Habitué des excellents billets, Philippe Astor nous livrait il y a tout juste une semaine une réflexion sur le manque de contenu éditorial dans la musique en ligne. Une solution envisageable et déjà expérimentée : Wikipedia.

Dans son billet, Philippe Astor opposait très justement le marché américain au marché français. Alors qu’aux Etats-Unis le contenu éditorial a été rapidement perçu comme une valeur ajoutée essentielle au développement des offres musicales payantes, en France, c’est le vide total. Même la Fnac qui dispose de son réseau de disquaires ne propose pas de discographies travaillées ou de biographies croisées. Elle ne joue pas non plus avec les hyperliens pour proposer aux clients de son service de musique en ligne de fouiller plus en profondeur dans le catalogue. Les marchands français en sont restés aux classiques rayonnages « rock », « électro », « nouveautés », plutôt que nous proposer une véritable expérience culturelle enrichissante.

Côté américain, il suffit de se rendre sur le portail Music de Yahoo pour comprendre que l’éditorial a pris une place centrale dans la stratégie de séduction des plateformes en ligne. De l’autre côté de l’Atlantique, c’est l’excellentissime All Music Guide (AMG) qui fournit ce contenu à Yahoo et à nombre d’autres clients.

Mais les tarifs d’AMG ou des autres sources commerciales de syndication rebutent un nombre croissant d’acteurs de la netéconomie, qui voient aujourd’hui poindre de nouvelles solutions basées sur les communautés. Sean Ryan, qui n’est autre que l’ancien vice-président de RealNetworks et le créateur de Rhapsody, met l’accent sur une autre source, gratuite et collaborative : Wikipedia.

Il cite ainsi l’exemple du comparateur de prix GoFish.com (une sorte de AllMusicBox à l’américaine), qui a syndiqué le contenu de l’encyclopédie collaborative pour enrichir son portail. Cliquez sur le nom d’un artiste, par exemple Coldplay, et la description qui en faite sur Wikipedia apparaît, avec un lien pour en lire davantage.

En France, la Wikipedia artistique est déjà bien remplie, mais sa syndication par de grands portails inviterait certainement la communauté à s’y pencher davantage. Encore faut-il cependant que la culture de la syndication entre en France, et plus encore celle de faire confiance aux CCC (Contenus Créés par les Clients)…

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