Le site Abricocotier a vu Google suspendre automatiquement la diffusion de publicités sur ses pages, après qu'un robot a décidé souverainement que l'un de ses billets encourageait au piratage. Ce qui était faux. La firme n'a vérifié le bienfondé de ses accusations qu'après avoir sanctionné.

Louis, auteur du blog Abricocotier.fr, a raconté mercredi comment il a été « victime ces derniers jours de l’algorithme de censure automatique par Google« . Comme beaucoup de blogueurs, l’auteur place sur son site des espaces de publicités remplis par Google Adsense, qui reverse une commission pour chaque clic enregistré sur les annonces. A cet égard, il se doit de respecter les conditions d’utilisation d’Adsense, ce qu’il fait.

Le problème, c’est que Google utilise des robots pour vérifier que le contrat est bien respecté. Or un robot connaît rarement les nuances et la subjectivité. C’est ainsi qu’en faisant un tour sur le site de son client, le robot de vérification de Google Adsense s’est aperçu qu’il existait un billet avec un lien hypertexte vers Rapidshare et un autre vers MegaUpload. Non pas des liens vers des fichiers hébergés par ces deux plateformes, mais bien vers les pages d’accueil de ces deux services d’hébergement. Lesquels peuvent servir au piratage, mais peuvent aussi servir à tout autre chose. En l’espèce, le billet comparait les deux sites en terme de services et de tarifs, de manière on ne peut plus neutre quant à l’usage.

Néanmoins, Google a automatiquement coupé la diffusion des publicités Google Adsense, en affirmant (sans conditionnel) au blogueur que « nous avons découvert que la diffusion de vos annonces Google n’est actuellement pas conforme au règlement de notre programme« . Il précise que « les éditeurs AdSense ne sont pas autorisés à diffuser des annonces Google sur des sites participant à la distribution d’éléments protégés par des droits d’auteur » et que « vous ne pouvez pas héberger de fichiers protégés par des droits d’auteur sur votre site, ni fournir des liens ou générer du trafic vers des sites proposant du contenu protégé par des droits d’auteur« .

Sans autre forme de procès, la diffusion a été suspendue par Google. Il a fallu que le blogueur défende son cas et explique que son billet n’appelait pas au piratage pour que le leader mondial de la publicité en ligne accepte de revenir sur sa décision, évidemment sans procéder au moindre geste commercial pour compenser le préjudice subi.

Certes, il est heureux que Google ait réagi rapidement pour rétablir le service proposé à son client. Mais la situation aurait pu être évitée si la firme de Mountain View envoyait d’abord une demande d’explication avant de sanctionner, laissant ainsi à l’éditeur la possibilité de réagir avant de subir le moindre préjudice. Par ailleurs, les robots de Google Adsense gagneraient à ne pas considérer RapidShare ou MegaUpload comme des sites illégaux, alors que seul leur usage peut éventuellement être illégal.

Mais sur ce point là, Google a déjà montré le peu de cas qu’il faisait de la légalité de certains outils, en censurant RapidShare, BitTorrent ou encore MegaUpload de ses services Google Instant et Google Suggest.

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