Le blanchiment de piratage par iTunes Match est disponible en France

Julien L. - publié le Vendredi 16 Décembre 2011 à 10h36 - posté dans Musique Numérique

Un mois après les États-Unis, Apple propose iTunes Match aux Européens. Le service permet d'envoyer sa bibliothèque musicale sur les serveurs de la firme américaine, afin de pouvoir y accéder depuis n'importe quel terminal connecté. Le service permettra notamment aux internautes de remplacer des fichiers illégalement acquis sur les réseaux P2P par des versions légales issues d'iTunes Store.

La dernière édition de la Worldwide Developers Conference avait été l'occasion pour Apple de présenter un nouveau service musical autorisant les utilisateurs à envoyer leur musique sur les serveurs distants d'Apple.  Baptisé iTunes Match, le service est sorti aux États-Unis à la mi-novembre, après quelques reports. Un mois plus tard, il commence ces premiers pas en Europe, et notamment en France.

Facturé 24,99 euros par an, iTunes Match propose aux utilisateurs de balayer toute leur bibliothèque musicale, aussi bien les chansons achetées sur la boutique en ligne que les fichiers musicaux obtenus d'une autre manière, y compris illégalement, et de remplacer tous les titres reconnus par une version au format AAC 256 kbps, sans verrou numérique.

Or dans les faits, iTunes Match est un outil de blanchiment de piratage. Le service va permettre de remplacer des fichiers musicaux téléchargés sans autorisation par des versions légales récupérées depuis les serveurs d'Apple, sans aucun DRM et avec une qualité plus qu'honorable. Et le tout, pour un abonnement annuel coûtant un peu plus que deux albums CD.

Les internautes disposant d'une bibliothèque numérique en grande partie constituée illicitement pourraient donc être tentés de remplacer des milliers de fichiers MP3 par des versions AAC. Une manipulation très tentante, d'autant qu'elle peut se renouveler. Reste que l'opération n'a aucun intérêt sur le plan juridique, puisque c'est la mise sur les réseaux P2P qui est dans le collimateur des ayants droit et de la justice.

Reste qu'Apple cherche à se protéger. Comme l'a fait remarquer Cédric Manara sur Twitter, la firme américaine invite les utilisateurs à respecter les droits d'auteur, même s'il s'agit avant tout d'une précaution oratoire destinée à éviter de rendre Apple juridiquement complice d'une utilisation frauduleuse d'iTunes Match. Dans les faits, il sera toutefois impossible de faire la distinction entre fichiers légaux et piratés.

"Vous consentez par les présentes à utiliser iTunes Match uniquement pour des contenus légalement acquis. Toute utilisation de contenu illicite viole les droits d’autrui et vous expose à des sanctions civiles et pénales, y compris d’éventuels dommages-intérêts pécuniaires, sur le fondement de la contrefaçon de droits d'auteur" peut-on lire dans les conditions générales d'iTunes Store.

Publié par Julien L., le 16 Décembre 2011 à 10h36
 
 
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Commentaires à propos de «Le blanchiment de piratage par iTunes Match est disponible en France»
 

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format AAC 256 kbps,pas mal ce service!
"Vous consentez par les présentes à utiliser iTunes Match uniquement pour des contenus légalement acquis. Toute utilisation de contenu illicite viole les droits d'autrui et vous expose à des sanctions civiles et pénales, y compris d'éventuels dommages-intérêts pécuniaires, sur le fondement de la contrefaçon de droits d'auteur" peut-on lire dans les conditions générales d'iTunes Store.

En gros, est-ce qu'une personne pourra demander/obliger ou non Itune de vérifier avant passage dans sa 'machine à laver', p/r à une BDD si des fichiers ne sont pas taggés comme 'Pirate' et verrouiller le service, ou que sais-je ?

Après, concernant le service, c'est alléchant sur le papier mais payer une nouvelle fois pour ce qu'on a déjà acheté. Je préf ré-extraire mes CD de la cave moi-même.
Il est plutôt abusif d'affirmer que « dans les faits, iTunes Match est un outil de blanchiment de piratage. » il ne s'agit que d'un effet de bord, ça n'est pas le but visé et il eût été impossible qu'il en soit autrement. Mais que vaut maintenant l'argument d'impossibilité d'étendre l'exception pour copie privée aux échanges non commerciaux sous prétexte que cela serait contraire aux accords internationaux ? On lira d'ailleurs avec attention ce qu'en dit David El Sayegh du SNEP. Une précision bienvenue sur le droit exclusif : « Ce qui compte pour rendre un acte d'exploitation licite ce n'est pas en l'occurrence la licéité de la source, c'est le fait que le détenteur de droit de propriété intellectuelle donne à ce titre une autorisation en bonne et due forme. » Bon résumé.
Donc si j'ai bien compris le principe de la musique numérique, pour rapatrier des mp3 appartenant à apple chez moi, il faut payer et pour expédier chez Apple des mp3 m'appartenant, il faut payer aussi.

En fait, le pirate, tu vois le mec, il stocke des mp3 sur ses disques durs, tu vois. Et iTunes, tu vois, ils stockent des mp3 sur leurs disque durs, tu vois, mais c'est pas pareil. Le pirate, il stocke des mp3 mais c'est un pirate, et iTunes, ils stockent des mp3 mais c'est pas des pirates, c'est un business model.
M4khno, le 16/12/2011 - 11:04
Il est plutôt abusif d'affirmer que « dans les faits, iTunes Match est un outil de blanchiment de piratage. » il ne s'agit que d'un effet de bord, ça n'est pas le but visé et il eût été impossible qu'il en soit autrement.
Comme la présence de fichier "contrefaits" sur The pirate Bay ou Megaupload sont des effets de bord, en effet merci de le préciser.
lot, le 16/12/2011 - 10:54
"Vous consentez par les présentes à utiliser iTunes Match uniquement pour des contenus légalement acquis. Toute utilisation de contenu illicite viole les droits d'autrui et vous expose à des sanctions civiles et pénales, y compris d'éventuels dommages-intérêts pécuniaires, sur le fondement de la contrefaçon de droits d'auteur" peut-on lire dans les conditions générales d'iTunes Store.

En gros, est-ce qu'une personne pourra demander/obliger ou non Itune de vérifier avant passage dans sa 'machine à laver', p/r à une BDD si des fichiers ne sont pas taggés comme 'Pirate' et verrouiller le service, ou que sais-je ?

Après, concernant le service, c'est alléchant sur le papier mais payer une nouvelle fois pour ce qu'on a déjà acheté. Je préf ré-extraire mes CD de la cave moi-même.
Il est impossible de connaître l'origine des titres tout comme on achète jamais un morceau de musique ou un film, seulement une licence d'utilisation bien cadrée. L'oeuvre appartient toujours à son ou ses auteurs. Pour ce service c'est une nouvelle licence, exactement comme lorsque l'on paie redevance pour la copie privée.
UduWudu, le 16/12/2011 - 11:06
Donc si j'ai bien compris le principe de la musique numérique, pour rapatrier des mp3 appartenant à apple chez moi, il faut payer et pour expédier chez Apple des mp3 m'appartenant, il faut payer aussi.

En fait, le pirate, tu vois le mec, il stocke des mp3 sur ses disques durs, tu vois. Et iTunes, tu vois, ils stockent des mp3 sur leurs disque durs, tu vois, mais c'est pas pareil. Le pirate, il stocke des mp3 mais c'est un pirate, et iTunes, ils stockent des mp3 mais c'est pas des pirates, c'est un business model.
Apple ne stocke rien du tout qui vient de chez vous, ils disposent des titres ce pourquoi ils ont les autorisations et ils les délivrent à partir du nuage en miroir de ce que vous possédez sur vos disques. C'est un service qu'on paie et c'est tout. Il ne faut pas confondre l'oeuvre avec son support.
M4khno, le 16/12/2011 - 11:15
Apple ne stocke rien du tout qui vient de chez vous, ils disposent des titres ce pourquoi ils ont les autorisations et ils les délivrent à partir du nuage en miroir de ce que vous possédez sur vos disques. C'est un service qu'on paie et c'est tout. Il ne faut pas confondre l'oeuvre avec son support.
Ha oui donc ça me servira vraiment à rien (je pense que itunes n'a même pas 5-10% de mes titres en catalogue).
M4khno, le 16/12/2011 - 11:11
Pour ce service c'est une nouvelle licence, exactement comme lorsque l'on paie redevance pour la copie privée.
Non, ce n'est pas exactement pareil. Je paie la redevance pour la copie privée quelle que soit l'utilisation que je fais du support. Donc on estime qu'il y a de grandes chances que ce soit à peu près sûr que peut-être j'utilise le support pour y copier des fichiers musicaux ou vidéos. Si j'achète un disque dur pour installer mon OS, un CD pour graver mes photos de vacances ou une clé USB pour y mettre mes documents, je paie.
Pour le truc d'Apple, je paie si et seulement si j'ai envie de copier des chansons. J'ai le droit de ne pas payer si je ne veux pas le faire. J'ai également le droit de ne pas utiliser iTunes. Par ailleurs, Apple fournit un service, on paie donc le service.
Quel service la redevance pour la copie privée rémunère t-elle ?
tass_, le 16/12/2011 - 11:09
M4khno, le 16/12/2011 - 11:04
Il est plutôt abusif d'affirmer que « dans les faits, iTunes Match est un outil de blanchiment de piratage. » il ne s'agit que d'un effet de bord, ça n'est pas le but visé et il eût été impossible qu'il en soit autrement.
Comme la présence de fichier "contrefaits" sur The pirate Bay ou Megaupload sont des effets de bord, en effet merci de le préciser.
Rien à voir. Apple a l'autorisation de fournir un service en échange de paiement de redevances aux ayants droit, pas The Pirate Bay ou MegaUpload. Le but n'est pas ici de blanchir le piratage mais de rendre disponible le contenu du disque dur de l'abonné sur tous ses appareils. Cependant il est impossible de déterminer l'origine des titres à synchroniser. Mais ça ne pose aucun problème de droit d'auteur comme le fait pertinemment remarquer David El Sayegh que j'ai laissé en lien.
@M4khno : j'avais compris, un peu de dérision ne nuit pas.

Mais si tu veux creuser un peu, le business model, c'est quand même : confiez moi ce qui vous appartient afin que je puisse vous le revendre.
M4khno, le 16/12/2011 - 11:22
Rien à voir. Apple a l'autorisation de fournir un service en échange de paiement de redevances aux ayants droit, pas The Pirate Bay ou MegaUpload. Le but n'est pas ici de blanchir le piratage mais de rendre disponible le contenu du disque dur de l'abonné sur tous ses appareils. Cependant il est impossible de déterminer l'origine des titres à synchroniser. Mais ça ne pose aucun problème de droit d'auteur comme le fait pertinemment remarquer David El Sayegh que j'ai laissé en lien.

Mais bien sûr... Les gens ne vont mettre que des mp3 achetés, des mp3 qu'ils peuvent déjà emporter avec eux sur divers devices et héberger sur des clouds (oui apple n'est pas le premier à faire du cloud hein).

La SEULE spécificité de ce service est de pouvoir transformer une source illicite en source licite, il n'a AUCUN autre intérêt.
milord, le 16/12/2011 - 11:18
M4khno, le 16/12/2011 - 11:11
Pour ce service c'est une nouvelle licence, exactement comme lorsque l'on paie redevance pour la copie privée.
Non, ce n'est pas exactement pareil. Je paie la redevance pour la copie privée quelle que soit l'utilisation que je fais du support. Donc on estime qu'il y a de grandes chances que ce soit à peu près sûr que peut-être j'utilise le support pour y copier des fichiers musicaux ou vidéos. Si j'achète un disque dur pour installer mon OS, un CD pour graver mes photos de vacances ou une clé USB pour y mettre mes documents, je paie.
Pour le truc d'Apple, je paie si et seulement si j'ai envie de copier des chansons. J'ai le droit de ne pas payer si je ne veux pas le faire. J'ai également le droit de ne pas utiliser iTunes. Par ailleurs, Apple fournit un service, on paie donc le service.
Quel service la redevance pour la copie privée rémunère t-elle ?
Ça n'est pas parce qu'Apple offre un service qu'on ne paie pas de droits, bien au contraire ils représentent 70% du prix payé. De même pour la copie privée on paie des droits de reproduction. Le fait est que le paiement est mutualisé qu'on paie sur une partie du support qui ne sera pas dédié à la copie mais vous oubliez que vous ne payez pas sur des supports qui recevront des copies comme par exemple les disques d'ordinateurs ou autres disques internes. Je comprends que vous préféreriez un système de compteur installé chez tout le monde pour comptabiliser les copies et ensuite facturer les droits au prorata de l'utilisation. Mais je n'en suis pas partisan. Je trouve ça trop intrusif. La mutualisation me convient parfaitement. Si l'on a besoin de beaucoup d'espace de stockage qui serait réservé à autre chose que des musiques ou des films, il est toujours possible d'acheter du matériel professionnel comme les NAS ou système RAID de sauvegarde en réseau ou même des disques internes, lesquels ne sont pas assujettis. C'est même indispensable lorsqu'on est photographe professionnel, vidéaste, musicien... ou qu'on a besoin de sauvegardes pérenne. C'est ce que j'ai fait et il se trouve que j'y stocke aussi ma musique... pour ne pas la perdre.
UduWudu, le 16/12/2011 - 11:22
@M4khno : j'avais compris, un peu de dérision ne nuit pas.

Mais si tu veux creuser un peu, le business model, c'est quand même : confiez moi ce qui vous appartient afin que je puisse vous le revendre.
Une oeuvre reste toujours la propriété de son auteur, lui même ne peut la revendre et quand bien même il le ferait que le contrat serait frappé de nullité. Cela ne vous appartient pas.
@M4khno :
tu préférerais comme formulation : confiez-moi ce que je vous ai déjà vendu afin que je puisse vous le revendre ?
ou alors :

confiez-moi ce que vous avez déjà acheté/payé même ailleurs que chez moi, que je puisse vous le revendre.

je te laisse le choix.
M4khno, le 16/12/2011 - 11:35
milord, le 16/12/2011 - 11:18
M4khno, le 16/12/2011 - 11:11
Pour ce service c'est une nouvelle licence, exactement comme lorsque l'on paie redevance pour la copie privée.
Non, ce n'est pas exactement pareil. Je paie la redevance pour la copie privée quelle que soit l'utilisation que je fais du support. Donc on estime qu'il y a de grandes chances que ce soit à peu près sûr que peut-être j'utilise le support pour y copier des fichiers musicaux ou vidéos. Si j'achète un disque dur pour installer mon OS, un CD pour graver mes photos de vacances ou une clé USB pour y mettre mes documents, je paie.
Pour le truc d'Apple, je paie si et seulement si j'ai envie de copier des chansons. J'ai le droit de ne pas payer si je ne veux pas le faire. J'ai également le droit de ne pas utiliser iTunes. Par ailleurs, Apple fournit un service, on paie donc le service.
Quel service la redevance pour la copie privée rémunère t-elle ?
blabla
Je faisais juste remarquer que de dire que c'est exactement pareil est faux. C'est tout.
UduWudu, le 16/12/2011 - 11:50
@M4khno :
tu préférerais comme formulation : confiez-moi ce que je vous ai déjà vendu afin que je puisse vous le revendre ?
ou alors :

confiez-moi ce que vous avez déjà acheté/payé même ailleurs que chez moi, que je puisse vous le revendre.

je te laisse le choix.

Il te dira que c'est pas du tout la même chose, tu a payé pour un fichier X reproduisant le morceau A, et là tu payes pour pouvoir avoir le fichier Y reproduisant le morceau A (s'il est dans la bibliothèque itunes) dans le cloud ! C'est y pas beau ?

T'as toujours mal au cul ? C'est normal !
tass_, le 16/12/2011 - 11:27
La SEULE spécificité de ce service est de pouvoir transformer une source illicite en source licite, il n'a AUCUN autre intérêt.
Pas seulement. Précision :

L'article passe dessus mais d'après Itune, le service permet ceci : "you can STREAM and store it to any of your devices". " Any music with a match is automatically added to iCloud for you to listen to anytime, on any device". Certains nomades apprécieront. Ceux qui ont des appareils qne prenant pas en charge l'AAC aussi.

Pour moi, c'est ce qu'ils essayent de vendre, au-delà de la javelisation. Du nomade. De la compatibilité (Je me souviens du bordel avec le HTC qui ne prenait pas en charge le format AAC)

- Itune se propose également d'uploader les fichiers non présent dans leurs DataBase ?. J'y crois moyen

Autre question : y-a-t-il une limite aux nombres de fichiers qu'ont peut Javeliser. Sinon, 2 000 fichiers, 24.99 Euros. 2 000 fichiers sur l'Itune Store, 2 000 euros. On va dire que le bonus est lié au fait qu'on possède déjà les fichiers.

- Cela m'amène surtout à la réflexion sur les DRM. Il n'y a pas si longtemps, on voulait nous obliger à racheter une nouvelle licence plein pôt pour pouvoir écouter notre musique sur différents appareils, limiter le transfert sur un autre support alors qu'une taxe copie privé est déjà payé ... , alors qu'on voit que maintenant, cela ne leur coûtait presque rien de nous en donner la possibilité.

Vraiment, c'était un modèle fait pour "extorquer" les clients (les constructeurs d'appareils en était), et non lutter contre les pirates ou je ne sais qui qd ont voit comment Itune arrive à faire passer son truc. On ne va pas s'en plaindre.
J'utilise iTune match depuis ce matin, 99% de ma bibliothèque à été reconnue, le son est de qualité, les pochettes d'album et les tag sont automatiques, et j'accède donc à 90 GO de musique sur un iPhone 8GO. Sans entrer dans les questions éthique, le service vaut bien 25€ par an à mon avis, et surpasse un spotify ou un deezer.
@Tass: bien sûr qu'on peut me répondre ça. C'est déjà supposer que je ne sois pas en mesure de comprendre ce dont il est question précisément, mais je maintiens mes formulations. àa ne concerne d'ailleurs pas iTunes en particulier mais le principe même du cloud. Ce sont des questions purement rhétoriques. Si ça en amuse certains d'y répondre...

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