Greenpeace vient de distribuer les bons et les mauvais points aux acteurs du cloud computing. Si Google, Yahoo et Facebook s'en tirent plutôt bien dans le classement de l'ONG, Apple, Amazon et Microsoft sont critiqués pour faire appel massivement aux énergies polluantes comme le charbon et le nucléaire.

Avec le développement de l’informatique en nuage, le nombre de centres de traitement de données est en train d’exploser. La tendance actuelle est en effet au stockage distant, pour que les internautes puissent accéder ensuite à partir de n’importe quel appareil à leurs données et à leurs programmes. Des projets de data centers ont en conséquence été lancés ces dernières années par la plupart des grands groupes.

Or, ces immenses fermes de serveurs se révèlent être particulièrement énergivores. Et d’après un rapport (.pdf) rédigé par Greenpeace intitulé « Votre Cloud est-il net ? », les entreprises engagées dans ce secteur ne sont pas toutes appel aux énergies propres et renouvelables pour alimenter leurs data centers. Si quelques sociétés s’en tirent plutôt bien, d’autres se font tirer les oreilles par l’ONG.

C’est notamment le cas d’Amazon, Apple et Microsoft. « Amazon, Apple et Microsoft n’accordent pas suffisamment d’attention à la provenance de l’électricité qu’elles consomment et continuent d’avoir largement recours aux énergies sales pour alimenter leur cloud alors que leurs besoins sont exponentiels » écrit l’association dédiée à la protection de l’environnement.

Selon Greenpeace, Apple fait ainsi appel à 55,1 % au charbon et 27,8 % au nucléaire pour alimenter ses data centers, tandis que les pourcentages d’Amazon sont respectivement de 33,9 % et 29,9 %. Microsoft quant à lui alimentent ses centres à 39,3 % par du charbon et 26 % par du nucléaire. Visiblement, c’est Apple le moins précautionneux puisque le recours aux énergies sales est le plus élevé des trois sociétés.

À l’inverse, l’ONG note que « Yahoo et Google continuent de montrer l’exemple en faisant de l’accès aux énergies renouvelables une priorité pour la croissance de leur cloud ; ces deux entreprises soutiennent de plus en plus activement les politiques favorables à l’augmentation des investissements dans les énergies propres« . La part de charbon et de nucléaire est de 28,7 % et 15,3 % pour Google et 20,3 et 14,6 % pour Yahoo.

Facebook a également reçu les félicitations de Greenpeace, puisque le réseau social est décrit comme « l’ami des énergies renouvelables« . L’ONG rappelle par exemple que le site communautaire a lancé la construction d’un data center tout près du cercle arctique, en Suède, « pouvant être entièrement alimenté par des énergies renouvelables« .

Hormis les sociétés précédemment citées, Greenpeace s’est également penché sur Akamai, Dell, Hewlett-Packard, IBM, Oracle, RackSpace Hosting, Salesforce et Twitter. En plus de l’approvisionnement en énergie, l’ONG a établi un incide d’énergie propre (Clean Energy Index) où un pourcentage élevé signifie un investissement notable dans la protection de l’environnement.

Quatre critères ont également été évalués, avec des notes de A à F : transparence en matière d’approvisionnement énergétique ; lieux d’implantation des infrastructures ; efficacité énergétique et atténuation des gaz à effet de serre ; plaidoyer en faveur des énergies renouvelables. Seuls deux A ont été distribués, pour Akamai pour le premier critère et pour Google pour le dernier.

Greenpeace considère que le choix des énergies pour alimenter les centres de traitement de données est essentiel, dans la mesure où certains d’entre eux « consomment autant d’électricité que 250 000 foyers européens« . L’ONG ajoute que « si le cloud était un pays, il se classerait au 5e rang mondial en termes de demande en électricité, et ses besoins devraient être multipliés par trois d’ici à 2020« .

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