Confronté à une polémique sur ses cookies, Facebook assure que des modifications vont permettre d'anonymiser davantage les informations communiqués par ces témoins de connexion. Soucieux de calmer la polémique, le site communautaire a rappelé que cookies servent aussi l'utilisateur en lui évitant certaines étapes d'identification superflues.

Toujours à la recherche de plus de données personnelles à collecter, Facebook goûte évidemment peu aux polémiques qui se succèdent quant à sa manière de gérer la confidentialité des informations que lui confient ses membres. Et pour cause : c’est controverses successives sont le meilleur moyen pour faire fuir les nouveaux inscrits et inquiéter les utilisateurs réguliers.

Aussi, lorsqu’un blogueur a révélé cette semaine que le réseau social américain conserve indéfiniment ses cookies sur l’ordinateur des membres, lui permettant de tracer leur navigation même dans le cas où ils sont déconnectés, Facebook n’a pas eu d’autre choix que de monter au créneau afin d’éviter que cette nouvelle affaire sur la vie privée des utilisateurs ne prenne des proportions trop importantes.

Les cookies sont utiles, rappelle Facebook

Dans un communiqué, cité par le Wall Street Journal, Facebook explique « qu’aucune information que nous recevons lorsque vous voyez un plug-in social n’est utilisée pour de la publicité ciblée« . Arturo Bejar, un des responsables au sein du site communautaire, souhaite trouver une solution qui permettra d’éviter d’envoyer l’ensemble des données de l’utilisateur, mais que cela « prendra du temps« .

Arturo Bejar rappelle à cette occasion que la conservation des cookies, même suite à une déconnexion, permet à Facebook de prévenir les tentatives de hameçonnage (phishing) et les campagnes de spam contre le réseau social. Cela évite aussi à l’utilisateur de passer par une étape d’authentification supplémentaire à chaque reconnexion, en utilisant les cookies présents sur le PC.

Facebook va modifier des cookies

Interrogé par le site Smarthouse, Nik Cubrilovic, le blogueur à l’origine de ce pavé dans la mare, explique être entré contact avec des ingénieurs de Facebook qui ont promis de modifier trois cookies utilisés par le réseau social. Ces derniers ont assuré que les cookies, s’ils seront toujours présents, ne permettraient plus d’identifier un utilisateur et, par conséquent, de le relier à une navigation spécifique.

Selon les informations communiquées par Nik Cubrilovic, les modifications devraient survenir dans les prochaines heures. En attendant, les plus précautionneux peuvent toujours supprimer manuellement les cookies du réseau social.

Une députée européenne pour la modernisation de la législation

Dans un communiqué, la parlementaire Françoise Castex explique que le parlement européen doit s’assurer « qu’aucune surveillance permanente des internautes – que cela relève des pouvoirs publics ou d’un organisme privé comme Facebook – ne soit autorisée dans une société démocratique. Ce principe doit être gravé dans le marbre de notre société, à une époque où la technologie permet de s’en abstraire aisément« .

« Facebook, en règle générale, a beau jeu de se retrancher derrière l’argument commode mais simpliste que les utilisateurs ont le droit de refuser la publication de telles informations. La vraie question est : peut-on nous autoriser à renoncer à nos droits volontairement aussi facilement ? La réponse est difficile » note la députée, qui plaide pour la révision de la directive européenne sur la protection des données personnelles.

Réviser la directive européenne de 1995

Françoise Castex estime que l’affaire de Facebook est un nouvel exemple de l’obsolescence de la directive européenne sur la protection des données personnelles. La Commission européenne doit s’engager vers « une modernisation des règles relatives à la protection des données, des sanctions européennes plus sévères en cas d’utilisation abusive des données« .

« Aujourd’hui la directive […] impose un consentement explicite et préalable de la personne concernée pour l’envoi de cookies et le suivi ultérieur de son comportement de navigation pour lui adresser des annonces personnalisées. Force est de constater que cela ne suffit plus ! » souligne la parlementaire, à l’heure où Internet est un élément indispensable de notre quotidien.

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