté que l’action entreprise par le célèbre chef d’entreprise arrivait tout simplement trop tard. Impossible, donc, d’aller plus loin. La juge fédérale qui supervise le procès a validé cette décision dans la foulée.
L’affaire devrait toutefois connaître un deuxième acte bientôt. Sur X, Elon Musk a noté que ni la magistrate ni le jury « n’ont jamais réellement statué sur le fond de l’affaire, seulement sur une formalité de calendrier ». Aussi a-t-il fait savoir son intention de faire appel, avec néanmoins le risque évident de se heurter au même mur.


Piégé par le calendrier (et par ses propres doutes)
Ici, c’est le droit californien qui importe. Elon Musk reprochait à Sam Altman et à Greg Brockman, autre personnage clé de l’affaire, d’avoir brisé le pacte initial d’OpenAI. Cette structure à but non lucratif, dans laquelle Elon Musk a été impliqué très tôt et sur quelques années, a fini par muter en une société commerciale pour engranger du cash.
Pour matérialiser ses accusations, la stratégie d’Elon Musk s’est structurée autour de deux griefs : une rupture de confiance dans l’obligation fiduciaire (les deux hommes ont manqué à leurs promesses de maintenir le statut d’organisme à but non lucratif, alors même que celui-ci a pu notamment voir le jour grâce à ses dons) ainsi qu’un enrichissement injustifié.

Le fait est que les délais pour agir pour ces deux griefs sont respectivement de trois et deux ans. Dans la mesure où Elon Musk a réagi en 2024 avec sa plainte, il fallait donc prouver qu’il n’a découvert la « trahison » d’OpenAI qu’après 2021 (pour la rupture de confiance) et 2022 (pour l’enrichissement injustifié).
Or, la défense d’OpenAI est parvenue à exploiter les propres déclarations d’Elon Musk pour convaincre les jurés que l’intéressé nourrissait déjà des doutes légitimes avant les dates charnières, et qu’il n’a pas pour autant entrepris dans les temps les actions nécessaires. En clair, Elon Musk avait déjà la puce à l’oreille avant 2024, mais il n’a rien fait.
Au tribunal, d’ailleurs, Elon Musk a expliqué avoir traversé trois phases dans sa relation avec OpenAI :
- D’abord, un soutien « enthousiaste » (qui s’est traduit à l’époque par un chèque de 38 millions de dollars).
- Ensuite, le début de la méfiance (« J’ai commencé à perdre confiance dans le fait qu’ils me disaient la vérité. »).
- Enfin, la certitude de la trahison (« Je suis sûr qu’ils pillent l’organisation à but non lucratif. »).
Pas de procès sur le fond pour Sam Altman… pour l’instant
D’une certaine manière, en documentant ainsi la chronologie de son propre scepticisme, Elon Musk a involontairement donné le bâton pour se faire battre. Des indications qu’a su exploiter OpenAI pour retourner l’affaire à son avantage et montrer au jury qu’il avait toutes les raisons de soupçonner une entourloupe bien avant 2021.
Évidemment, cette porte de sortie ne règle pas le fond du dossier : est-ce qu’OpenAI est coupable ou non ? C’est une règle de procédure qui a dénoué l’affaire — en tout cas momentanément. Mais le sujet, Elon Musk l’a dit, ne va pas en rester là. Au-delà de l’enjeu financier (Musk réclame 130 milliards de dollars), l’intéressé y voit des enjeux plus larges.
« Je vais faire appel […] car créer un précédent permettant de piller des associations caritatives est incroyablement destructeur pour les dons de bienfaisance en Amérique. OpenAI a été fondée pour le bien de toute l’humanité. »
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