Anticipant les conclusions de l'étude commandée par Apple à l'organisation Fair Labor Association, sur les conditions de travail des ouvriers, l'usine Foxconn a annoncé une augmentation de 16 à 25 % de ses salariés, et une diminution de leur temps de travail. Un progrès social qui arrive au moment où le manufacturier se prépare à remplacer une partie importante de sa main d'oeuvres par une armée de robots.

C’est en théorie le cercle vertueux que doit générer le capitalisme mondialisé : les entreprises font appel à la main d’œuvre la moins chère, ce qui aide l’économie locale à se développer et pousse à une augmentation du niveau de vie par l’augmentation progressive des salaires. Mais la théorie a souvent beaucoup de mal à se traduire dans la réalité, ou se dessine avec une extrême lenteur.

En Chine, l’effet vertueux du dumping social (si l’on peut se permettre une telle expression rebrousse-poils) commence tout juste à se faire ressentir. Mise sous pression par les fabricants occidentaux, eux-mêmes de plus en plus critiqués par les consommateurs et les associations humanitaires, l’usine Foxconn a annoncé samedi une augmentation de 16 à 25 % de ses ouvriers, et une diminution des heures supplémentaires. Les deux étant liés.

Désormais, les ouvriers seront payés entre 1800 et 2500 yuans par mois, soit entre 215 et 300 euros en moyenne. Une somme toujours très éloignée des standards occidentaux, mais qui représente une augmentation considérable par rapport aux salaires encore versés il y a quelques années. Le Guardian rappelle qu’après la vague de suicides de 2010, Foxconn avait déjà décidé deux augmentations de salaires, qui ont permis de doubler la rémunération de base des employés.

Avec cette nouvelle augmentation, Foxconn espère apporter des gages face aux critiques très fortes reçues par l’usine qui emploie 1,2 millions d’ouvriers. En diminuant le nombre d’heures travaillées, Foxconn veut aussi montrer qu’il prend en compte la difficulté des conditions de travail des ouvriers chinois.

Ces annonces ne sont cependant pas spontanées. Apple, dont les profits records renforcent l’indécence du traitement réservé aux hommes et aux femmes qui assemblent ses appareils vendus par millions, a demandé ce mois-ci à l’ONG Fair Labor Association (FLA) de mener une enquête sur l’ensemble des sous-traitants d’Apple, en particulier Foxconn. Sans attendre les résultats, son directeur Auret van Heerden a indiqué samedi à Bloomberg que FLA avait déjà trouvé « des tonnes de problèmes« . « Je crois que nous allons voir des annonces très significatives dans l’avenir proche« , avait-il ajouté. L’augmentation du salaire et la réduction du temps de travail en font visiblement partie.

La question de l’augmentation du salaire des ouvriers n’est de toute façon qu’une question provisoire pour Foxconn. L’entreprise taïwanaise a annoncé l’an dernier qu’elle allait équiper ses usines d’1 million de robots, d’ici 2014. Une décision qui paraît inhumaine et qui aura de graves répercussions sociales à court ou moyen terme, mais qui permettra au contraire aux hommes de ne plus être considérés par d’autres hommes comme de simples robots qu’il suffit de payer au salaire minimum.

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