Comment TMG traquera les sites pirates pour bloquer leurs clones

Guillaume Champeau - publié le Lundi 05 Décembre 2011 à 09h33 - posté dans Société 2.0

La société TMG, déjà chargée de collecter les adresses IP des internautes sur les réseaux P2P pour les fournir à l'Hadopi, pourrait se voir confier le suivi de l'application judiciaire des demandes de blocage de sites internet, pour automatiser l'élargissement des demandes de blocage à tout site miroir. C'est en tout cas ce que demandent les producteurs de cinéma, distributeurs de films et éditeurs de vidéos numériques dans leur assignation contre Allostreaming et consorts.

On ne peut pas dire que l'industrie du cinéma n'a pas soigneusement préparé son action en justice pour faire bloquer et déréférencer des sites pirates en France. Fatigués de voir l'Hadopi rejeter le filtrage, qu'ils lui demandent à corps et à cris depuis de très nombreux mois, les ayants droit ont décidé la semaine dernière d'agir en solo (mais avec le soutien en coulisses de l'Elysée) pour d'utiliser l'arme atomique de l'article L336-2 du code de la propriété intellectuelle, qui permet de demander au juge de prononcer en urgence à peu près n'importe quelle mesure à l'encontre de n'importe qui, pourvu qu'elles contribuent à lutter contre le piratage. La procédure a deux avantages pour les plaignants : elle ne nécessite pas de citer à comparaître les sites à bloquer, qui dès lors n'ont pas les moyens de se défendre ; et elle peut être mise en oeuvre très rapidement. C'est dès le 15 décembre que le juge des référés entendra les arguments des plaignants, avec pour seuls défendeurs les FAI et les moteurs de recherche assignés.

Dans leur assignation, publiée par PCInpact (.pdf), les plaignants reconnaissent parfaitement les limites des mesures de blocage par DNS ou par adresse IP que le juge pourrait ordonner. Ils citent notamment les échecs relatifs à The Pirate Bay qui a pu créer différent noms de domaine pour permettre aux internautes de continuer à le visiter, ou la création de sites miroirs pour contourner le blocage de CopWatch en France.

C'est pourquoi ils proposent au juge une solution clé en main pour le suivi de l'application judiciaire des mesures ordonnées, ce qui serait une première au monde. Ils demandent au tribunal d'ordonner aux FAI et aux moteurs de recherche qu'ils s'interconnectent avec TMG, la fameuse société nantaise déjà responsable de la chasse aux adresses IP sur les réseaux P2P, pour mettre à jour les mesures de blocage en temps réel. Si un site change d'adresse IP ou renaît sous un nom de domaine différent, il sera immédiatement ajouté à la liste pour être de nouveau bloqué. 

Les sites seront identifiés par leurs "paramètres clés", dont on ne sait à peu près rien, et un "dispositif logiciel" permettra à TMG de notifier automatiquement aux FAI et à Google et consorts les modifications à apporter au filtrage. Toutes les modifications seront simplement vérifiées par un agent assermenté de l'ALPA, sans que le juge n'ait à valider chaque changement d'adresse IP ou de nom de domaine. Au nom de l'efficacité, le juge est appelé à faire confiance à une société privée déjà épinglée pour ses mesures de sécurité défaillantes, et il n'interviendra que si l'une des parties décide de le saisir suite à une difficulté. Aucune assurance n'est donnée sur l'impossibilité de surbloquer des sites par l'ajout d'une adresse IP, ou d'ajouter injustement des noms de domaine qui ne seraient pas de purs clones du site déjà bloqué.

Avec ce dispositif, l'ALPA et les industriels du cinéma qu'elle représentent n'ont plus besoin de l'Hadopi pour défendre leurs droits. Si cette dernière continue de traquer les particuliers sur les réseaux P2P, pour leur dire de se rendre sur les plateformes légales, les ayants droit se chargent eux de faire bloquer les sites pirates alternatifs.

Le dispositif est ainsi décrit dans l'assignation :

L'ALPA a structuré un dispositif autour de deux pôles complémentaires :

  • D'une part, un dispositif logiciel a été mis au point pour permettre d'effectuer un suivi permanent et en temps réel des sites, de leurs adresses IP et de leurs noms de domaine, pour signaler et traiter tout changement pouvant intervenir postérieurement à la décision judiciaire de blocage d'accès et de déréférencement des moteurs de recherche.
  • D'autre part, une intervention humaine a été prévue pour vérifier une situation signalée par le dispositif logiciel, et procéder à un rapprochement avec une situation antérieurement traitée afin de valider la similarité des situations litigieuses justifiant les mesures prises, dans le cadre d'une veille permanente pour permettre aux agents assermentés de traiter à tout moment (tous les jours de l'année) les signalements correspondants.

 

Selon les situations identifiées par le traitement automatisé mis en place : 
  • Ou bien le dispositif utilisé, après comparaison des paramètres clés d'identification des sites internet objets de la présente procédure permet de constater que les modifications intervenues n'affectent aucun des paramètres clés sur le fondement desquels l'autorisation de blocage a été accordée, et dans ce cas la mesure de blocage ordonnée par le Juge s'étend à l'adresse IP qui a été substituée à celle ayant fait l'objet de la décision de blocage initial, la précédente adresse IP étant alors elle-même débloquée.
  • Ou bien le dispositif utilisé, après comparaison des paramètres clés d'identification des sites internet objets de la présente procédure, permet de constater et de faire confirmer par un agent  assermenté l'apparition de sites nouveaux qui ne constituent que la copie de ceux dont l'accès a été bloqué, et il convient alors de permettre aux mesures de blocage prononcées de maintenir leur efficacité en étendant leurs effets à ces situations strictement similaires.

    Il en va de même, dans les mêmes circonstances, d'un nouveau nom de domaine se substituant au nom de domaine initial

    Dans ces hypothèses, sur le fondement des constatations de l'agent assermenté en aval du traitement automatisé, ledit agent assermenté doit donc être autorisé à notifier tout changement aux intermédiaires techniques de l'Internet parties à la procédure pour qu'ils en prennent compte dans un délai raisonnable. 
Après une période initiale au terme de laquelle il devrait être possible de faire le point de la mise en place des mesures sollicitées, le processus décrit pourra être soumis au Juge pour un réexamen à l'initiative de toute partie intéressée dans les conditions fixées au dispositif.  Enfin, s'il apparaît que l'un ou plusieurs des paramètres clés sur le fondement desquels l'autorisation de blocage avait été accordée a ou ont été modifiées, ou encore qu'il existe à tout le moins un doute sur une telle modification, les constatations de l'agent assermenté en aval du traitement automatisé conduiront à une nouvelle saisine du Juge préalablement à toute notification compte tenu de difficultés ou d'aléas n'autorisant pas un traitement par équivalence. 
SUR LE TRAITEMENT EN TEMPS REEL DES CHANGEMENTS SUSCEPTIBLES D'INTERVENIR 
 
Pour assurer ce traitement en temps réel, une fois qu'une adresse IP d'un site a fait l'objet d'une décision judiciaire de blocage, elle sera placée dans une base d'observation intégrée au dispositif logiciel d'actualisation aux fins de mise sous observation permanente. Dans ce cadre un certain nombre de paramètres font l'objet d'une vérification automatisée. II s'agit notamment de vérifier si les paramètres clés de l'identité du site ont été modifiés et si l'adresse IP est éligible au blocage.
Ainsi la mise à jour des mesures à intervenir sera notamment assurée grâce à une comparaison automatisée des paramètres clés de l'identité de chacun des sites concernés tels que notamment ceux apparaissant dans leur code source respectifs au travers de leur expression régulière.
Pourront être sauvegardées de la sorte par le processus développé par l'ALPA avec TMG les exigences de preuve, de prévisibilité, de transparence nécessaires à l'obtention de l'autorisation du juge sans permettre aux sites illicites visés d'en profiter pour anticiper le traitement.
Seront examinées les différentes étapes du contrôle effectué par le dispositiflogiciel de l'ALPA-TMG comme suit : 
=> Site déjà visé par la mesure de blocage d'accès 
=> IP du site en question à un instant T 
=> Nom de domaine du site à un instant T 
Dans le but de pouvoir suivre toutes modifications de stratégie de l'administrateur du site visé par la mesure, les acteurs de l'Internet en situation de détecter tout changement seront régulièrement interrogés.
Si les paramètres clés de l'identité des sites concordent de façon quasi-exhaustive sur les différents pages, donc sur les différents codes sources, alors une vérification par agent assermenté sera effectuée, et en l'absence de contradiction entre le résultat du processus automatisé et les constatations de l'agent, une notification sera adressée aux prestataires techniques parties à la procédure afin de réaliser l'actualisation de la mesure ordonnée.
Le traitement d'actualisation pourra déboucher, selon les cas, sur un nouveau blocage de nom de domaine (par exemple www.illegal-sitez.com, copie conforme du site www.illegal-sitel.com faisant objet de la mesure de blocage, autrement appelé "site miroir") ou encore d'une nouvelle adresse IP pointant vers une copie de ce même site, mais ne possédant pas de nom de domaine. Il pourra également déboucher sur un déblocage du nom de domaine ou de l'adresse IP préalablement bloquée. 
Dans toutes les hypothèses où le traitement d'actualisation conduirait à la constatation de l'existence de difficultés, de doutes, ou d'aléas, n'autorisant pas un traitement par équivalence, les actions découlant du traitement automatisé ne feront pas l'objet d'une notification par l'agent assermenté, ce dernier invitant les demandeurs à procéder à une nouvelle saisine préalable du juge. 
Il est précisé que toute notification de blocage ou de déblocage effectuée par un agent assermenté en application de la décision judiciaire à intervenir fera l'objet d'une notification (en français et en anglais) en premier lieu, s'agissant des noms de domaine, aux enregistreurs de noms de domaines (Registrars) et à tout prestataire d'anonymisation apparaissant comme le titulaire du nom de domaine ("Registrant"), et en second lieu à l'hébergeur du site internet s'agissant de l'adresse IP.  Le dispositif logiciel d'actualisation couvre par hypothèse de très nombreuses situations factuelles susceptibles de survenir.

 

Publié par Guillaume Champeau, le 5 Décembre 2011 à 09h33
 
 
82
Commentaires à propos de «Comment TMG traquera les sites pirates pour bloquer leurs clones»
 

1
2
3
4
5
Je résume. On veut établir un censeur, motivé par des intérêts privés et sans contrôle judiciaire ; j'ai bon?
Qui sont cons ces ayant droit :D défférencer de google pas de problème si le lien est en marque page sinon change de moteur de recherche :D
Ca sent l'explosion des darknets à plein nez.
La réponse du juge devrait etre tres simple: "AH AH TROP LOL ARRET SABAM CJUE LOL YOU LOSE!"
Huhu, ils connaissent vraiment rien à rien ces types ... on va tous finir sur le réseau Freenet avec des index un peu plus lent mais juste impossible à censurer.

Il faut vraiment être frapadingue pour arriver à pondre des trucs pareils.

Par contre on ne peut que reconnaître qu'ils apprennent de leur erreurs, ils proposent des solutions construites maintenant, c'est plus du gros n'importe quoi du genre "démerdez vous mais bloquer cette musique sur tout l'internet".
Euh.... et si un pirate (un vrai hein, qui s'introduit sur les sites tout ça) s'amuse à créer un site miroir allomachin sur un serveur "hyper sécurisé" de TMG ? Il se passe quoi ?
TMG s'auto-ampute d'internet ?
Pour le coup, j'ai hâte de voir se créer ump.fr/allotruc, elysee.fr/allotruc, france.fr/allotruc....
Sinon, pour compléter l'article, je suis tout à fait d'accord avec les commentaires précédents:
- pour contrer la censure privée, on va se mettre à faire du darknet/tor/freenet à tout va
- comme la plupart des gens ici ont la geek-attitude, ca ne nous posera pas de souci
- mais le pire, c'est qu'au final en tant que "hotline" de Mme Michu, on va se mettre à leur expliquer comment faire de même
C'est vraiment la pire des idées !
enzopitek, le 05/12/2011 - 10:19
vpn powaaaaaaa
Hors sujet ? Le VPN ne solutionnera en rien le problème de la suppression des sites miroirs.

J'en profite pour rajouter que pour le coup si, il ont été un peu foufou. Ils partent sur un principe de coopération des FAI. Sauf que si ils sont un minimum professionnel, tu refuses de connecter ton réseau d'entreprise à une société tierce qui a démontré son incapacité à faire du bon travail.

Car si le système de TMG à un problème c'est tout le réseau de l'opérateur qui va en prendre pour son grade. Qui est responsable dans ce cas ? C'est les ayants droits qui vont assumer les millions de pertes des opérateurs ?
Vite prendre des actions dans des sociétés de VPN ors de france, tant que c'est pas interdit d'être avec un vpn évidemment...
Crazysky, le 05/12/2011 - 10:28
enzopitek, le 05/12/2011 - 10:19
vpn powaaaaaaa
Hors sujet ? Le VPN ne solutionnera en rien le problème de la suppression des sites miroirs.

Ils ne sont en aucun cas supprimés physiquement mais blackliste via le FAI, il suffit donc de ne pas transiter par lui via un VPN et on verra le site web.
Crazysky, le 05/12/2011 - 10:28
enzopitek, le 05/12/2011 - 10:19
vpn powaaaaaaa
Hors sujet ? Le VPN ne solutionnera en rien le problème de la suppression des sites miroirs.

J'en profite pour rajouter que pour le coup si, il ont été un peu foufou. Ils partent sur un principe de coopération des FAI. Sauf que si ils sont un minimum professionnel, tu refuses de connecter ton réseau d'entreprise à une société tierce qui a démontré son incapacité à faire du bon travail.

Car si le système de TMG à un problème c'est tout le réseau de l'opérateur qui va en prendre pour son grade. Qui est responsable dans ce cas ? C'est les ayants droits qui vont assumer les millions de pertes des opérateurs ?
Ils vont pas simplement bloquer les sites miroirs ? Car comment ils feront pour supprimer les sites miroirs qui sont hors de France ?
C'est vraiment pitoyable ah elle est belle l'offre légale !

Ah ? Y'en a pas ? :)
Sans être obligé de passer par un VPN, il y a bien plus simple:
HTTP + proxy :D
On peut toujours discuter des moyens techniques envisagés, de l'intermédiaire TMG qui semble souvent privilégié, mais si on en revient au fond du problème, il y a quand même un manque dans la législation.

Quand la justice interdit un livre parce qu'il contient des propos calomnieux ou faisant l'apologie d'idéologies nauséabondes ou quelque soit la raison, ce n'est pas la forme physique du livre qui est interdite, c'est son contenu.
Si le livre ressort avec une couverture rouge à la place d'une couverture verte, il reste interdit.
Si le livre ressort avec juste le nom de l'auteur changé, il reste interdit.
Si le livre ressort avec juste le titre changé, il reste interdit.
Si le livre ressort chez un autre éditeur, il reste interdit.

Le livre n'a pas été interdit à cause de la couleur de sa couverture, du nom de l'auteur, du titre ou de l'éditeur : il a été interdit pour son contenu.

Or, pour les sites Internet, nous avons une situation où quand un site Web est interdit, il peut réapparaître en changeant d'éditeur (d'hébergeur), en changeant d'auteur (de propriétaire), de titre (de nom de domaine) ou de couleur de couverture (de template de charte graphique). Mais avec exactement le même contenu.

Il y a clairement un problème. Ce n'est pas être un suppôt des maisons de disques que de reconnaître qu'il y a un problème de législation. Si tu demandes l'interdiction d'un site Internet, ce n'est pas pour le voir réapparaître le lendemain.

Parce que voila l'autre problème : c'est le temps. Quand on est dans le domaine des livres, le temps de l'éditeur/imprimeur/distributeur est compatible avec le temps judiciaire. Un type qui s'amuserait à ressortir un livre déjà interdit en changeant juste la couleur de la couverture, la justice aurait le temps d'être saisie pour que l'interdiction puisse à nouveau être prononcée.

Mais là, avec Internet, le temps n'est plus le même. Un site interdit peut réapparaître quelques heures plus tard. Faut-il qu'il y ait des batteries de juges qui siègent en permanence pour prononcer des interdictions à la chaîne encore et toujours sur les mêmes sites ? Remarquez, ce serait un bon moyen de faire baisser le chômage...

Alors bien entendu (et c'est dommage), le fait que ce soit les "ayant-droits" qui posent le débat et le fait que ce soit TMG qui soit pressenti va entraîner automatiquement une réaction de rejet et de caricatures. C'est dommage car dans un cadre "Réfléchir le numérique", la question du respect des décisions de justice sur Internet aurait pu être un débat intéressant.
On nage en plein délire là non ?
Sauf que le livre interdit en france on peut l'acheter dans un autre pays sans qu'il soit bloqué à la douane, ors c'est le cas ici.
zig, le 05/12/2011 - 10:45
On peut toujours discuter des moyens techniques envisagés, de l'intermédiaire TMG qui semble souvent privilégié, mais si on en revient au fond du problème, il y a quand même un manque dans la législation.

Quand la justice interdit un livre parce qu'il contient des propos calomnieux ou faisant l'apologie d'idéologies nauséabondes ou quelque soit la raison, ce n'est pas la forme physique du livre qui est interdite, c'est son contenu.
Si le livre ressort avec une couverture rouge à la place d'une couverture verte, il reste interdit.
Si le livre ressort avec juste le nom de l'auteur changé, il reste interdit.
Si le livre ressort avec juste le titre changé, il reste interdit.
Si le livre ressort chez un autre éditeur, il reste interdit.

Le livre n'a pas été interdit à cause de la couleur de sa couverture, du nom de l'auteur, du titre ou de l'éditeur : il a été interdit pour son contenu.

Or, pour les sites Internet, nous avons une situation où quand un site Web est interdit, il peut réapparaître en changeant d'éditeur (d'hébergeur), en changeant d'auteur (de propriétaire), de titre (de nom de domaine) ou de couleur de couverture (de template de charte graphique). Mais avec exactement le même contenu.

Il y a clairement un problème. Ce n'est pas être un suppôt des maisons de disques que de reconnaître qu'il y a un problème de législation. Si tu demandes l'interdiction d'un site Internet, ce n'est pas pour le voir réapparaître le lendemain.

Parce que voila l'autre problème : c'est le temps. Quand on est dans le domaine des livres, le temps de l'éditeur/imprimeur/distributeur est compatible avec le temps judiciaire. Un type qui s'amuserait à ressortir un livre déjà interdit en changeant juste la couleur de la couverture, la justice aurait le temps d'être saisie pour que l'interdiction puisse à nouveau être prononcée.

Mais là, avec Internet, le temps n'est plus le même. Un site interdit peut réapparaître quelques heures plus tard. Faut-il qu'il y ait des batteries de juges qui siègent en permanence pour prononcer des interdictions à la chaîne encore et toujours sur les mêmes sites ? Remarquez, ce serait un bon moyen de faire baisser le chômage...

Alors bien entendu (et c'est dommage), le fait que ce soit les "ayant-droits" qui posent le débat et le fait que ce soit TMG qui soit pressenti va entraîner automatiquement une réaction de rejet et de caricatures. C'est dommage car dans un cadre "Réfléchir le numérique", la question du respect des décisions de justice sur Internet aurait pu être un débat intéressant.

Les droits de la majorité sont supérieures aux droits individuels. Donc pas touche à ma liberté d'expression sur le web juste pour mettre fin à une contrefaçon dont les conséquences néfastes n'ont jamais été prouvé ou pour mettre fin à l'illégalité d'un site sous prétexte qu'il émet des idées contraires à celle de nos gouvernements.
Une idée n'en est qu'une, l'empêcher d'être écrite ne changera rien au fait que certains pensent ainsi.
ils vont faire des millions de sites avec des noms différents avec rendez-vous au même siège
et les mots clés tout le monde les utilise plus ou moins
qu'en pensera la CJUE et le CC
y aura t -il appel et cassation
J'ai hâte de voir
Le feuilleton continue
zig, le 05/12/2011 - 10:45
On peut toujours discuter des moyens techniques envisagés, de l'intermédiaire TMG qui semble souvent privilégié, mais si on en revient au fond du problème, il y a quand même un manque dans la législation.

Quand la justice interdit un livre parce qu'il contient des propos calomnieux ou faisant l'apologie d'idéologies nauséabondes ou quelque soit la raison, ce n'est pas la forme physique du livre qui est interdite, c'est son contenu.
Si le livre ressort avec une couverture rouge à la place d'une couverture verte, il reste interdit.
Si le livre ressort avec juste le nom de l'auteur changé, il reste interdit.
Si le livre ressort avec juste le titre changé, il reste interdit.
Si le livre ressort chez un autre éditeur, il reste interdit.

Le livre n'a pas été interdit à cause de la couleur de sa couverture, du nom de l'auteur, du titre ou de l'éditeur : il a été interdit pour son contenu.

Or, pour les sites Internet, nous avons une situation où quand un site Web est interdit, il peut réapparaître en changeant d'éditeur (d'hébergeur), en changeant d'auteur (de propriétaire), de titre (de nom de domaine) ou de couleur de couverture (de template de charte graphique). Mais avec exactement le même contenu.

Il y a clairement un problème. Ce n'est pas être un suppôt des maisons de disques que de reconnaître qu'il y a un problème de législation. Si tu demandes l'interdiction d'un site Internet, ce n'est pas pour le voir réapparaître le lendemain.

Parce que voila l'autre problème : c'est le temps. Quand on est dans le domaine des livres, le temps de l'éditeur/imprimeur/distributeur est compatible avec le temps judiciaire. Un type qui s'amuserait à ressortir un livre déjà interdit en changeant juste la couleur de la couverture, la justice aurait le temps d'être saisie pour que l'interdiction puisse à nouveau être prononcée.

Mais là, avec Internet, le temps n'est plus le même. Un site interdit peut réapparaître quelques heures plus tard. Faut-il qu'il y ait des batteries de juges qui siègent en permanence pour prononcer des interdictions à la chaîne encore et toujours sur les mêmes sites ? Remarquez, ce serait un bon moyen de faire baisser le chômage...

Alors bien entendu (et c'est dommage), le fait que ce soit les "ayant-droits" qui posent le débat et le fait que ce soit TMG qui soit pressenti va entraîner automatiquement une réaction de rejet et de caricatures. C'est dommage car dans un cadre "Réfléchir le numérique", la question du respect des décisions de justice sur Internet aurait pu être un débat intéressant.
il y a un mot qui est important dans ton post c'est 'La justice'.

1
2
3
4
5
Télécharger
Prism Video Converter
Encoder ou convertir - Conversion facile et rapide de vidéos
 
Nexus Radio
Lecteur audio et vidéo - e-radio à l'interface soignée
 
KAR Energy Software
Optimisation - Réduisez la consommation électrique de votre ordinateur.
 
Décembre 2011
 
Lu Ma Me Je Ve Sa Di
28 29 30 1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31 1
2 3 4 5 6 7 8
Matoumba
EntrepreNantes
Numerama est un site du réseau PressTIC