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France Brevets signe avec l'INRIA. Mauvaise nouvelle pour le logiciel libre ?
Guillaume Champeau -
publié le Vendredi 16 Mars 2012 à 16h06 -
posté dans Société 2.0
![]() L'INRIA, qui rassemble 3400 chercheurs dédiés à l'innovation numérique, auteurs de nombreux logiciels libres, a signé un accord avec France Brevets pour vendre des licences de ses brevets non exploités. En quatre ans, l'institut de recherche publique a quadruplé le nombre de ses dépôts de brevets, et veut continuer sur cette lancée.
Sous l'impulsion du président Nicolas Sarkozy, la France entend devenir une place forte de la propriété intellectuelle dans le monde, en particulier de la propriété industrielle protégée par les brevets. L'Etat veut multiplier le nombre des dépôts de titres protégeant les inventions réalisées sur son territoire, alors-même que l'inflation de brevets est selon nous pour partie responsable de la crise économique (pour la faire courte : les brevets participent de manière excessive à la valorisation financière d'une entreprise, et plus on multiplie les brevets en abaissant l'exigence qualitative, plus le caractère fictif de cette valorisation s'accroît. Par ailleurs, plus il y a de brevets en circulation, plus les TPE/PME sont dissuadées d'innover sur un terrain qui apparaît miné). "Investir dans l'innovation comme ce Gouvernement le fait depuis 2007 n'aurait pas de sens si nous ne protégions pas ces innovations, et ne donnions pas aux entreprises les moyens de protéger leurs innovations", a encore rappelé vendredi le ministre de l'industrie Eric Besson, dans un discours prononcé à l'occasion des rencontres internationales de la propriété industrielle. "Une entreprise, pour innover, a besoin de financements, elle a besoin de pouvoir valoriser son innovation, mais elle a aussi et avant tout besoin de savoir que son innovation sera correctement protégée". Pour concrétiser sa vision, l'Etat a donc donné naissance l'an dernier à France Brevets, une société dotée d'un capital de 100 millions d'euros apporté pour moitié par la Caisse des Dépôts et pour l'autre moitié par les Investissements d'Avenir (le grand emprunt). Curieusement, la création de cette structure n'a pas provoqué d'émoi alors qu'elle est un véritable "patent troll" étatique, dont la seule raison d'être est d'accumuler des brevets dans le public et dans le privé pour ensuite partir en chasse de tous les acteurs dans le monde susceptibles d'être intéressés par (ou de violer) l'un ou l'autre des titres du portefeuille, pour leur faire payer des licences. Alors que la Grande-Bretagne cherche plutôt à faire le ménage pour accroître la qualité de la propriété intellectuelle qu'elle protège, la France semble vouloir faire tout l'inverse. Et il n'est pas rassurant de voir que l'un des tous premiers partenariats signé par France Brevets l'est avec l'INRIA (Institut national de recherche en informatique et automatique), qui a pour première activité de développer des logiciels, souvent sous licence libre. "Inria produit essentiellement des logiciels mais nous avons mis en place depuis 2008 un programme ambitieux pour augmenter notre portefeuille brevets et sa valorisation. Ce partenariat avec France Brevets, qui a vocation à devenir l'acteur de référence en la matière, va nous permettre d'aller encore plus loin dans cette voie", explique Bruno Sportisse, le directeur du transfert et de l'innovation à l'INRIA. Concrètement, l'Institut apporte à France Brevets tous ses brevets qui ne sont pas exploités par les voies traditionnelles de la valorisation de la recherche publique (essentiellement des partenariats avec des industriels autour de laboratoires communs, ou la création de start-ups par les chercheurs). France Brevets aura alors en charge de trouver des débouchés potentiels. L'INRIA développe chaque année entre 100 et 150 logiciels, dont une partie non négligeable est publiée sous licence libre. Mais "depuis 2008, nous avons néanmoins multiplié par 4 nos dépôts de brevets, les portant à une vingtaine de familles par an", explique à L'Usine Nouvelle Bruno Sportisse. Le risque, bien sûr, est d'orienter les chercheurs vers des travaux qui peuvent faire l'objet de dépôts de brevets plutôt que vers des logiciels - qui plus est libres - dont la valorisation est plus délicate grâce à l'interdiction de leur brevetabilité en Europe (en attendant le brevet unitaire européen poussé par la France). Jean-Charles Hourcade, le directeur général de France Brevets, explique pour sa part pourquoi la société a ciblé en priorité les TIC pour rassembler ses premiers portefeuilles de brevets : "C'est là que les enjeux, les transactions et surtout le nombre de dépôts de brevets dans le monde sont les plus importants". à lire aussi
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Commentaires à propos de «France Brevets signe avec l'INRIA. Mauvaise nouvelle pour le logiciel libre ?»
![]() Après réflexion quel "secteur" a pas été complètement pourri en 1 cinquenat ?
Hormis le nucléaire hein....
Et la finance... ![]() Les projets de recherche INRIA ont le problème du financement et pour obtenir son financement, il faut monter un dossier. Pour avoir plus de chance, il faut que le projet soit réalisé en partenariat avec des entreprises (transfert technologique toussa, toussa). Le problème c'est que les entreprises ne jouent pas le jeu, elles acceptent le partenariat mais ne foutent rien.
Cela entraine un détournement de la recherche public au profit du privé mais c'est pas là le problème. De ce que j'ai pu constater, les brevets sont utilisés pour éviter aux équipes de se faire littéralement piller leurs outils dans le cadre de ces projets par les entreprises partenaires (qui prétendent être les propriétaire d'un outils qu'ils ont développer dans le cadre du projet). Je crois que le logiciel libre est loin d'être en danger. L'INRIA fait de la recherche. Qui dit recherches dit résultats et qui dit résultats dit vérifiable ; c'est pour cette raisons que les productions logicielles de l'INRIA sont souvent en open-source. Les productions logicielles à viser industrielle le sont moins car il n'y aurait plus de carottes pour obtenir des partenariat et donc des financements. ![]() byte_order, le 16/03/2012 - 16:20 La finance n'a pas été pourrie ?? Dire que tout ça c'est pour faire barrage à la contrefaçon chinoise qui se bât le ponpon de toutes les ACTA et compagnie, et qui continuera à vendre des copies.
Mon Dieu que ces gouvernements occidentaux sont nuls. C'en est pathétique. Faut vraiment tuer les partis majoritaires, en place depuis plus de 30 ans. Dire adieu aux gestionnaires et dire bonjour aux idéologues qui ont de l'ambition, des couilles et une vision. Marre des épiciers qui favorisent la finance, la lutte contre les services publics et la privatisation des biens collectifs. La mission première de l'INRIA n'est pas de développer des logiciels, quand aux licences c'est encore un autre sujet.
L'aspect "pillage" évoqué par Lildadou est bien réel, et ce que développe un institut de recherche public n'appartient pas nécessairement au domaine public. Si des recherches menées pendant 5 ans débouchent sur des résultats à fort potentiel industriel, il apparait normal que l'état, qui a financé ces recherches, dispose de moyens pour les valoriser; la propriété intellectuelle en fait parti. ![]() @Milord
Tu ne crois pas que recopier la moitié de l'article (qu'on a lu !) pour laisser un commentaire d'une vingtaine de mots c'est pas un peu naze ? herbeapipe > (juste des liens en vrac, pas le sujet)
http://www.rue89.com...liards-de-letat http://www.lemonde.f...79_1581613.html http://www.lemonde.f...49341_3234.html http://www.marianne2...x-_a174745.html Pour le sujet (en fermant les yeux sur le mot de "propriété intellectuel") Les brevets logiciels sont interdits en Europe. Les projets avec les entreprises peuvent être juste un moyen d'obtenir un financement pour déployer un service avancé et en profiter pour faire de la recherche à coté (mais la recherche n'a pas vocation a donné des résultat immédiats) kholl, le 16/03/2012 - 16:14 Justement, le secteur nucléaire français est un beau bordel, avec le patron d'EDF parti en guerre contre Areva en général et Anne Lauvergeon en particulier, Areva qui refuse de prendre en charge les déchets d'EDF faute d'un accord global, et des chantiers de construction de l'EPR calamiteux (heureusement que l'autorité de régulation veille, et est réellement indépendante), EDF qui se fait prier pour vendre l'EPR... une véritable machine à perdre des contrats à l'export. En fait les conneries ont commencées il y a longtemps avec le rapprochement avec ces débiles de Siemens (la faute à Mitterrand?). De toute façon que peut on attendre d'autre venant de la part des gens qui gouverne se pays.
Je n'ai jamais vu une telle pauvreté en terme d'intelligence ni une telle étroitesse d'esprit. Les américains l'on fait alors faisons le. Misère.
bah non, c'est pourri par nature.... ca n'a pas changé d'état ![]() herbeapipe, le 16/03/2012 - 17:39 Elle a été fortifiée plutôt. ![]() herbeapipe, le 16/03/2012 - 17:39 si si, pourrie gatée, elle a été ![]() viviane001, le 16/03/2012 - 18:46 Si. Autant que de faire un commentaire pour dire ça. France Brevets a été créé pour justement éviter les deux écueils symétriques que sont d'une part, l'exploitation sans contrepartie des résultats de la recherche publique par de grandes entreprises indélicates, et d'autre part, justement, le développement des activités des "patent trolls". Le propre des patent trolls est de couper le lien entre recherche et valorisation de la recherche, et d'orienter les sommes générées par l'octroi de licences vers des acteurs financiers spéculatifs type hedge funds plutôt que vers le financement de la recherche.
France Brevets n'intervient pas en rachetant les brevets aux universités et centres de recherche, mais en organisant la concession de licences et en sécurisant le retour vers la recherche. Ceci n'est en rien contradictoire ni opposé au développement des logiciels libres. Un brevet protège un procédé, un algorithme, pas un logiciel. Jean-Charles Hourcade, Directeur Général de France Brevets ![]() Quand je vois les sommes engagées pour ces histoires de valorisation qui prétendent "assister la recherche" et à quel point il est difficile, pour ne pas dire impossible, d'avoir aujourd'hui un poste de chercheur en France, je suis absolument dégouté.
[message édité par BinaryMind le 19/03/2012 à 11:05
]
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France Brevets... Jamais entendu parler, mais vu les "investisseurs", je suppose que c'est encore une structure destinée à placer des copains dans le besoin ?