Il n'y a pas de charité désintéressée. Pour optimiser l'effet marketing de leurs dons, des marques demandent aux associations qu'elles soutiennent d'organiser de véritables campagnes virales sur les réseaux sociaux. Si ces campagnes échouent, les dons sont réduits.

« 1 retweet = 1 repas offert à un démuni« . Voilà le message diffusé mercredi sur le compte Twitter des Restos Du coeur, pour inciter les utilisateurs du réseau social à rediffuser le message auprès de leurs contacts. L’objectif officieux est de faire visiter le site officiel de l’opération, sur lequel est mis en avant le logo des partenaires Danone et Carrefour, qui en font une question de donnant-donnant. « Les tweets sont réellement comptabilisés et les repas offerts par nos partenaires« , assure l’association.

En quelques heures, le seuil des 1000 tweets a été franchi, puis 10 000, le hashtag #Restos2010 étant devenu le deuxième le plus populaire sur Twitter en France. Par ailleurs, 50 000 partages sur Facebook ont été effectués. Là encore, 1 partage Facebook donnait droit à 1 repas offert, tandis qu’un billet de blog encourageant l’opération donnait droit à 10 repas, et un dessin de blog à 15 repas.

« Nous pensions offrir plus de 25 000 repas, nous en offrirons plus de 35 000 si votre mobilisation continue sur les blogs !« , annonçaient hier les Restos.

Interrogé sur un tel mécanisme, qui met mal à l’aise, l’association nous explique que « malheureusement, sans des opérations comme celle-ci, nous ne pouvons pas avoir autant de visibilité et donc de nouveaux bénévoles et dons« .

La méthode n’est en tout cas pas une exclusivité des Restos du Coeur. Le groupe Axa a lancé une opération similaire, publicités à l’appui, pour l’association Care. « Avec 1 like vous pouvez changer 1 vie au Bénin« , dit la publicité. Le compteur, à l’heure où nous publions ces lignes, n’affiche que « 163 vies changées ». Pas de bras, pas de chocolat ; pas de like, pas de vie changée.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés