Steve Jobs était prêt à aller jusqu'au bout contre Android. C'est ce qui ressort de quelques extraits de la biographie du fondateur d'Apple, qui doit paraître la semaine prochaine en France. On y découvre un Steve Jobs résolu à mobiliser l'entreprise entière contre le système d'exploitation de Google.

Ce n’est un secret pour personne, Steve Jobs n’a jamais supporté de voir son ancien partenaire et néanmoins concurrent, Google, se lancer dans le marché des smartphones avec Android. Racheté à une startup et dévoilé fin 2007, le système d’exploitation mobile de la firme de Mountain View, sorti en novembre 2008, taille aujourd’hui des croupières à Apple et son fameux couple iOS/iPhone, au point de constituer une menace sérieuse.

« Ils veulent tuer l’iPhone »

« Nous ne sommes pas aller sur le marché de la recherche. Ils sont venus sur le marché de la téléphonie. Soyez assurés qu’ils veulent tuer l’iPhone. Nous n’allons pas les laisser faire » avait déclaré l’an dernier le patron d’Apple devant des employés de la firme, lors de la présentation de l’iPad. S’attaquant au slogan de Google, « don’t be evil« , il aurait également déclaré que les bons sentiments affichés par son rival sont « des conneries« .

Depuis, les deux firmes se livrent une guerre ouverte sur une multitude de fronts. La situation aurait cependant pu être bien pire entre Google et Apple si Steve Jobs avait laissé libre cours à sa colère. Auteur d’une biographie consacrée à Steve Jobs, qui doit paraître en France le 26 octobre, Walter Isaacson a pu recueillir quelques commentaires sur Android dans la série d’entretiens qu’il a eu avec le patron d’Apple.

La guerre totale contre Android

« Je consacrerai jusqu’à mon dernier souffle si nécessaire, je dépenserai chaque centime des 40 milliards de dollars qu’Apple a en banque pour corriger cette erreur. Je vais détruire Android parce que c’est un produit volé. Je vais leur faire une guerre thermonucléaire« . Selon Walter Isaacson, interrogé par CBS, Steve Jobs avait lâché cette phrase dans un contexte un peu particulier où Android s’imposait petit à petit chez les fabricants.

Au début de l’année 2010, HTC a en effet présenté de nouveaux appareils équipés de la surcouche « Sense » offrant une expérience tactile assez proche de celle disponible sur iPhone. « Livide », selon Isaacson, Steve Jobs a alors préparé sa riposte devant les tribunaux. Apple a par la suite déposé en mars une plainte accusant HTC d’avoir violé 20 brevets relatifs à l’iPhone. Une attaque qui visait aussi à toucher indirectement Google.

La croisade personnelle de Steve Jobs

Google aurait cherché à résoudre ce conflit à l’amiable, sans doute en pensant que le conflit avec Apple allait très certainement s’étendre dans des proportions démesurées si Android continue à se propager sur les smartphones. Les tentatives de négociation avec Eric Schmidt, alors PDG de Google, n’ont jamais rien donné. Le détail n’est pas connu, mais quel que soit le montant, Steve Jobs était prêt à repousser l’offre.

« Je ne veux pas de ton argent. Même si tu m’offres 5 milliards de dollars, je n’en veux pas. J’ai déjà suffisamment d’argent. Je veux que tu arrêtes de reprendre nos idées dans Android, c’est tout ce que je veux » est-il écrit dans la biographie du fondateur d’Apple. Il est clair qu’à ce stade, la croisade de Steve Jobs contre Android a pris un tour plus personnel, puisque la passion l’a remporté sur la raison.

Apple s’estime être à l’origine d’Android

Pour comprendre le désir de Steve Jobs de tuer Android, il faut avoir en tête qu’Apple s’estime d’une certaine façon à l’origine du système d’exploitation. Comme le relate le Journal du Net, l’actuel responsable du développement d’Android, Andy Rubin, se serait inspiré du travail effectué lorsqu’il était chez Apple pour concevoir une technologie fondamentale au sein d’Android.

C’est en tout cas ce qui ressort de la plainte d’Apple contre HTC déposée auprès de la commission du commerce international (ITC) aux États-Unis pour des questions de brevets. « Les supérieurs de Rubin chez Apple étaient les inventeurs du brevet de l’API temps réel et il a travaillé pour eux au même moment où il réalisait cette invention« . Une technologie qui permet de traiter en temps réel des données transmises en série.

Les bons artistes copient…

Au-delà de savoir si Android a profité de l’expérience d’Andy Rubin chez Apple ou si le système d’exploitation s’inspire trop d’iOS, il est intéressant de voir le glissement de Steve Jobs au fil des années. Il y a quinze ans, le patron d’Apple était nettement moins hostile au « vol », dans la mesure où elle permet de reprendre les meilleures idées possibles pour améliorer ses propres produits. Une pratique qui se retrouve aujourd’hui chez Facebook.

Citant Picasso, Steve Jobs avait lancé lors d’une interview : « les bons artistes copient, les grands artistes volent« . Et d’ajouter : « nous avons toujours été sans scrupule lorsqu’il s’agit de voler de grandes idées« .

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