Les grands journaux veulent aussi leur taxe sur les FAI
Guillaume Champeau -
publié le Mardi 21 Février 2012 à 09h24 -
posté dans Société 2.0
Ne parvenant pas à trouver son modèle économique dans un environnement numérique gouverné par la gratuité d'accès aux articles, la presse quotidienne nationale demande que les FAI et les acteurs les plus prospères du numérique participent à leur financement, via une nouvelle taxe. Une idée qui devient inconcevable lorsqu'elle est poussée dans ses retranchements.
Si la musique et le cinéma y ont droit, pourquoi pas la presse ? Le Syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN) demande aux candidats à l'élection présidentielle de prendre position sur une proposition qu'il formule, visant à instaurer une taxe sur le numérique au bénéfice des titres de la presse. "Il s'agirait de taxer les acteurs du numérique, tels que les FAI, les portails, les fabricants de matériel, les moteurs de recherche, etc, et de redistribuer les sommes perçues aux éditeurs de presse en ligne", résument Les Echos. Selon le quotidien, "l'essentiel du marché du numérique, qui pèse 10 milliards d'euros par an, va aux FAI (fournisseurs d'accès à Internet), aux portails, ou encore aux moteurs de recherche. Sans compter les recettes captées par les fabricants. Résultat, les rédactions se paupérisent et risquent de disparaître, alors qu'elles contribuent largement à l'intérêt général". Le syndicat représente notamment Le Figaro, L'Equipe, Libération, Le Monde, La Tribune, La Croix ou... Les Echos. Son raisonnement est assez simple : puisque la presse en ligne ne trouve pas son modèle économique, il faut ponctionner le chiffre d'affaires de ceux qui dans le même environnement numérique parviennent à dégager une marge bénéficiaire conséquente. "Un tel mécanisme existe pour l'audiovisuel, le cinéma ou la musique. En tant que créateur de contenus, il serait légitime pour la presse d'en bénéficier", défend en toute logique Denis Bouchez, le directeur du SPQN. Après tout, pourquoi pas. Sauf qu'un tel mécanisme ne peut être acceptable que s'il est juste. Or pour être juste, il faudrait que le montant de la taxe ne soit pas réparti simplement entre quelques uns, et dans l'opacité la plus totale comme c'est trop souvent le cas pour les aides à la presse, mais entre tous ceux qui participent à la création de contenus sur Internet. Que ce soit les producteurs de musique, de cinéma, d'articles de journaux, ou les blogueurs, les auteurs indépendants, les écrivains qui publient leurs ouvrages sur Internet, etc., etc. On retrouverait alors l'idée d'une "licence globale globalisée", qui toucherait tous les contenus et tous les auteurs qui, par leur production, participent à donner de la valeur économique à ceux qui seraient taxés. Ca serait alors une véritable révolution économique, à la croisée entre le capitalisme et le communisme. Personne n'y est prêt, si tant est qu'une telle révolution soit souhaitable. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Les grands journaux veulent aussi leur taxe sur les FAI»
Guillaume, le 21/02/2012 - 09:24
Après tout, pourquoi pas.La plupart de ces journaux (au moins Libé, Le Figaro et Le Monde - je n'ai pas vérifié pour les autres) proposent des abonnements. Ca ne marche pas ? C'est que leur modèle économique n'est pas bon. Est-ce qu'on doit créer une taxe pour chaque entreprise qui se rend compte que son modèle économique ne fonctionne pas ? Je ne crois pas non. Ces mecs veulent du libre marché, de la mondialisation et tout le tralalala, alors il faudrait peut-être qu'ils sachent ce qu'ils veulent : d'un point de vue libéral, une entreprise qui ne marche pas, on la laisse couler, au lieu de la laisser vivre aux crochets de la société... Le Figaro, L'Equipe, Libération, Le Monde, La Tribune, La Croix ou... Les Echos
Pourquoi les FAI financeraient des torchons qui sont issus de grand groupe français, Dassault, Lagardère... Ils ont du fric, qu'ils se démerdent. "Un tel mécanisme existe pour l'audiovisuel, le cinéma ou la musique. En tant que créateur de contenus, il serait légitime pour la presse d'en bénéficier" Non! c'est exactement l'inverse, il est totalement illégitime de bénéficier de ce type de chose pour des industries PRIVE, le gouvernement n'est pas votre maman, si vous êtes incapable d'avoir un business qui fonctionne, vous crevez comme des milliers de PME par ans qui elles ne demandent rien à personne.
sum02, le 21/02/2012 - 09:42 Le Figaro, L'Equipe, Libération, Le Monde, La Tribune, La Croix ou... Les Echos
Pourquoi les FAI financeraient des torchons qui sont issus de grand groupe français, Dassault, Lagardère... Ils ont du fric, qu'ils se démerdent. Les même groupes qui s'auto concurrence de plus, ce sont les même qui font les journaux qui financent les sites d'infos gratuit. Au passage, les journaux papiers gratuitS, ça fait qq années que cela existe, bien pratique quand il y a de la neige pour mettre à l'entrée pour y quitter ses chaussures. Ils sont pas au courant qu'ils peuvent monter leur propre site de recherche (spécialisé sur la presse marchande qu'ils aiment tant par exemple) et leurs propres portails ?
en faisant quelques recherche j'avais trouvé comme outils libres : Solr/Lucene, SphinxSearch pour les moteurs de recherche Seeks pour l'indexation des recherche et à partir de Shaarli il doivent pouvoir faire un portail sympathique http://sebsauvage.ne...?id=php:shaarli Après avec le quasi-oligopole qu'ils ont sur le temps de cerveau disponible ils devraient réussir à lancer leur affaire. ouais encore une taxe que l'ami nicolas va s'empresser de faire passer avant deux mois vue que pas mal de patron de presse son de ses amis
ben cette mafia n'avaient qu'à faire comme le Canard Enchainé ... refuser le net et se concentrer sur le papier ...
mais non çà attend l'aide de l'état et, dans le même temps, çà disserte sur la libre entreprise La raison du déclin de la presse écrite est simple: sa qualité n'a fait que décliner au fil des ans... alors que sur internet, on peut trouver (si on veut) de l'information souvent plus pertinente, et exercer son esprit critique en confrontant des points de vues différents.
Si les journaleux ré-apprenaient a faire correctement leur boulot, au lieu de se contenter de faire des copier-coller des dépêches en provenance des agences de presse, sans se poser de questions, ils n'en seraient pas là... Nan mais ils sont pas sérieux la... J'ai absolument pas envie de payer pour que le figaro se fasse encore plus de thunes ! Payer pour de la propagande nanmého !
enzopitek, le 21/02/2012 - 09:59 mais non çà attend l'aide de l'état et, dans le même temps, çà disserte sur la libre entreprise AAAhhhhhhh j'ai compris !!
L'état finançant la presse celle-ci perdrait de son indépendance vis-à-vis de l'état et donc du gouvernement, sinon KOUIC a plus de sous, c'est pas con en fait. Triste époque ! Je penses qu'il est temps de rentrer dans une nouvelle ére. Il est devenu évident que les FAI et les Google & co ont spoilé les richesses d'Internet à qui revient de droit : les majors, les dagardéres, les dassault, les exalead qui s'inscrit eux sociologiquement dans la protection du bien public. Sous prétexte d'un respect désuet à la liberté et au non-contrôle de l'information, on laisse le public perdu et desemparé dans une jungle numérique oú l'individualisme est roi. Qu'attends les pouvoirs publics pour réagir? Que les belles entreprises périssent? Who is John Galt?
"à la croisée entre le capitalisme et le communisme"
Je vois rien de capitaliste la dedans, juste un bon vieux gros communisme : tout le monde paye et on répartit en fonction des besoins/de la corruption/du copinage/du sens du vent. Y a qu'a créer cette taxe de façon progressive, parce que les riches, y a pas de raison qu'ils payent pas leur journaux 10€ pour que les pauvres les aient gratuitement après tout. Dans l'absolu ils n'ont pas tort, après tout il y a des taxes pour tout et dans tous les sens pour n'importe quoi. Il y en a tellement qu'on ne les remarque même pas et que personne ne sait au fond de quelle poche finit l'argent. Personnellement, je suis abonné au monde numérique, je serais ravi d'accéder au même service pour un cout moindre vu qu'il sera réparti sur plus large plage de nigauds utiles et taxables à merci.
Bonjour je cultive des tomates je voudrais une taxe sur les fai parce que j'arrive pas a vendre mes tomates pourries.
Il n'y aurait il pas une petite erreur dans le titre, "grands journaux" il ne faudrait il pas plutôt écrire "Torches balle" pour désigner ces prospectus?
milord, le 21/02/2012 - 09:41 Selon moi, la question n'est pas "pourquoi pas ?", mais "pourquoi ?". La plupart de ces journaux (au moins Libé, Le Figaro et Le Monde - je n'ai pas vérifié pour les autres) proposent des abonnements. Ca ne marche pas ? C'est que leur modèle économique n'est pas bon. Si je paie une taxe pour "compenser" mon accès à un grand quotidien, alors il ne faut pas me dire ensuite que je dois encore payer. S'ils mettent une info même partielle à disposition, ils l'ont fait sciemment et ne peuvent pas ensuite se plaindre de ne pas être payés: l'internaute ne les a pas volé, il consulte une page qu'ils laissent volontairement accessible. Alors comparer le libre accès à leur site avec le piratage de films (qui se fait à l'insu des ayant-droit), il fallait oser! Sans compter que la pub, censées les financer, elle est là même pour les abonnés.... Dans le temps, c'est vrai, on avait créé une taxe pour les maréchaux-Ferrand parce qu'ils étaient concurrencés par les automobiles. C'est totalement grotesque cette envie de taxer à tour de bras pour s'accrocher à son petit pécule. Les temps changent, soit on s'adapte, soit on meurt, c'est une loi naturelle, celle de l'évolution. ON paye déjà une taxe pour une télé qu'on ne regarde pas et une radio publique qu'on n'écoute pas, c'est absurde, on ne va pas généraliser l'absurde ! Les journaux n'ont fait que décliner parce qu'ils n'ont jamais su s'adapter. Ils sont trop chers, sont distribué par une bande de tyrans syndicalisés qui font la pluie et le beau temps, sont inconfortables, ils sont hors du temps. Si Internet fait concurrence au journaux, c'est parce qu'Internet supprime les désavantages du journal papier. Comme pour la musique en ligne ou la vidéo, il faut réinventer un modèle et non faire survivre l'ancien à grand coups de ponctions qui sont autant de tuyaux dans un système sous perfusion. Les journaux n'ont qu'a s'adapter, ou disparaitre.
Elisheva, le 21/02/2012 - 10:56 milord, le 21/02/2012 - 09:41 Selon moi, la question n'est pas "pourquoi pas ?", mais "pourquoi ?". La plupart de ces journaux (au moins Libé, Le Figaro et Le Monde - je n'ai pas vérifié pour les autres) proposent des abonnements. Ca ne marche pas ? C'est que leur modèle économique n'est pas bon. Si je paie une taxe pour "compenser" mon accès à un grand quotidien, alors il ne faut pas me dire ensuite que je dois encore payer. S'ils mettent une info même partielle à disposition, ils l'ont fait sciemment et ne peuvent pas ensuite se plaindre de ne pas être payés: l'internaute ne les a pas volé, il consulte une page qu'ils laissent volontairement accessible. Alors comparer le libre accès à leur site avec le piratage de films (qui se fait à l'insu des ayant-droit), il fallait oser! Sans compter que la pub, censées les financer, elle est là même pour les abonnés....
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Et puis pourquoi pas, une taxe sur les FAI pour carrefour parce que les gens font leurs achats sur le net et ne vont plus en grande surface
Et la Poste d'ailleurs, pourquoi n'y aurait-il pas une taxe sur les FAI parce que les gens maintenant ils n'envoient plus de courrier mais des mails...